Lettre d'information du projet Aladin - Mai 2012


 

ACTUALITES DU PROJET ALADIN

Succès inédit de la conférence internationale organisée par le Projet Aladin et l'Université Bahcesehir à Istanbul

 

« Le rôle des universitaires juifs allemands et autrichiens, fuyant le nazisme, dans la modernisation des universités turques » était au centre des interventions et débats lors d'une conférence internationale organisée à Istanbul le 19 avril par le Projet Aladin et l'Université Bahcesehir sous l'égide de l'UNESCO. Pour la première fois, Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, et de nombreuses personnalités éminentes se sont jointes aux historiens et témoins turcs, américains, français, allemands et israéliens pour mettre en lumière une histoire peu connue.

Lors de la séance d'ouverture de la conférence, devant un public d'intellectuels, d'universitaires et d'étudiants ainsi que des représentants du corps diplomatique, le Professeur Senay Yalcin, Recteur de l'Université Bahcesehir et Abe Radkin, Directeur exécutif du Projet Aladin, ont remercié les éminentes personnalités ayant accepté leur invitation à participer à ce colloque inédit. Parmi ces dignitaires, figuraient Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO ; Samuel Pisar, survivant d'Auschwitz et ambassadeur honoraire de l'UNESCO pour l'enseignement de la Shoah ; Enver Yucel, Président du Conseil d'administration de l'Université Bahcesehir ; Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin ;  André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc et Président de la Fondation Anna Lindh ; le professeur Ilber Ortayli, Président du Musée de Topkapi ; l'Ambassadeur Ertan Tezgor, représentant le Ministère turc des Affaires étrangères ; Zülfü Livaneli, Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO ; le Grand-Rabbin René Samuel Sirat, fondateur de la Chaire UNESCO pour la connaissance réciproque des religions du Livre  et Francis J. Ricciardone, Ambassadeur des Etats-Unis en Turquie.

Abe Radkin a rappelé que le projet d'organiser une telle conférence avait été envisagé pour la première fois dans l'avion qui ramenait près de 200 personnalités du monde entier d'une visite historique aux camps nazis d'Auschwitz-Birkenau le 1er février 2011.

Pour sa part, Sami Herman, Président de la Communauté juive, a souligné l'impact d'une telle conférence, qui fera connaître au public turc, l'apport des réfugiés juifs fuyant le nazisme, à l'enseignement supérieur dans ce pays. Il a ensuite rendu hommage aux diverses initiatives prises par le Projet Aladin en Turquie afin de faire connaitre l'histoire de la Shoah et encourager les rapprochements interculturels.

Enver Yücel, Président du Conseil d'administration de l'Université Bahcesehir, a souligné la volonté constante de cette institution, à contribuer à la paix dans le monde. «L'idée d'organiser cette conférence a émergé dans ce but. En tant qu'université, nous voulons contribuer aujourd'hui à l'apprentissage et à l'enseignement du passé et préparer l'avenir par l'éducation d'aujourd'hui. Cette conférence a eu lieu afin de montrer notre respect pour tous ceux qui ont contribué à l'humanité, la paix et la science. »

La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, a félicité l'Université de Bahcesehir pour avoir « largement contribué à l'universalité et la liberté de la science en ouvrant ses portes à cette conférence. »

« L'UNESCO est fière de s'associer à l'Université Bahçeşehir d'Istanbul et au Projet Aladin pour l'organisation de cette conférence », a-t-elle ajouté. « Cet exemple nous montre qu'un travail authentique d'exploration et de compréhension de l'Histoire peut être un moyen de guérir les blessures du passé et de réconcilier les peuples et les sociétés avec leur mémoire.»

Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin, a souligné l'importance de l'éducation et du transfert des connaissances comme piliers de toutes les actions menées par son organisation. Tout en remerciant les dizaines d'éminents universitaires, intellectuels et journalistes turcs qui se sont associés aux diverses initiatives du Projet Aladin en Turquie, elle s'est réjouie de l'impact impressionnant de la diffusion de Shoah de Claude Lanzmann à la télévision nationale turque et a appelé à la création d'un département des études juives en Turquie.

André Azoulay, pour sa part, a félicité les dirigeants de l'Université Bahcesehir d'avoir organisé cette conférence en partenariat avec le Projet Aladin. Pour lui, l'accueil chaleureux réservé à ces universitaires juifs en Turquie, quand l'Europe dominée par les nazis chassait les Juifs partout, reflétait ce qui se passait aussi dans d'autres parties du monde musulman, et notamment au Maroc, où de nombreux Juifs européens fuyant le nazisme avaient trouvé refuge.

Le chanteur, compositeur, romancier, éditorialiste et réalisateur turc, Zülfü Livaneli, a félicité le président Enver Yücel d'avoir organisé ce colloque « car il a permis une importante mise en valeur de cette page de l'histoire longtemps oubliée et sa diffusion à un public important à la fois national et international. » Son roman, Serenad (La Sérénade), basé pour partie sur la vie de plusieurs de ces universitaires juifs, a été vendu à plus de 200,000 exemplaires et est devenu un best-seller en Turquie.

« Ces scientifiques ont énormément aidé la Turquie. Plus tard, certains ont été récupérés par les universités américaines, mais certains ont préféré rester et être enterrés dans ce pays, qu'ils considéraient comme leur seconde patrie », a-t-il affirmé.

L'ambassadeur américain Francis Ricciardone a exprimé le soutien ferme de son gouvernement aux objectifs de la conférence, tout en saluant la coopération fructueuse entre le Projet Aladin et l'Université Bahcesehir.

Samuel Pisar, survivant de la Shoah et envoyé spécial de l'UNESCO pour l'enseignement de l'Holocauste, a conclu la première séance de la conférence avec un discours émouvant rappelant à la fois « les liens historiques entre les Juifs et les Turcs » et le sort des Juifs européens sous le nazisme. Il a rendu hommage aux victimes et résistants juifs face à la barbarie nazie, en notant que la conférence avait lieu le jour de l'anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie le 19 avril 1943, marqué dans le calendrier hébraïque comme Yom HaShoah. Il a fait part de sa conviction que « l'amitié historique entre les Juifs et les Turcs est trop importante pour être oubliée ou affaiblie et aujourd'hui, plus que jamais, ces liens d'amitiés doivent être renforcés. »

En organisant cette conférence sous le parrainage de l'UNESCO, le Projet Aladin et l'Université de Bahcesehir ont réussi à présenter cette face oubliée de l'histoire contemporaine turque et des relations entre Juifs et Musulmans aux moments les plus sombres de l'histoire de l'humanité.

 

La Turquie et le Projet Aladin décident d’accroître leur coopération

 

Lors d'une réunion de travail à Istanbul le 20 avril entre les représentants du Projet Aladin et ceux de la délégation turque auprès de l'ITF, Anne-Marie Revcolevschi et l'ambassadeur Ertan Tezgor ont décidé d'élargir le champ de coopération entre les deux parties.

A l'occasion de la conférence internationale organisée conjointement par le Projet Aladin et l'Université Bahcesehir à Istanbul le 19 avril dernier, Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin, et Abe Radkin, Directeur exécutif, ont eu une réunion de travail avec l'Ambassadeur Ertan Tezgör, chef de la délégation de Turquie auprès du « Groupe de coopération internationale pour la recherche sur l’Holocauste, l’enseignement de ses réalités et la perpétuation de se mémoire » (ITF), et M. Yonet Tezel, Directeur général adjoint au ministère turc des Affaires étrangères.

Mme Revcolevschi a salué l’approche positive de l'Ambassadeur Tezgör et ses efforts pour familiariser le grand public ainsi que les universitaires et les chercheurs en Turquie avec l'histoire de la Shoah. Elle a souligné l'appui du Projet Aladin pour la pleine adhésion de la Turquie à l'ITF et a recommandé la participation active de la Turquie à un séminaire international à Yad Vashem cet été.

«Le Projet Aladin considère la Turquie comme un partenaire indispensable dans tout effort visant à promouvoir le rapprochement interculturel entre l'Occident et le monde musulman en général, et les Juifs et les Musulmans en particulier, et nous apprécions nos relations de travail avec tous nos partenaires en Turquie, dont votre délégation, ainsi que les universités, les ONG et les fondations turques », a-t-elle dit, soulignant l'engagement du Projet Aladin à travailler avec ses partenaires turcs sur un large éventail de questions d'intérêt mutuel, y compris l’enseignement de la Shoah.

