Les rites musulmans

» Un guide de l’Islam pour les non-musulmans » La vie quotidienne des musulmans » Les rites musulmans

La vie quotidienne des musulmans


 

Comme pour toute autre religion, la pratique de l’Islam passe aussi par la concrétisation de la foi par l’accomplissement de rituels et la célébration de fêtes religieuses. La vie du musulman est par ailleurs jalonnée d’actes de foi qui marqueront le passage d’une étape à une autre de son existence, tel le mariage, ou la mort.

Les rites musulmans

La naissance

A la naissance d’un enfant de parents musulmans, ces derniers le font directement entrer dans l’islam. Pour ce faire le père lui chuchote dans l’oreille droite l’adhan (l’appel à la prière) qui dit « Allah est grand, il n’est d’autre dieu que Lui. Mohammed est Son messager. Venez à la prière ». D’un point de vue culturel, c’est une manière d’accueillir l’enfant dans la communauté des croyants, et d’un point de vue religieux, il s’agit de protéger l’enfant contre le diable (Shaytan), qui, selon les croyances islamiques, ne pourrait se tenir en un lieu où l’adhan est prononcé. Ensuite, la première chose que doit gouter le nouveau né est une chose sucrée, il n’est donc pas rare de voir des parents mâcher une date et en déposer le jus sur les lèvres de leur enfant.
Après le septième jour de vie de l’enfant, les parents doivent le nommer et, s’il s’agit d’un fils, lui couper les cheveux et faire un don d’argent aux pauvres. De plus, en ce même jour, a lieu l’aquiqaa, c'est-à-dire le sacrifice d’un animal, selon les moyens des parents, qu’il faudra partager avec la famille, les amis, le voisinage et les pauvres. Mais de nos jours, les musulmans des pays occidentaux préfèrent acheter de la viande et en faire un grand repas, puis faire un don aux nécessiteux.
Enfin, à partir du septième jour, le bébé s’il s’agit d’un garçon peut être circoncis, comme le veut la tradition islamique héritée du temps d’Abraham. La circoncision (Tahara, qui veut dire purification en arabe) est très pratiquée en Islam.


Le passage à la puberté

Avant d’avoir atteint la puberté, les garçons doivent avoir été circoncis, si cela n’a pas été fait dans les premiers jours de leur vie. Cela mis à part, il n y a que peu d’obligation faite à l’enfant en Islam, bien qu’il soit fortement conseillé aux parents de les familiariser au Coran aussi tôt qu’il est possible à l’enfant d’en avoir la compréhension.
A partir de l’âge de 7 ans, les enfants, filles comme garçons, doivent être initiés à la prière, il n’est néanmoins pas obligatoire de le faire tout de suite, mais il est impératif, selon la Sunna, que les parents aient enseigné la prière et la lecture du Coran a leurs enfants arrivé à la préadolescence (10 ans).  Pareillement, le jeûne devient obligatoire à la puberté pour tout jeune musulman qui en a la capacité physique.


La vie quotidienne

La pratique en Islam implique un investissement quotidien. Ainsi, il est par exemple ordonné ou conseillé au musulman d’invoquer le nom d’Allah avant tout acte même les moins spirituels. Il existe ainsi tout un répertoire d’invocation à prononcer avant un repas, après un repas, avant de se coucher, avant une épreuve d’ordre professionnelle… Ce sont tout autant d’actes qui mènent le musulman à toujours se souvenir de l’omniprésence d’Allah dans sa vie. L’acte quotidien le plus représentatif de cette philosophie est la salat, la prière rituelle obligatoire. En effet, cinq fois par jour, le musulman doit prier Allah suivant un calendrier de prière précis, fondé sur la course du Soleil. Ces prières sont codifiées tant dans les mots que dans les gestes, et doivent toujours être précédées d’une purification du corps tant pratique que symbolique, en effet par la propreté de son corps, le musulman purifie son âme et la prépare à la prière. Cette purification est donc elle aussi très codifiée. On l’appelle wudhu (ablutions) pour sa forme simple, et ghsul (lavage, bain) pour sa forme longue. La première est à effectuer avant chaque prière, la seconde est à effectuer à l’occasion des fêtes religieuses, ou en toute occasion pour les femmes ayant eu leurs menstrues, ou encore pour toute personne ayant eu un rapport sexuel. En l’absence d’eau, ou en cas d’impossibilité d’ordre médicale, le musulman peut avoir recours aux ablutions sèches, qui s’effectuent avec du sable, ou de la terre pure.


