La Vie Juive

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La naissance

Selon la loi juive,  bien que l'âme humaine existe avant la naissance, la vie commence à la naissance. Le judaïsme rejette totalement la notion de pêché originel. Selon le judaïsme, un enfant est né pur, sans avoir le moindre pêché. La loi juive autorise la naissance par césarienne, ou par pratiquement toute autre méthode qui s'avère nécessaire pour préserver la vie de la mère ou de l'enfant. La vie de la mère est la première des priorités.

L'avortement est interdit en général, à moins que la vie de la mère ne soit en danger.

Après la naissance de l'enfant on fait au père l'honneur d'une aliyah, l'occasion de bénir la lecture de la Torah, dans une synagogue, dès que cela est possible. Une bénédiction est alors récitée pour la santé de la mère et de l'enfant. Si l'enfant est une fille, on lui donne alors son nom. Le nom d'un garçon lui sera donné lors de la brit milah, circoncision rituelle.

 

La Circoncision

De tous les commandements du judaïsme, la brit milah (littéralement, l'Alliance de la Circoncision) est probablement celui qui est le plus universellement respecté. Même les juifs les plus laïques qui ne respectent aucune autre partie du judaïsme, respectent presque toujours ces lois.

La circoncision est pratiquée le huitième jour de la vie de l'enfant pendant la journée. Comme avec presque tout commandement, la circoncision peut être repoussée pour des raisons de santé. La circoncision est pratiquée par un mohel, un juif pieux, pratiquant, connaissant la loi juive appropriée  et les techniques chirurgicales. La circoncision pratiquée par un médecin non-juif n'est pas considérée comme une brit milah valable, même si un rabbin dit une prière pedant qu'elle est pratiquée parce qu'enlever le prépuce est en soi un rite religieux et que cela doit être fait par une personne qui est qualifiée pour ce faire sur le plan religieux.

 

Bar Mitzvah et Bat Mitzvah

"Bar Mitzvah" signifie littéralement "fils du commandement" et "Bat Mitzvah" signifie "fille du commandement". Sur le plan technique, ce terme fait référence à l'enfant qui atteint sa majorité mais on l'utilise le plus souvent pour évoquer la cérémonie célébrée pour la majorité elle-même.

Selon la loi juive, les enfants ne sont pas tenus d'observer les commandements, bien qu'ils y soient encouragés, autant que possible, pour apprendre ce que seront leurs obligations lorsqu'ils seront adultes. A l'âge de 13 ans pour les garçons et de 12 ans pour les filles, les enfants seront obligés de respecter ces commandements. La cérémonie de la bar mitzvah marque solennellement l'acceptation des cette obligation qui va de pair avec le droit de participer à la conduite de services religieux, de compter dans un minyan ( le nombre minimum de personnes pour certaines parties des services religieux ), de conclure des contrats, de témoigner devant des tribunaux religieux et de se marier.

Un jeune garçon juif devient automatiquement un bar mitzvah lorsqu'il atteint l'âge de 13 ans et une fille devient une bat mitzvah à l'âge de 12 ans. Une cérémonie n'est pas nécessaire pour conférer ces droits et ces obligations. La cérémonie populaire de bar mitzvah n'est pas nécessaire et ne correspond à aucun commandement. Les ceremonies et réceptions qui sont courantes aujourd'hui étaient encore inconnues il y a une centaine d'années.

Nombreux sont ceux qui ironisent sur la notion qui veut qu'un enfant de 12 à 13 ans soit un adulte, affirmant qu'il s'agit d'une idée dépassée qui était fondée sur les besoins d'une société agricole. Mais la bar mitzvah ne dit pas que l'on est un adulte dans tous les sens du terme; prêt à se marier, à voler de ses propres ailes, gagner sa vie et élever des enfants. Le Talmud le dit tout à fait clairement. Bar mitzvah est simplement l'âge auquel une personne est tenue comme responsable de ses actes mais à peine en âge de se marier.