Pour sa part, l'ambassadeur Tezgör a réaffirmé les positions de la Turquie concernant la question de l'Holocauste et les relations interculturelles entre les Musulmans et les Juifs, notant que le Président Abdullah Gül avait envoyé un émissaire personnel à la conférence de lancement du Projet Aladin à l'UNESCO à Paris en mars 2009 et que la délégation internationale qui avait visité Auschwitz le 1er Février 2011, à l'invitation du Projet Aladin, comprenait 15 personnalités turques, parmi lesquelles l'ancien ministre des Affaires étrangères Yasar Yakis, envoyé spécial du Président Gül, et Egemen Bagis, ministre d'État pour l'Europe, qui  représentait le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Après la visite, des dizaines d'articles pour la plupart écrits par les éditorialistes et journalistes qui accompagnaient la délégation à Auschwitz avaient paru dans la presse turque. L’Ambassadeur Tezgör a exprimé sa satisfaction que le Président de la Communauté juive de Turquie, Sami Herman, soit totalement favorable aux activités croissantes du Projet Aladin en Turquie.

S'exprimant au nom du Conseil d'administration du Projet Aladin, Mme Revcolevschi a remercié les autorités turques pour la télédiffusion «historique» de Shoah de Claude Lanzmann sur la chaîne de télévision nationale turque, TRT. La chaîne a diffusé le documentaire de plus de neuf heures en prime time le vendredi soir sur une période de dix semaines, en commençant à la veille de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste le 26 Janvier 2012. Le film, également diffusé par satellite partout dans le monde, a été regardé par des millions de téléspectateurs turcophones et a été salué comme une étape importante et une source d'inspiration pour d'autres pays du monde musulman.

Les deux parties ont également discuté des initiatives en cours du Projet Aladin avec ses partenaires turcs, et en particulier de l'organisation d'une grande conférence interreligieuse à Istanbul et des universités d'été en coopération avec l’ONG Anadolu Kültür, qui a pour objectif de surmonter les conflits et les tensions sociales par le partage des arts et de la culture. Le Projet Aladin prévoit également d'organiser, en coopération avec le Centre de recherche politique de l'Université Sabanci d'Istanbul une conférence internationale sur les formes contemporaines de racisme en Europe avec un accent particulier sur l'antisémitisme et l'islamophobie.

 

Regards croisés : Istanbul et son histoire juive

Lors de la conférence internationale à Istanbul, deux tables rondes, présidées par le Professeur Heath Lowry, éminent historien de Princeton University et Mesut Ilgem, président de la fondation turque Koc-Yonder, ont rassemblé une dizaine d'historiens renommés et de témoins originaires des Etats-Unis, d'Israël, de Turquie, d'Allemagne et de France.

Le professeur Jacob landau, de l'Université Hébraïque de Jérusalem, le professeur Dehen Altiner, auteur du livre « Chère Université », Suzanne Schwarz, fille du Professeur Philip Schwarz ainsi que la sumerologue renommée Muazzez İlmiye Çığ sont intervenus lors de la première table ronde sur l'histoire des universitaires allemands qui se sont réfugiés en Turquie dans les années trente.

En avril 1933, quelques semaines après son arrivée au pouvoir, le gouvernement nazi promulgue la «Loi pour la restauration du fonctionnariat», aux termes de laquelle les Juifs et les fonctionnaires «politiquement peu fiables» sont expulsés de l'administration publique. Dans les années qui suivent, des professeurs allemands de confession juive s'installent en Turquie pour enseigner dans les universités. En effet, entre 1933 et 1935, on assiste à un flux massif d'universitaires allemands vers la Turquie, puis en 1938-1939 d'Autrichiens et près de 200 d'entre eux seront protégés, avec leurs familles et leurs assistants (soit plus de mille personnes) par les autorités turques, qui leur assigneront des traducteurs afin de leur permettre d'enseigner et de développer une culture de la recherche à un haut niveau. Les autorités refuseront systématiquement les demandes d'extradition des nazis. Après 1945, la plupart quitteront la Turquie, après avoir eu une influence importante, en particulier dans les domaines des sciences naturelles, du droit, de l'économie, de la médecine, des lettres et des arts. Ils ont créé la première université sur le modèle occidental et de nombreux instituts à Istanbul et Ankara.

La deuxième table-ronde s'est concentrée sur l'histoire « juive » d'Istanbul et a permis de rappeler les liens du judaïsme avec l'Empire ottoman après l'expulsion d'Espagne. Pour le Professeur Ilber Ortayli, Président du Palais de Topkapi, la clé de cette histoire résiderait, pour une Turquie ottomane antieuropéenne et antichrétienne, dans le vieux dicton : « les ennemis de mes ennemis sont mes amis.» Minna Rozen, de l'Université de Haïfa a détaillé la présence juive à Istanbul au rythme des cimetières de la ville, reprise ensuite par Naim Güleryüz, président du Musée juif d'Istanbul.

Pour le Grand Rabbin Sirat, cette histoire témoigne de la possibilité d'échanges interreligieux fructueux et porteurs de paix, loin des utopies. Malgré de grandes différences, toutes les communautés juives de l'Empire ont gardé une certaine unité sous l'autorité du Grand-Rabbin d'Istanbul, puis sous celle du Primat de Sion. Il a proposé la constitution d'un G20 interreligieux pour débattre des problèmes contemporains en y apportant l'éclairage de la fraternité et l'espérance. De nouvelles chaires UNESCO pour la connaissance réciproque des religions du Livre pourraient également être créées à Istanbul, Rabat et Jérusalem.

 

La Présidente du Projet Aladin au Parlement ukrainien

«C'est une expérience très émouvante pour moi de m'adresser à cette assemblée à Kiev, dans le pays où mes grands-parents et de nombreux autres membres de ma famille ont péri en août 1941, tous exécutés par les Einsatzgruppen nazis et leurs collaborateurs autochtones.» Le discours de la présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi au Parlement ukrainien a commencé par ces mots, lors de la séance de clôture d'une conférence internationale organisée par le Forum interconfessionnel de Kiev et son président, le député Oleksandr Feldman, les 25 et 26 avril derniers.

Le président du Parlement ukrainien, Volodymyr Lytvyn, s'adressant également lors de la séance de clôture de cette conférence internationale de deux jours, aux chefs religieux et personnalités culturelles du monde entier, a salué le rôle positif que joue la religion dans la société, mais mis en garde contre la manipulation de la religion à des fins politiques.

«Je ne veux pas voir une situation où certains groupes religieux se transformeraient en partis politiques, car les politiciens pourraient exploiter une mentalité pernicieuse du " avec nous ou contre nous », a dit Lytvyn à une audience de dirigeants musulmans, juifs, chrétiens et bouddhistes de haut-niveau réunis au parlement, ou Conseil suprême d'Ukraine, le 26 Avril.

Dans son discours devant la même assemblée, la présidente du Projet Aladin Anne-Marie Revcolevschi est revenue sur les causes des conflits religieux modernes qui font rage aujourd'hui au Nigeria, en Egypte, en Irak, dans les Balkans, au Bahreïn, et même en Europe occidentale.

«On peut énumérer un certain nombre de facteurs politiques, sociaux et économiques ou de tensions tribales et ethniques hors d'âge parmi les causes de ces conflits, mais s'il y a un dénominateur commun qui les traverse tous, c'est l'ignorance et la méfiance envers l'autre. Et à long terme, il n'y a pas d'autre remède que l'éducation et le transfert de connaissances», a-t-elle dit, avant d'illustrer son propos par l'exemple concret du programme du Projet Aladin pour familiariser les jeunes imams, prêtres et rabbins avec la religion de «l'Autre.»

La conférence, intitulée «Les vents du changement: le rôle des religions dans le monde d'aujourd'hui et ses défis pour les démocraties et les sociétés laïques», avait commencé la veille par une allocution de bienvenue d'Oleksandr Feldman, député, et de Tymofiy Kokhan, Secrétaire d'Etat à la Culture d'Ukraine. Plusieurs personnalités religieuses et culturelles sont intervenues lors de cette conférence parrainée par le Comité juif ukrainien et l'Institut des droits de l'homme et de la prévention de l'extrémisme et de la xénophobie, afin d'examiner des questions telles que le rôle de la religion dans l'élaboration des changements sociaux et politiques dans le monde instable d'aujourd'hui ou les relations entre les religions et les médias.

Pour Oleksandr Feldman, « Aujourd'hui, peut-être plus que jamais, les religions constituées sont confrontées à des défis majeurs dans leur positionnement face aux évènements internationaux».

Les intervenants à cette conférence étaient :

Teophilos III, le patriarche de Jérusalem, l'ancien Secrétaire Général du Conseil de l'Europe Walter Schwimmer, le Père Leonid Kishkovsky, Directeur des Affaires extérieures de l'Eglise orthodoxe en Amérique et modérateur de Religions pour la Paix, le Dr Shafi Shujauddin, Secrétaire général adjoint du Conseil musulman de Grande-Bretagne, le rabbin David Rosen, président international de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix; le chef de file des religieux pakistanais anglais Dr Abduljalil Sajid; Rashad Aliyarly, vice-président du Conseil musulman du Caucase; le Père Nabil Haddad, directeur exécutif de la coexistence interreligieuse de Jordanie; Sharon Rosen, co-directeur du Centre de recherche de Jérusalem « A la recherche d'un socle commun »; le rabbin Levi Matusof, Directeur des affaires publiques de la Communauté Juive de Bruxelles, l'ambassadeur Mussie Hailu, Président de l'Interfaith Peace-Building Initiative en Éthiopie et l'ancien président de la Knesset Avrahum Burg .

Une table ronde sur les médias et la religion a mis en vedette l'artiste de hip-hop Shyne, connu internationalement pour avoir réussi à poursuivre une carrière dans la musique tout en embrassant le mode de vie d'un Juif orthodoxe. Shyne a fait valoir que les religions ont besoin de briser les moules traditionnels pour atteindre les jeunes et ceux qui n'ont pas de religion.

Un certain nombre d'idées concrètes ont été abordées au cours des deux jours de la conférence, dont une proposition pour la création d'un comité international interreligieux sur les questions de santé et une autre pour la mise en place d' un groupe de travail conjoint entre les religions pour lutter contre la montée de l'antisémitisme et de l'islamophobie en Europe occidentale.

 

Les livres d'Aladin en arabe au Salon du livre de Casablanca

Les ouvrages de la Bibliothèque Aladin ont été présentés pour la première fois devant 700 éditeurs marocains et ont attiré l'attention des visiteurs au Salon du Livre à Casablanca.

L'événement culturel phare de la ville de Casablanca, le Salon international du Livre et de l'Edition a eu lieu du 9 au 19 février, regroupant environ 700 maisons d'éditions marocaines et étrangères et représentant 44 pays. Les traductions en arabe de Si c'est un homme de Primo Levi, Le Journal d'Anne Frank, Je suis le dernier Juif de Chil Rajchman, Shoah de Claude Lanzmann et L'impossible oubli d'Anne Grynberg étaient parmi les livres exposés au stand des Editions « La Croisée des chemins ». La présence de ces livres en arabe a attiré l'attention de beaucoup de visiteurs.

« La Croisée des Chemins » a en effet signé avec le Projet Aladin un accord d'impression et de diffusion de nos livres dans tout le monde arabe. Le Salon de Casablanca était la première exposition des livres de la bibliothèque Aladin dans un pays musulman.

Un nombre important d'étudiants, d'enseignants et de passionnés de livres ont montré une véritable curiosité à découvrir ces ouvrages. Pour l'enseignante marocaine, Badiaa Mellouk, un livre comme Le Journal d'Anne Frank a un message universel pour toute l'humanité. Mohamed Balghiat, qui étudie l'économie à l'Université de Mohammadiya, avait entendu parler de Primo Levi, mais c'était la première fois qu'il découvrait son chef d'œuvre et il était agréablement surpris de le trouver en arabe. Aristides Mikomba, étudiant camerounais, après avoir feuilleté les livres de la Bibliothèque Aladin, a affirmé avec tristesse que si les Africains avaient lu ce genre de livres, c'est-à-dire sur ce qui s'est passé en Europe sous les Nazis, le génocide rwandais aurait pu être évité.

 

Aladin développe son réseau dans la société civile israélo-palestinienne

Anne-Marie Revcolevschi et Abe Radkin ont discuté des moyens de renforcer la coopération entre Aladin et les acteurs des sociétés civiles palestinienne et israélienne, au cours d'une série de rencontres avec des intellectuels des deux bords, dont Colette Avital, ancienne présidente de la Knesset; Sari Nusseibeh, président de l'Université Al Qods et ses collègues, la vice-présidente Dr. Khuloud Dajani et le professeur Mohammed Dajani. Une réunion similaire a eu lieu à l'Université de Tel-Aviv avec le Dr Raanan Rein, vice-président de TAU, et le professeur Dina Porat.

L'ambassadeur français Christophe Bigot a offert un déjeuner à sa résidence de Jaffa le 20 mars en l'honneur du Projet Aladin. La liste des invités comprenait l'ancien ministre et membre de la Knesset Ephraim Sneh, l'ambassadeur Daniel Shek; l'avocat de Nazareth et militant pour la paix Khaled Kasab; le survivant de l'Holocauste et journaliste Noah Klieger; le journaliste Menashe Amir; la représentante de Yad Vashem Miri Gross et la journaliste Shiri Tsur. Au-delà de la présentation du Projet Aladin et de ses objectifs, les discussions ont porté sur la question de l'enseignement de l'Holocauste, de la sensibilisation des populations arabes et musulmanes, ainsi que de l'état des relations israélo-palestiniennes et de leur impact sur la société civile.

Lors d'une réunion séparée avec les hauts fonctionnaires du ministère de l'Éducation, des représentants du Projet Aladin ont réussi à obtenir l'accord du ministère pour acheter les livres traduits en arabe par le Projet Aladin, en vue d'une utilisation dans les écoles arabes en Israël.

 

Le co-président du Comité interconfessionnel d'Aladin à la rencontre des dirigeants religieux à Istanbul

Le Grand Rabbin René-Samuel Sirat, co-président du Comité interconfessionnel du Projet Aladin, a participé à une série d'entretiens avec de hauts responsables religieux, dont le Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Bartholomée Ier; le Grand Mufti d'Istanbul Dr Rahmi Yaran, le Grand Mufti et Professeur émérite Mustafa Cagarci et le Grand Rabbin de Turquie Isak Haleva, lors de sa visite à Istanbul les 24 et 25 Avril. L'ancien Grand Rabbin de France a informé ses illustres interlocuteurs de la nouvelle initiative du Projet Aladin, qui vise à familiariser les jeunes théologiens de confession chrétienne, musulmane et juive avec la religion de «l'autre».

Dr Rahmi Yaran, le Grand Mufti d'Istanbul; son prédécesseur, le professeur Mustafa Cagrici et plusieurs hauts fonctionnaires de la Diyanet (Présidence des affaires religieuses) ont reçu les Grands Rabbins René-Samuel Sirat et Isak Haleva ainsi que le Directeur exécutif d'Aladin, Abe Radkin à leur siège social le 25 Avril. Dans une atmosphère chaleureuse, les chefs religieux ont discuté de la nécessité d'une plus grande coopération interreligieuse. Les Grands Muftis ont réagi positivement à l'initiative du Projet Aladin concernant la formation des étudiants en théologie et l'organisation d'une grande conférence interreligieuse internationale à Istanbul. Le Grand Rabbin Sirat a salué le travail sur 40 années des Grands Muftis et de leurs collègues qui ont compilé une encyclopédie islamique en 40 volumes et a espéré que, une fois traduite en anglais, français et autres langues, cette œuvre gigantesque jouerait un rôle important dans la familiarisation des musulmans et non -musulmans avec les conceptions modernes et modérées des théologiens turcs. La veille, le Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Bartholomée I avait reçu le Grand Rabbin René-Samuel Sirat et Abe Radkin à sa résidence de Fener. Le Grand Rabbin a informé le patriarche de l'objet de sa visite à Istanbul, à savoir sa participation à une conférence internationale organisée conjointement par le Projet Aladin et l'Université Bahcesehir. Il a également parlé de la nouvelle initiative du Projet Aladin, qui vise à familiariser les étudiants religieux de confession chrétienne, musulmane et juive avec la religion de «l'autre». Le patriarche a béni les activités du Projet Aladin et a noté que le Patriarcat œcuménique avait été à l'avant-garde du dialogue interreligieux et des efforts pour promouvoir de meilleures relations entre les religions et les cultures. Il a demandé à être régulièrement informé de l'initiative interconfessionnelle et a exprimé sa satisfaction que le projet, étant basé à Paris, pourrait bénéficier de la coopération de Son Éminence le Métropolite Emmanuel. Le Patriarche a également salué l'idée du Grand Rabbin Sirat de créer des chaires de dialogue interreligieux dans les grandes universités du Moyen-Orient et Afrique du Nord.