 

Le Mariage

La Torah donne très peu d'indications en ce qui concerne la procédure à suivre pour un mariage. La manière dont on trouve un époux, la forme que revêt la cérémonie du mariage et la nature des relations dans le cadre du mariage sont expliqués dans le Talmud.

Selon le Talmud, 40 jours avant qu'un enfant mâle soit conçu une voix venue du ciel annonce l'identité du père de la fille qu'il épousera. Un mariage littéralement voulu par les cieux !

Le Talmud spécifie qu'on obtient une femme comme épouse de trois manières différentes : par de l'argent, un contrat, et des relations sexuelles. D'habitude ces trois conditions sont réunies, bien qu'une seule soit nécessaire pour que le mariage soit effectif.

En ce qui concerne l'acquisition par de l'argent, l'alliance est généralement suffisante. Le fait que la femme accepte cet argent montre de manière symbolique qu'elle accepte le mari. Dans tous les cas, le Talmud spécifie qu'une femme ne puisse être prise comme épouse que si elle y consent et que cela ne peut se faire si elle n'y consent pas.

Au cours de la cérémonie du mariage, le mari donne à la femme une kétouba, le contrat de mariage. La kétouba donne la liste des obligations que le mari a envers sa femme dans le cadre du mariage, les conditions dans lesquelles elle héritera lorsqu'il mourra et ses obligations concernant les enfants nés du mariage. Il y a aussi les conditions d'aide financière due à la femme en cas de divorce. La kétouba  est souvent un beau travail de calligraphie et est encadrée et mise à l'honneur dans la maison.

Le processus du mariage se fait en deux étapes différentes : kiddouchin (que l'on traduit généralement par fiançailles ) and nissouin (le mariage à proprement parler. ) La relation établie par le  kiddouchin ne peut être dissoute que par la mort ou le divorce. Cependant les époux ne vivent pas ensemble lors des kiddouchin et les obligations réciproques, créées par la relation maritale, n'entrent en vigueur que lorsque le nissouin a eu lieu.

Par le passé, les kiddouchin et nissouin pouvaient généralement être séparés d'un laps de temps pouvant aller jusqu'à un an. Pendant cette période le mari préparait une maison pour cette nouvelle famille. Aujourd'hui, normalement, les 2 cérémonies sont célébrées ensemble.

Le mariage selon la loi juive étant essentiellement un accord contractuel privé entre un homme et une femme, la présence d'un rabbin ou d'un autre administrateur religieux n'est pas obligatoire. Mais il est néanmoins habituel que des rabbins officient.

 

La Cérémonie de Mariage juif

La coutume veut que la fiancée et le fiancé ne se voient pas pendant la semaine qui précède le mariage. Il y a des célébrations exubérantes dans la synagogue lors du marriage. On jette souvent des bonbons à la mariée et au marié pour symboliser la douceur des événements. La tradition veut que les fiancés jeûnent la veille du mariage.

Avant la cérémonie la mariée est voilée, en hommage à Rebecca qui était voilée lorsqu'elle fut amenée à la rencontre d'Isaac pour devenir son épouse.

La cérémonie elle-même dure entre 20 et 30 minutes. La mariée entre, accompagnée par sa mère et la mère de l'époux et elle s'approche du mari puis décrit des cercles autour de lui. Deux bénédictions sont récitées sur du vin : l'une est la bénédiction habituelle du vin et l'autre concerne les commandements qui ont trait au mariage. L'homme met alors la bague au doigt de la femme. Après que le kiddouchin est terminé, la kétouba est lue à haute voix.

Le mari et la femme se tiennent sous la chouppah, un dais posé sur quatre poteaux qui symbolise le fait qu'ils vont habiter ensemble et que le mari va amener sa femme chez lui. L'importance de la  chouppah est telle que ce terme est parfois utilisé pour décrire la cérémonie du mariage. La femme et le mari récitent sept benedictions en presence d'un minyan ( un quorum de10 hommes adultes juifs nécessaire pour pouvoir prier ). Le couple boit alors du vin. Le mari brise un verre, ou un petit morceau de verre symbolique, du pied droit, pour symboliser la destruction du Temple de Jérusalem.  Le couple se retire alors brièvement dans une pièce qui leur est entièrement réservée, pour symboliser le fait que le mari emmène son épouse chez lui.