 

Serge Klarsfeld publie une nouvelle édition du "Mémorial de la déportation des Juifs de France"

L'infatigable militant, avocat et historien, Serge Klarsfeld, vice-président du Projet Aladin, vient de publier un nouveau Mémorial de la déportation des Juifs de France. Ce travail "colossal" de quinze années rassemble les familles, souvent déportées séparément, et dresse le bilan "le plus précis possible" de cette immense tragédie humaine. 75 500 Juifs ont été déportés sur les 320 000 qui vivaient en France au début de l'Occupation. 2 500 environ ont survécu.

Le Monde (extrait) / 28 avril 2012


Cet ouvrage complète le premier Mémorial publié en 1978 par l'avocat et historien, sous l'égide de l'association des Filles et fils des déportés juifs de France (FFDJF), qui a "joué son rôle pionnier pour informer les familles du sort de leurs proches" et "leur permettre d'accomplir leur travail de deuil", souligne Me Klarsfeld. Mais l'ouvrage contenait "de nombreuses erreurs et lacunes, ce qui est compréhensible puisqu'il s'agissait de publier, convoi par convoi, les listes alphabétiques des déportés", souvent d'origine étrangère, aux patronymes difficiles à orthographier. Souvent aussi, les dates de naissance manquaient. "Beaucoup de familles avaient été déportées séparément, comme ces 3 000 mères des camps de la zone libre, déportées en août 1942 et dont les enfants sont arrivés à Auschwitz trois semaines plus tard. Elles se sont laissées mourir de désespoir, seules cinq d'entre elles sont survécu, mais il n'y a pas un seul témoignage de ce terrible fait", regrette Me Klarsfeld.

Pour dresser "le plus précisément possible le bilan humain de cette immense tragédie humaine" que fut "la solution finale", "pour lutter contre l'oubli", il était "nécessaire d'aller plus loin" que le mémorial de 1978, explique-t-il.

Grâce à l'ouverture de différents fichiers (camp de Drancy, préfecture de police de Paris, camps de la zone libre de Pithiviers ou de Beaune-la-Rolande, archives départementales), sa documentation s'enrichit au fil des années et lui permet de publier, à partir de 1994, Le mémorial des enfants juifs déportés de France, comprenant 11 400 noms, prénoms, dates et lieux de naissance, ainsi que l'adresse, et la photo, quand c'est possible, de l'enfant. Ce mémorial a eu un "impact formidable", souligne Me Klarfeld, d'autant que l'ex-président "Jacques Chirac reconnaît, en 1995, le rôle de l'Etat Français dans la déportation des Juifs de France" : des milliers de plaques commémoratives sont apposées dans les écoles de France. "Les enfants ont revécu, ils n'ont pas été jetés à la poubelle de l'Histoire mais sont redevenus sujets de l'Histoire", assure Me Klarsfeld, lui-même sauvé de la déportation quand il était enfant, grâce au sacrifice de son père Arno Klarfeld, qui s'est laissé arrêter après avoir caché sa famille dans un placard de son appartement. "Il fallait faire la même chose pour les adultes, en rassemblant les familles, grâce notamment à l'adresse du lieu de leur arrestation", dit-il.

Pendant quinze ans, Me Klarsfeld a arpenté inlassablement les archives départementales, regroupé, recoupé les informations, photocopié des milliers de documents provenant notamment des camps du sud, Gurs, Rivesaltes, Les Mille. La tâche est colossale, il y a beaucoup d'homonymes, "plus de 1 200 Lévy par exemple. Comment s'y retrouver?", s'est demandé l'avocat. "La permanente compilation de cette immense masse documentaire" va lui permettre de combler les lacunes d'état civil ou d'adresses. "C'est un tonneau des Danaïdes presque entièrement rempli", "un outil d'une très grande richesse pour les historiens", affirme Me Klarsfeld, en confiant que ce travail a réclamé de lui "un profond engagement pour la justice, pour la mémoire et pour l'Histoire".

Deux cent exemplaires distribués dans les bibliothèques, archives départementales Le nouveau Mémorial de la déportation des Juifs de France est un ouvrage de 7 kg, tiré à mille exemplaires, dont 200 seront distribués gratuitement dans les bibliothèques, archives départementales et différentes institutions. Il se présente sous la forme d'un grand livre de 48 cm sur 30 cm, d'un poids de 7 kg. Son impression a été prise en charge par La Caisse des Dépôts sur décision de son ex-dirigeant Augustin de Romanet.
En plus de l'index alphabétique des Juifs déportés par les convois 1 à 82 (du 27 mars 1942 au 18 août 1944), il contient un index des Juifs du Nord et du Pas-de-Calais déportés via le camp de Malines (Belgique), un autre sur les près de 3.000 Juifs assassinés dans les camps français de la zone libre, ou sur le millier de Juifs exécutés comme résistants ou otages.

Un index des noms de jeune fille et leur correspondance avec les noms de femme mariée figure également dans l'ouvrage, ainsi qu'un tableau du nombre d'enfants déportés dans chaque convoi.

Serge Klarsfeld y retrace également "les étapes successives de la solution finale en France", du "statut des Juifs" imposé de son propre chef par Vichy dès octobre 1940, à l'été 1944, avec l'intensification des rafles de Juifs français en province.

 

« Le temps est venu pour une fatwa proclamant: On ne tue pas les enfants juifs au nom de l'Islam »

Depuis Jérusalem où elle a participé à l'enterrement des victimes de la tuerie de Toulouse, Anne-Marie Revcolevschi a lancé un appel en direction des dirigeants religieux du monde musulman.

« Depuis trois ans, au sein du Projet Aladin, chrétiens, juifs, musulmans, athées, de droite, de gauche, d'Europe, d'Afrique, du Proche ou du Moyen Orient, personnalités ou simples citoyens, nous menons ensemble une bataille de la connaissance, de la réflexion, du respect de l'autre. Depuis trois ans, nous travaillons tous ensemble à combattre l'ignorance et la haine, le négationnisme et le mensonge, le racisme et l'antisémitisme. La haine du juif, la haine du musulman, la haine de l'étranger, nous sont insupportables : nous le disons en français, en arabe, en anglais, en turc et en persan. Et nous continuerons.

Mais aujourd'hui, c'est aux Grands dignitaires de l'Islam que nous nous adressons. Nous attendons que soit prononcée la plus importante des Fatwas : on ne tue pas les enfants juifs au nom de l'Islam.

Les vrais croyants n'ont pas oublié que le respect de Dieu s'illustre par le respect de l'homme, par la recherche de la justice et du bien. Comment avons-nous laissé les livres saints pleins de sagesse être détournés de leur vocation ? Notre jeunesse a besoin de croire dans des valeurs de respect, de paix, de vie, que nous avons conquises après des siècles de guerres, de discriminations, d'humiliations réciproques. Pour ces valeurs, des millions de femmes et d'hommes courageux, généreux, ont combattu et donné leur vie quand des millions d'enfants, de femmes, d'hommes étaient assassinés.
Il est grand temps de se retrousser les manches et de décrasser les esprits obscurcis par de faux prophètes aux sourires séniles ou aux barbes empestant la haine et la tyrannie. Le temps des Croisés, c'est fini ! Le temps des « Mort aux juifs » c'est fini! Le temps des « Arabes humiliés», c'est fini ! Le temps de la conquête du « Dar al-Harb », c'est fini. Nous le disons à tous, car tous sont concernés.

Certains font preuve de compréhension, voire de complaisance envers les motivations de Mohamed Merah et de ses maitres à penser. Faut-il donc boucher de cire leurs oreilles pour qu'ils ne se laissent pas entrainer dans des naufrages qui les engloutiront et nous engloutiront avec ? Non, il faut simplement que nous criions plus fort qu'eux, plus fort que ces sirènes de malheur et que la parole soit claire : avec ou sans travail, avec ou sans voile, avec ou sans barbe, avec ou sans Dieu, ces sept assassinats sont insupportables, inadmissibles : on ne tue pas des enfants juifs et de jeunes hommes innocents.

Nous espérons qu'au nom du Coran et de la tradition musulmane, les autorités musulmanes de France se prononceront pour l'établissement d'une fatwa qui proclamera solennellement : « on ne tue pas les enfants juifs au nom de l'Islam.

Dans l'attente de cette parole, souhaitons que Tawakkul Karman, qui conduisit la Révolution au Yémen en défendant les droits des femmes et qui sera présente, redise ce qu'elle a dit en recevant le Prix Nobel de la paix en 2011 à Oslo : « (…) des millions de gens sont morts dans des guerres qui auraient pu être évitées avec un peu de sagesse et de courage. Les pays arabes ont eu leur part dans ces années tragiques, bien que leurs pays soient sur la terre des prophètes et des messages divins pour appeler à la paix. De cette terre est venue la Torah portant le message « tu ne tueras point », la promesse biblique « que soient bénis les faiseurs de paix», le message final du Coran enjoignant ''oh toi qui crois, entre en paix avec toi et tous les autres « et qui avertit » que celui qui tue un homme qui ne s'est pas rendu coupable de crime ou de corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué l'humanité tout entière.»

 

En partenariat avec le Projet Aladin, le Festival du Film turc à Paris organise deux projections de Turkish Passport

Le docu-fiction de Burak Arliel réalisé en partenariat avec le Projet Aladin a séduit le public du festival.

Pour sa neuvième édition le festival du film turc de Paris a montré la plus grande exigence dans sa programmation afin de présenter des œuvres qui ouvrent à la réflexion. Grâce à un partenariat avec le Projet Aladin, deux projections de Turkish Passport ont pu être organisées l'une en soirée et l'autre un samedi après-midi, permettant à un public habituellement peu sensibilisé aux actions du Projet Aladin de découvrir l'action de ces diplomates turcs qui ont sauvé des Juifs pendant la guerre. Ce type d'action s'inscrit dans la diffusion de la connaissance au plus grand nombre en utilisant des canaux moins classiques et plus axés sur le grand public que nos partenaires habituels. En effet, grâce à une bonne présence sur leur site internet et sur leur support de communication, le Festival du Film turc à Paris s'est montré soucieux de toucher le plus grand nombre.

 

ALADIN DANS LES MEDIAS

Revue de presse de la presse turque : cette conférence a « mis en lumière l'humanité »


Après un très grand nombre d'articles lors de la diffusion de Shoah sous-titré en turc pour la première fois sur une chaîne de télévision publique, la presse turque a donné un large écho à la conférence organisée par le Projet Aladin et l'Université de Bahcesehir.

Des dizaines de journaux turcs, les stations de radio et de télévision et  ainsi que les sites d'information ont signalé de nombreux articles sur la conférence internationale qui a eu lieu à l'Université Bahcesehir le 19 Avril. CNN Turk, les quotidiens à grand tirage Milliyet, Vatan et Aksam et les revues Gozlem et Salom étaient parmi eux.

Le quotidien Vatan a consacré une pleine page à la conférence. Dans une colonne dans le quotidien, Zülfü Livaneli a écrit: «Un rassemblement très intéressant a eu lieu hier à l'Université Bahcesehir. La réunion a rassemblé de nombreux universitaires, chefs religieux, et d'éminentes personnalités, parmi lesquelles la directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova, et l'ambassadeur américain en Turquie Francis Ricciardone. La conférence, au cours de laquelle j'intervenais en tant qu'ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO, était intitulée: «Contribution des savants juifs à la réforme de l'université en Turquie.»

«Comme vous le savez sans doute déjà, le Premier ministre Ismet Inonu avait d'abord refusé la demande d'Albert Einstein de permettre à 40 éminents scientifiques juifs d'exercer leur travail en Turquie, où ils seraient à l'abri des persécutions nazies. Mais quand le Président Kemal Ataturk a découvert ce projet, il est intervenu et a permis à 190 scientifiques de venir et de construire les bases des universités modernes de Turquie.»

Melih Asik écrit à propos de la conférence, dans sa chronique dans le quotidien populaire Milliyet: «Hier, à l'Université Bahcesehir se tenait une conférence d'une grande importance pour l'histoire de l'éducation et du milieu universitaire dans notre pays. Le sujet en était : ' La contribution des scientifiques allemands et autrichiens de confession juive fuyant les persécutions nazies, à la modernisation des universités turques.' L'aventure turque de ces universitaires allemands et autrichiens est un point de repère à la fois pour l'histoire de nos universités et pour les chercheurs. Qu'ils soient juifs, chrétiens ou athées n'est pas la question: le fait est qu'ils ont apporté la science moderne et la technologie dans notre pays et ont donc une place importante dans l'histoire de nos universités. Les nazis propagèrent une grande variété de rumeurs contre les scientifiques fugitifs et ont même suggéré d'envoyer des scientifiques allemands au sang pur pour les remplacer. À son crédit, la Turquie a résisté aux pressions autoritaires de Hitler pour récupérer ces savants et les a protégés. Personne dans notre pays ne devrait tourner le dos à cette histoire.»

CNN TÜRK, CNN en langue turque, a diffusé des entretiens avec les organisateurs de la conférence, dont Yael Habif, directrice des relations internationales à l'Université Bahcesehir, et de plusieurs participants internationaux, parmi lesquels la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Le chroniqueur Yasar Eyice écrit au sujet de la conférence dans Gozlem, Turkish Economy and Political Weekly, en insistant en particulier sur la lettre d'Albert Einstein aux dirigeants turcs en 1933. "Einstein a noté dans sa lettre que les réfugiés apportent avec eux l'expérience et les connaissances scientifiques, et que s'ils vivent dans ce nouveau pays, ils pourraient prouver qu'ils sont extrêmement utiles », et, bien sûr, son nom était suffisant pour s'en porter caution. »

Turgay Polat consacre sa chronique dans le quotidien du soir Aksam à la conférence et, après avoir expliqué l'histoire des savants juifs en Turquie pendant la période nazie, il ajoute: «Une conférence très importante sur ce sujet se déroule aujourd'hui à l'Université de Bahcesehir. Les chercheurs qui ont été les étudiants de ces professeurs ainsi que leurs descendants viendront témoigner. La Directrice Générale de l'UNESCO, Irina Bokova, les dirigeants du Projet Aladin et bien d'autres personnalités interviendront également lors de cette conférence qui allume une étincelle d'humanité au nom de ce pays. Vous devriez être là au nom de la fidélité et la mémoire de ces grands savants. Je tiens à remercier les organisateurs de la conférence, dont l'Université Bahcesehir, au nom de la Turquie. »

Dans un article largement repris intitulé «La Turquie met en lumière l'humanité», le journaliste Ilker Akgüngör écrit: «La conférence a permis l'écoute de nombreux discours intéressants à partir d'une longue liste d'éminents conférenciers. L'ambassadeur américain à Ankara Francis Ricciardone a salué l'initiative du Projet Aladin et de l'Université Bahcesehir et reconnu en Istanbul un centre historique de la diversité. «Les deux pays, les États-Unis d'Amérique et la Turquie doivent beaucoup à la contribution juive à l'enrichissement intellectuel de nos nations. C'est là que réside l'importance de cette conférence: nous tirons notre force de notre diversité. Aujourd'hui, nous assistons à des discussions ouvertes en Turquie qui n'ont pas été vues depuis les jours de la république de Turquie et cela me rend optimiste. Nous pouvons dire, par conséquent, que la Turquie attire la lumière sur l'humanité, dit-il.

 

 Comment dit-on «Holocauste» en arabe?

Suite à sa rencontre avec Anne-Marie Revcolevschi, l'écrivain et journaliste Tom Segev a publié une tribune sur Aladin dans le quotidien israélien Haaretz le 30 mars.

Les dernières recherches sur les attitudes arabes face à l'Allemagne nazie montrent qu'il y avait des cercles arabes et musulmans qui se sont opposés à Hitler, mais le soutien aux nazis était largement répandu et, au fil du temps, les Arabes ont vu la Shoah comme un mythe sioniste.

Aladin était le fils d'un tailleur pauvre qui a obtenu la richesse grâce à une lampe magique, selon l'une des histoires des Mille et une nuits. La réalité, cependant, est plus complexe et difficile. Mais peut-être y a-t-il encore quelque chose de symbolique dans le nom du " Projet Aladin », une organisation non-gouvernementale basée en France et visant à rendre le monde arabe et musulman plus familier avec l'histoire de l'Holocauste. Une mission difficile, en effet.

Les dernières recherches sur les attitudes arabes face à l'Allemagne nazie montrent qu'il y avait des cercles arabes et musulmans qui ont été opposés à Hitler pour des raisons politiques et idéologiques, y compris le souci que la persécution des Juifs en Europe les pousse à émigrer en Palestine. Mais le soutien arabe aux nazis était plus répandu, et il y avait des Arabes favorables à l'anéantissement des Juifs. En outre, au fil du temps, plus l'Holocauste a été utilisé comme une justification pour la création de l'Etat d'Israël - plus la tendance chez les Arabes à considérer le génocide comme un mythe sioniste et à le réfuter entièrement, a grandi. Cette tendance a atteint un pic avec la conférence internationale des négationnistes de l'Holocauste, qui s'est tenue en 2006 à Téhéran.