Il y a alors un repas de fête. De la musique exubérante accompagne traditionnellement la cérémonie et la réception et l'on y danse.

 

La Vie Matrimoniale

Selon la Torah et le Talmud, un homme pouvait épouser plus d'une femme mais une femme ne pouvait épouser plus d'un homme. Bien que la polyginie ait été permise elle n'a jamis été courante. Le Talmud ne fait aucune mention d'un rabbin ayant plus d'une épouse. Vers l'an 1000 de notre ère,  les juifs ashkénazes interdirent la poligamie à cause des pressions exercées par la culture chrétienne prédominante. Elle a continué à être autorisée pour les juifs séfarades dans les  pays arabes jusqu'à la deuxième moitié du XX ème  siècle.

Un mari doit offrir à sa femme nourriture, vêtements et relations sexuelles. Avoir des relations sexuelles dans le cadre du mariage est un droit pour la femme, mais en avoir n'est pas un droit pour le mari. Un homme ne peut forcer sa femme à avoir des relations sexuelles avec lui et il ne peut la maltraiter de quelque manière que ce soit.

Une femme mariée reste propriétaire de tous les biens qu'elle a amenés avec elle mais le mari a le droit de gérer cette propriété et de jouir de ses profits.

L'âge minimum pour pouvoir se marier, selon la loi juive, est de 13 ans pour les garçons et de 12 ans pour les filles; cependant le kiddouchin - fiançailles - peut avoir lieu avant, ce qui a souvent été le cas à l'époque médiévale. Le Talmud recommande qu'un homme se marie à l'âge de 18 ans, ou entre 16 et 24 ans. Aujourd'hui les jeunes juifs se marient rarement avant l'âge de 20 ans.

 

Le Divorce

Le judaïsme reconnaissait le concept d'un divorce qui ne soit pas prononcé pour faute il y a des milliers d'années. Le judaïsme affirme généralement qu'il vaut mieux qu'un couple divorce plutôt que de rester ensemble dans un état constant d'amertume et de conflit. Dans la loi juive, un homme peut divorcer d'une femme pour n'importe quelle raison et sans raison. En fait la loi juive demande qu'il y ait divorce dans certaines circonstances : lorsque la femme commet une transgression sexuelle, son mari doit divorcer, même s'il a tendance à lui pardonner. Maint aspect de la loi juive dissuade les gens de divorcer. Les détails de la procédure nécessaire pour divorcer sont complexes et astreignants.

La Vie

Dans le judaïsme, la vie est appréciée par dessus presque tout. Le Talmud note que tous les hommes sont les descendants d'une seule personne et que prendre une seule vie équivaut à détruire tout un monde et sauver une seule vie équivaut à sauver un monde tout entier. Des 613 commandments, seules les interdictions de meurtre, d'idolatrie, d'inceste et d'adultère sont si importantes qu'elles ne peuvent être violées même pour sauver une vie. Non seulement le judaïsme permet-il de violer les commandements si cela est nécessaire pour sauver une vie, mais il l'exige.

Parce que la vie a une telle valeur, les juifs ne peuvent rien faire pour hâter la mort. Le suicide est strictement interdit dans la loi juive.

 

La mort

Dans le judaïsme, la mort n'est pas simplement une tragédie, même lorsqu'elle arrive tôt dans la vie ou dans des circonstances malencontreuses. La mort est un processus naturel. Les juifs pensent que notre mort, comme notre vie, a un sens et fait partie du plan de Dieu. De plus, les juifs croient fermement qu'il y a une vie après la mort, un monde à venir dans lequel ceux qui ont mené une vie   méritante seront récompensés.

Les rites de deuil dans le judaïsme sont nombreux mais ils ne sont pas l'expression d'une peur ou d'un dégoût vis-à-vis de la mort. Les pratiques juives concernant la mort et le deuil ont deux buts : montrer le respect que l'on a pour celui qui est mort et réconforter les vivants à qui ceux qui sont décédés vont manquer.