Tout cela inquiète Anne-Marie Revcolevschi: La négation de l'Holocauste en général, et dans les Etats arabes et musulmans en particulier, lui semble être une menace majeure pour la démocratie et les droits de l'homme, ainsi que pour les relations entre les Juifs et les musulmans. Dr Revcolevschi, professeur de littérature de 69 ans, est une française bien introduite dans son pays, et partage des valeurs de gauche. Elle a travaillé comme chargée de mission au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, et a été directeur de la Fondation française pour la Mémoire de la Shoah.

En mars 2009 Mme Revcolevschi a lancé le Projet Aladin avec d'autres personnalités françaises, parmi lesquelles la femme politique Simone Weil, l'avocat et chasseur de nazis Serge Klarsfeld, et Claude Lanzmann, l'auteur du documentaire «Shoah». L'écrivain Elie Wiesel, qui vit aux Etats-Unis, s'est également impliqué dans l'organisation.

L'hypothèse de travail du groupe est assez simple: plus les Arabes et les musulmans en sauront sur l'Holocauste, moins ils seront enclins à le nier, et plus les chances qu'ils se rapprochent des Juifs seront grandes. Le modus operandi était assez simple, dès le départ: Le Projet Aladin traduit «Le Journal» d'Anne Frank en arabe. Puis ils ont traduit «Si c'est un homme» de Primo Levi et une série d'autres ouvrages bien connus sur l'Holocauste, y compris le travail de pionnier de Raul Hilberg «La destruction des Juifs d'Europe.» Tous les livres peuvent être téléchargés à partir d'Internet. "Le Journal» d'Anne Frank  en arabe a enregistré quelque 30000 téléchargements à ce jour.

Ils ont organisé des conférences et des rencontres, des visites à Auschwitz, et aussi sous-titré «Shoah» de Claude Lanzmann en plusieurs langues. Le film de neuf heures a été diffusé dans son intégralité à la télévision turque et également sur une chaîne de télévision américaine qui diffuse en Iran.
Le Projet Aladin fonctionne sous les auspices de l'UNESCO, il a reçu le soutien public de plusieurs hommes d'État, y compris celui de l'ancien président français Jacques Chirac, et de plusieurs dirigeants arabes et musulmans - parmi lesquels le président du Sénégal, le roi du Maroc, le prince Hassan de Jordanie, le grand mufti d'Egypte et d'autres. L'organisation a réalisé des projets jusqu'en Irak. Une part importante du budget provient de fondations juives, telles que Safra et Rothschild, mais aussi de dizaines de personnes actives à l'Ouest. En revanche, il n'y a presque pas d'Israéliens.

Ce n'est pas un hasard, selon Anne-Marie Revcolevschi: Ils essaient de rester aussi loin que possible du conflit israélo-palestinien, dit-elle. En aucun cas, elle et ses collègues ne veulent se laisser entraîner dans la controverse sur la reconnaissance par les israéliens de la Nakba.

Parmi les personnalités qui sont engagées pour l'ONG, on trouve le philosophe palestinien Sari Nusseibeh, mais en dépit de la tentative de séparer le sujet de l'Holocauste du conflit, la participation des Palestiniens dans cette entreprise a jusqu'à présent échoué : au mieux, ils ne sont tout simplement pas venus aux événements organisés par le Projet Aladin à Jérusalem-Est. Au pire, ils refusent de parler de l'Holocauste sans évoquer aussi la Nakba et l'occupation.

Cette théorie semble juste: Israël ne peut pas être compris sans comprendre la place de l'Holocauste parmi les composantes de l'identité israélienne, et celui qui ne comprend pas son ennemi ne sera également pas en mesure de faire la paix avec lui.

Dans tous les cas, la réalité ne facilite pas les choses pour les bonnes gens qui dirigent le projet Aladin: La semaine dernière Anne-Marie Revcolevschi séjournant à Jérusalem, a eu l'occasion d'assister à l'enterrement des victimes de la terreur islamiste à Toulouse.

 

La Shoah nous parle d'aujourd'hui et de demain

A l'occasion de Yom HaShoah, Samuel Pisar était à Istanbul pour la conférence organisée par le projet Aladin et participait aux cérémonies avec la communauté juive de Turquie. Son article paru dans RIA Novosti et plusieurs autres journaux dans divers pays revient sur la nécessité de préparer l'avenir.

Le Jour de la Shoah est le jour anniversaire du Soulèvement du Ghetto de Varsovie, quand des Juifs mal armés ont résisté face à une brigade blindée nazie

Le Jour de la Shoah tombe sur l'anniversaire de l'héroïque soulèvement du ghetto de Varsovie en 1943, quand une brigade blindée SS en train de conduire la population vers les camps de la mort, a payé un lourd et sanglant tribut pendant des semaines entre les mains de combattants juifs armés de cocktails Molotov. Le 27 janvier, le jour désigné pour cette commémoration par l'Assemblée générale des Nations Unies, c'est l'anniversaire de la libération d'Auschwitz par les troupes russes en 1945. Ces deux dates reflètent une perception évolutive de l'Holocauste dans notre monde enflammé de l'après 11 Septembre, de juif uniquement, à catastrophe universelle.

En tant que survivant d'Auschwitz, et aujourd'hui ambassadeur honoraire et Envoyé spécial de l'UNESCO pour l'enseignement de l'Holocauste, je participe aux commémorations de cette tragédie avec les Juifs de Turquie - un pays qui les a accueilli et les a protégés de l'Inquisition espagnole à la «solution finale» de Hitler. Ma mission n'est pas seulement de me lamenter et d'honorer les victimes, mais aussi d'alerter les dirigeants du monde et le grand public des nouvelles catastrophes qui risquent de détruire leur monde, comme elle ont autrefois détruit le mien.

Car les cendres de l'Holocauste nous parlent du présent et de l'avenir, autant que du passé. Dans les années 1930, lorsque les bouleversements économiques et politiques sévères ont déclenché insécurité et peur, la folie populaire s'est trouvé de diaboliques "sauveurs".

C'est ainsi que les démocraties ont péri et la chasse aux boucs émissaires a commencé. Dans les années qui ont suivi ma libération de Dachau par les GI américains, de nouveaux génocides, nettoyages ethniques et autres atrocités de masse ont confirmé que l'impensable est à nouveau possible, avec les fléaux que sont les gaz toxiques, les armes atomiques et les missiles balistiques dans les mains de nouveaux despotes et fanatiques.

Ainsi, lorsque des démagogues incendiaires aux ambitions nucléaires rouvrent nos blessures en parlant de «mythe» à propos de l'Holocauste, nous, les derniers survivants avons une obligation viscérale de témoigner que c'était à la fois une réalité horrible pour nous et un avertissement existentiel pour toute l'humanité des horreurs encore à venir. Mais nos paroles doivent être suivies par des actes, avec des politiques concrètes pour la mémoire et l'éducation afin de sensibiliser le public sur la manière dont ces massacres éclatent et comment ils peuvent être évités. Aujourd'hui, je peux attester que ce processus a commencé.

Pour la commémoration de l'Holocauste de l'an dernier je suis retourné à Auschwitz-Birkenau, à la demande du "Projet Aladin", lancé par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et l'UNESCO dans le cadre de son programme pour la paix et les droits de l'homme. Certains juifs, 200 cents responsables musulmans et chrétiens de tous les continents, y compris des chefs d'Etat, des maires de grandes capitales, des grand-rabbins, des grand-muftis et des cardinaux ont aussi fait le pèlerinage.

Dans ce lieu maudit et sacré, où j'ai vu, dans mon adolescence, le fier navire de la civilisation sombrer, où toute ma famille et tous les enfants de mon école ont été anéantis, on m'a demandé de témoigner.

Entourés par les ruines ahurissantes de chambres à gaz et de fours crématoires, unis par la douleur commune et les valeurs morales, notre improbable assemblée a réussi, miraculeusement, à transcender tous les conflits raciaux, religieux et politiques et à prier ensemble le même Dieu.

Après ce moment rare de solidarité œcuménique et multiraciale, un petit groupe d'entre nous a été invité à comparaître devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants américaine. J'y ai réaffirmé mon avertissement que si nous ne parvenons pas à dissiper l'ignorance et les distorsions concernant l'Holocauste qui sévissent dans de nombreux pays, et à nous unir contre l'antisémitisme, la xénophobie et le terrorisme en épousant les valeurs fondamentales universelles inhérentes à nos grandes religions - spirituelles et laïques -, les forces des ténèbres seront de retour et se vengeront par la ruine d'un avenir meilleur et plus sûr.

Mais je me concentre sur le potentiel important de développement du dialogue révélé par les rencontres à Paris, Auschwitz et à Washington.

Le Grand Mufti de Bosnie, le Dr Mustafa Ceric, qui était aussi avec nous, a confirmé ce potentiel avec ces mots: «Je suis venu pour voir moi-même tout le mal que des êtres humains peuvent faire à d'autres êtres humains, et dire que ceux qui nient l'Holocauste à Auschwitz ou le génocide de Srebrenica, sont eux-mêmes des génocidaires. "Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, mais tous ses coreligionnaires, de tous les horizons et continents, ont été aussi profondément émus par sa déclaration et choqués par la preuve palpable de la barbarie nazie que le reste d'entre nous. Il était également évident qu'ils ont été tout aussi troublés par les barbares d'aujourd'hui qui tuent et mutilent des innocents au hasard, y compris leur propre famille. Cela soulève un espoir d'une coexistence dans la tolérance entre de plus vastes majorités silencieuses qui ne se considèrent pas comme «ennemis jurés». Le Projet Aladin a désormais mis à disposition, en coopération avec les institutions locales, les versions turque, arabe et iranienne de livres sur l'Holocauste comme «Le Journal» d'Anne Frank, des films comme «Shoah» et d'autres liens pour développer des contacts interpersonnels qui suggèrent que l'espoir est réel.

Cela suggère également que les organismes des Nations Unies, notamment l'UNESCO, chargés de hautes responsabilités, doivent veiller à ne pas être déviés de leurs fondamentaux et de leurs tâches légitimes par des escarmouches politiques ou diplomatiques d'une tout autre nature. D'autant plus dans un environnement international qui se détériore et qui nous pousse vers la croisée des chemins fatidiques: soit le repli sur soi dans un environnement sombre avec une crise mondiale ingérable, soit aller de l'avant en s'appuyant sur de nouvelles?,sur l'innovation et la créativité qui peuvent raviver l'enthousiasme et l'énergie des jeunes générations.

Ayant vécu dans le cadre de mon odyssée tortueuse les bas-fonds et quelques sommets de la condition humaine, j'ai appris et écrit qu'il existe un chemin sans haine et sans violence pour faire face aux défis de notre temps. Cette voie appelle à des efforts collectifs visant à libérer les ressources inépuisables de l'intelligence, de la connaissance humaine et de la compassion qui existent dans une large mesure amplement entre les peuples de chaque région, race, couleur et foi. Développées et rendues accessibles à travers les canaux précieux de l'éducation, de la science et de la culture, ces ressources peuvent nous permettre d'entrer dans une ère nouvelle de tolérance, de prospérité et de paix - avant qu'il ne soit trop tard.

Samuel Pisar, ancien ambassadeur, est avocat international à New York, Londres et Paris, titulaire d' un doctorat de Harvard et de la Sorbonne. Ses livres, publiés en 20 langues, comprennent notamment « Coexistence et Commerce » et « Le sang de l'espoir ». Il est Ambassadeur honoraire et Envoyé spécial de l'UNESCO pour l'enseignement de l'Holocauste.

 

VEILLE MEDIATIQUE DU PROJET ALADIN 

Analyse politique de la Chaîne officielle iranienne Iran News Network : «de dangereux Juifs » dominent la vie politique française

A la veille des élections présidentielles françaises, Hamid Khoshayand, analyste confirmé au sein de la TV officielle Iran News Network, la chaîne d'information en continu du pays, affirme que «de dangereux Juifs dominent l'Europe et ont mis en place une dictature de la minorité juive sur le continent (Extraits de l'article, publié à l'origine en persan) :

Parmi tous les pays européens, la France est le pays où la communauté juive a une puissance des plus indéniables et joue un rôle décisif dans de nombreux événements politiques, économiques et sociaux du pays ... Le pouls de l'économie française est entre les mains des Juifs. Les Juifs sont les principaux acteurs de l'économie française et contrôlent une grande partie des entreprises, les noms juifs sont associés avec les plus grosses fortunes en France ...

La France, après la Palestine occupée et les États-Unis, abrite la plus grande communauté juive du monde. Les 650000 Juifs représentent environ 1% de la population française. Cette communauté influente dirige une organisation bien disciplinée à travers le pays, le Conseil des représentants des institutions juives, nommé CRIF. Le lobby juif en France a donc les outils nécessaires pour façonner les événements politiques et sociaux dans le pays ... C'est ce pouvoir structurel qui donne à la communauté juive française une telle influence, exerce un chantage sur les partis politiques et joue un rôle influent dans les processus électoraux. Il détermine même le résultat des élections présidentielles en France, membre permanent du Conseil de sécurité et deuxième puissance économique d'Europe.

Les Juifs français sont la principale force qui gère les élections présidentielles en utilisant leur influent lobby, comme leur soutien à Sarkozy dans les élections de 2007 l'a clairement montré ... Dans les précédentes élections présidentielles, il y a toujours eu des affrontements entre Juifs français et candidats gaullistes, qui ont conduit au boycott du général de Gaulle et de Giscard d'Estaing par les électeurs juifs, parce que de Gaulle était convaincu de l'existence d'un puissant groupe de pression qui manipulait tout, et en particulier les médias ... Au cours de la présidence de Mitterrand, de nombreux juifs ont été nommés à des postes et le gouvernement a accordé une énorme aide financière aux organisations juives paramilitaires, telles que la Ligue de Défense Juive, ainsi que l'Union des étudiants juifs et d'autres encore.

Depuis la présidence de Mitterrand et de son soutien inconditionnel au régime sioniste, les Juifs français sont devenus des alliés du Parti socialiste et de la gauche, mais l'éruption de la deuxième Intifada et le soutien de personnalités de gauche pour les Palestiniens a conduit les Juifs français à soutenir Sarkozy, qui était à l'époque ministre de l'Intérieur. De tous les présidents français de l'histoire contemporaine, Sarkozy a été l'un des plus servile à l'égard des Juifs, en adoptant des positions unilatérales au Moyen-Orient en faveur du régime sioniste et contre les Palestiniens et, en même temps, faisant tout pour faciliter la vie des Juifs français. En fait, Sarkozy a des origines juives ...

Le point important dans les élections actuelles est que les Juifs français se détournent de Sarkozy. Ce dernier s'est efforcé d'améliorer ses liens avec la minorité juive et d'utiliser leur pouvoir et leur richesse pour être réélu, comme il l'avait fait en 2007. Mais les sondages montrent que, cette fois, la question principale pour les Juifs français n'est pas la sécurité, mais la crise économique ... La raison pour laquelle les Juifs n'ont pas soutenu Sarkozy cette fois est clair: sa politique économique a aggravé la crise en France et la riche clique se trouve dans une position risquée. Les Juifs sont aussi en colère à propos des remarques anti-juives de quelques hauts responsables dans le gouvernement de Sarkozy.

 

«Bagdad Ma Bien-aimée »: revoir les Juifs d'Irak

L'écrivain et intellectuel irakien Saad Sami Nader écrit, sur le site web populaire arabe, Elaph, une critique du livre récemment publié, «Bagdad ma bien-aimé», du professeur Shmuel Moreh Sami, universitaire et écrivain israélien d'origine irakienne.

Elaph, avril 2012 Par Saad Sami Nader

J'ai été vraiment heureux de recevoir un exemplaire de l'ouvrage récemment publié, "Bagdad ma bien-aimée, Souvenirs de Juifs irakiens" (Haïfa, Kul-Shee éditeurs, 2012) écrit par l'érudit professeur Shmuel Moreh Sami. La raison en était l'honneur que m'a fait le Dr Sami en incluant dans son livre l'article que j'avais écrit au sujet de ses mémoires publiés précédemment. Il est à noter que la nouvelle édition est une version révisée de ses mémoires, que certains charlatans avaient plagiés, déformés, falsifiés et vendus sur le marché sous le même titre, mais sans le consentement de l'auteur.

En plus de l' utilisation magistrale de la langue arabe et du dialecte juif baghdadi, Moreh aide le lecteur à découvrir la pureté et le bon esprit qui régnaient en Irak, et nous ramène beaucoup de ce qui s'est évanoui d'un grand nombre de mémoires. Événements et histoires défilent devant nos yeux comme dans un film, à commencer par sa naissance à Souq Hanoun et ses ruelles étroites, puis sa jeunesse dans Bataween, et ses écoles primaires et secondaires, et puis son immigration en Israël, l'achèvement de son doctorat à Londres, jusqu'à sa retraite. Le livre est rempli d'histoires amères et douces, toutes détaillées par l'auteur qui s'attache non seulement aux joies mais aussi aux souffrances des Juifs d'Irak, de l'oppression et de l'exil aux assassinats, à la violence et au pogrom de «Farhood » en 1941.

Dans un langage simple et populaire parsemé de satires, il peint le paysage politique et social de cette époque passionnante et mouvementée de la naissance de notre nation et montre le rôle de pionnier des membres de la communauté juive dans la mise en place des premiers blocs de la société civile dans l'État moderne irakien.

Moreh est un conteur doué d'une mémoire exceptionnelle qui référence la longue liste des activités culturelles, artistiques, et les contributions politiques des Juifs irakiens au développement de la jeune nation. Il nous montre comment les Juifs ont aidé à la renaissance de la science, de la culture, du journalisme, de la littérature, des arts et de la musique en Irak. Ces réalités sont maintenant totalement absentes de la conscience de nos enfants, suite à la distorsion de l'histoire et la politisation de la vie et de la religion. Et en tant qu'universitaire, Moreh n'oublie pas de documenter le rôle d'avant-garde des militants de gauche juifs qui montaient à la potence pour la liberté de l'Irak, la prospérité de son peuple et la libération du colonialisme, de l'esclavage, de l'injustice et de l'arriération.

Les mémoires de Shmuel Moreh représentent un excellent ouvrage universitaire et créatif à vocation encyclopédique, avec un trésor de témoignages, de références et de noms. Qu'il suffise de dire que l'index des noms couvre à lui seul 33 de 424 pages du livre, ce qui rend le livre, à mon avis, une source unique de références pour les événements historiques les plus importants de cette époque lumineuse et turbulente de l'histoire de l'Irak moderne.

En conclusion, je voudrais me joindre à Shmuel Moreh dans ses appels et souhaits pour la paix et la sécurité dans notre monde troublé, en espérant que nos peuples puissent profiter de la justice, de la liberté, de la démocratie sociale, et que l'amour et la fraternité humaine prévaudra entre les religions, les peuples de la région et le monde entier. La clé d'un tel avenir est le respect de l'opinion et le droit de «l'autre» à la vie et à la sécurité. Comme l'Imam Ali (le quatrième calife)l'a dit: «Même s'il n'est pas notre frère dans la foi, il est notre partenaire dans la création.» Soyons optimistes quant à la sagesse de l '«autre» et le pari que nous avons assez partagé une histoire et un patrimoine moral et culturel communs pour ouvrir la voie à une paix juste et globale.

 

La télévision marocaine diffuse un film sur les juifs de Tinghir

La télévision marocaine, M2, a diffusé un documentaire franco-marocain du cinéaste Kamal Hachkar intitulé «Tinghir-Jérusalem, les échos du Mellah.» Alors que le directeur de la chaîne dit avoir reçu de nombreux messages de soutien des Marocains ordinaires, plusieurs groupes radicaux protestent, accusant le film d'essayer de «normaliser» les relations avec Israël.

Le film de Kamal Hachkar suit les migrations juives du Maroc vers la France ou Israël à travers une série d'entretiens avec des Marocains qui se souviennent encore de leurs voisins juifs et d'Israéliens qui se remémorent leur vie au Maroc.

«Enfant, j'ai grandi avec l'idée que tous les Berbères étaient musulmans. Mais à travers des histoires de mes grands-parents sur l'histoire de ma ville natale, Tinghir, j'ai découvert qu'il y avait aussi des Berbères juifs et que la ville était le foyer d'une grande communauté juive», a-t-il dit, expliquant le processus qui l'a conduit à la production de ce documentaire.

Les recherches de Kamal Hachkar l'ont conduit en Israël où il a rencontré les familles originaires de Tinghir. Les plus âgés ont parlé de leurs vies à Tinghir, et répondu à ses nombreuses questions. Lors de la rencontre avec les Juifs de sa génération, originaires de Tinghir, Kamal Hachkar s'est rendu compte qu'il n'était pas seul dans son désir de restaurer cette partie enterrée de leurs identités. Il espère que sa génération sera en mesure de reconnaître les liens brisés par l'histoire.

Alors que le film a été applaudi par beaucoup au Maroc, un groupe de militants radicaux a tenté de le transformer en un casus belli, accusant le film d'essayer de «normaliser» les relations avec Israël. A la pointe des critiques, le militant Khalid Soufiani a demandé au Premier ministre Abdelilah Benkirane de mettre en place une commission d'enquête afin de déterminer «qui était derrière la diffusion d'un film de l'entité sioniste.» Son objectif déclaré est de criminaliser tout acte ou attitude qui encouragerait une telle «normalisation».

Dans une interview avec le site web marocain, Yabiladi, Kamal Hachkar a rejeté les attaques de Soufiani comme «hors de propos ».

«Ces gens sont des Marocains, peu importe où ils vivent, et je serais allé en Papouasie pour faire le film, s'ils avaient vécu là-bas,» dit Hachkar. Le directeur de la chaîne insiste sur le fait que, depuis la sortie de son film, il a reçu des centaines de messages de Marocains qui l'ont remercié de leur avoir fait découvrir une partie de l'histoire de leur pays oublié dans les livres d'histoire utilisés dans les écoles marocaines.

«C'est un film qui appelle à la paix et la tolérance. Le film dégage une volonté de vivre ensemble. Les gens qui sont contre le film sont des individus bornés qui ne pensent qu'à eux-mêmes.»

Kamal Hachkar affirme que le soutien aux Palestiniens ne doit pas conduire à nier l'histoire juive au Maroc. «Je suis convaincu que les Marocains sont tolérants et ils sont d'accord avec cette histoire plurielle», dit-il.

Pour sa part, Achahbar Shakir, président du parti centriste du Renouveau et de la justice, ne comprend pas la controverse et a apprécié le film. «Malheureusement, certaines personnes au Maroc ont tendance à voir l'histoire de notre pays à travers un prisme idéologique. Ce film porte sur des questions humanistes et des valeurs positives. Il met en lumière l'histoire du Maroc contemporain, une histoire que nous avons tendance à oublier à cause d'une amnésie forcée qui est très grave», a-t-il dit sur le site Yabiladi.

"Nous devons accepter notre histoire et en être fiers. Il n'y a jamais eu de guerre de religion au Maroc, mais certains voudraient nous faire croire le contraire», dit Mme Shakir.

 

Il ne reste que 22 personnes de la communauté juive jadis florissante en Syrie

Les deux douzaines de personnes âgées vivant dans un bâtiment à côté de la seule synagogue en activité à Damas sont tout ce qui reste d'une présence juive en Syrie qui en a compté plus de 30.000. Alors que les conflits et le sang secouent le pays, le leader de la communauté Albert Cameo insiste: «Nous ne partirons pas. »

Il n'y a plus de Juifs à Alep ou Kamishli, qui abritaient autrefois de grandes communautés juives. Au milieu de la tourmente, la petite communauté des Juifs de Damas ont été encouragés à se reconstruire. Les fonds viennent de Juifs syriens qui vivent à l'Ouest. Josh Landis, directeur du Centre d'études du Moyen-Orient à l'Université d'Oklahoma à Norman, a déclaré à l'Algemeiner, «Il s'agit d'une tentative du régime de montrer son sérieux et de tendre un rameau d'olivier à la communauté juive en Amérique», malgré l'état de guerre avec Israël. 75000 Juifs américains font remonter leurs origines à la Syrie.

Albert Cameo, chef de file de la communauté restante, dit qu'il est «de son devoir d'essayer de maintenir» le patrimoine religieux. A 70 ans, il est à l'origine de la restauration de la synagogue Al-Raqi dans le vieux quartier juif de Damas et il dit qu'il n'a aucun désir de quitter la Syrie. «Moralement ,je ne peux pas quitter mon pays et les lieux de culte d'ici," a déclaré Cameo de son domicile à Damas. «J'ai un devoir dans la préservation de notre patrimoine. »

La communauté qui comptait plus de 30000 membres à son apogée est maintenant dispersée entre Israël, l'Amérique du Nord, le Mexique et le Brésil.

 

 

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