La notion de Halal et Haram

Halal signifie licite (ou encore profane, en un autre sens) et haram signifie interdit (ou sacré, en un autre sens). Le halal est une notion vaste qui recouvre plusieurs choses. Dans la pratique quotidienne, il fait surtout référence à la réglementation qu’implique l’Islam en matière culinaire. Les musulmans sont autorisés à manger de ce qui est pur et propre. Par principe, tout est halal, sauf ce qui a été explicitement précisé comme étant haram, par exemple :
- les dépouilles d’animaux morts
- le sang
- la viande de suidés (le porc)
- l’alcool
- la viande d’animaux morts de strangulation
- la viande dont un animal s’est déjà nourri
Pour être halal une viande doit émaner d’un animal qui a été tué selon le rite islamique. Il faut pour cela que l’animal soit égorgé sans violence préalable, et que soient prononcées les paroles suivantes en arabe « Au nom d’Allah, Allah est grand ». Cette phrase est prononcée afin de rappeler au musulman que la vie est sacrée, et qu’elle ne peut être ôtée qu’au nom et avec la permission d’Allah, dans le but légitime de se nourrir. 
Beaucoup de musulmans s’abstiendront de manger une viande s’ils ne sont pas surs de sa conformité aux règles du halal. D’autres, en revanche, majoritairement dans les pays, occidentaux, mangent la viande sans se soucier du procédé de mise à mort de l’animal, en prononçant simplement la phrase rituelle avant de la manger. Par ailleurs, certaines viandes qui n’ont pas suivi le processus rituel du halal sont parfois considérées comme étant malgré tout halal, c’est le cas de la viande casher, car elle est elle aussi issue d’une bête tuée au nom de Dieu.


La mosquée

Les musulmans prient parfois dans un lieu de culte appelé mosquée (ou masjid en arabe). A l’entrée de chaque mosquée, les fidèles peuvent laisser leurs chaussures, car il est interdit d’y entrer chaussé. Les mosquées abritent aussi généralement un endroit permettant aux personnes qui le nécessitent de procéder aux ablutions rituelles avant la prière. Les mosquées ne sont jamais décorées de statues ou de tableaux représentatifs, car cela est interdit par l’Islam qui y voit une forme d’idolâtrie. Il n’en reste pas moins que les mosquées sont souvent une œuvre d’architecture arabo-musulmane de qualité, décorée de calligraphies. Les mosquées ont parfois un minaret, une longue tour en haut de laquelle le Muezzin procède à l’adhan, l’appel à la prière.


Le mariage

En Islam, le mariage est un acte tant spirituel que contractuel. En effet, bien avant le mariage civil tel que nous le connaissons dans nos sociétés actuelles, le mariage musulman avait été codifié avec tous les tenants et les aboutissants que l’on peut imaginer en termes de régime des biens, et de devoirs mutuels.


Le mariage musulman n’est pas vu comme une union sacrée que dieu a faite et que lui seul peut défaire. Il s’agit ici de l’union de deux individus, humains, et donc faillibles. Dès lors, il leur est possible, en cas d’échec de leur mariage, d’y mettre un terme. Mais pas sans avoir au préalable essayé avec sincérité de régler par d’autres moyens les problèmes que connait leur couple. Néanmoins, le mariage est un précepte fondamental en Islam. Le célibat y est mal vu, et le Coran exhorte fortement les musulmans à trouver un homme ou une femme.

Le prophète Mohammed n’avait de cesse de rappeler l’importance qu’avaient les femmes pour leurs maris et les maris pour leurs femmes. Ils sont un « vêtement » l’un pour l’autre, disait-il, montrant par là le devoir de protection et d’assistance mutuelle qu’ils se devaient.
Avant le mariage, le futur mari doit consentir un mahr à sa future épouse. Il s’agit d’une somme d’argent qu’il lui donne, à elle, et non pas à sa famille comme ce serait le cas pour une dot. Ceci prend son origine dans le contexte socioculturel de l’Arabie préislamique ou les femmes n’avaient pas de biens propres.

Par le mahr, le mari assurait à sa femme des possessions propres qu’ils ne pourraient lui retirer et dont elle disposerait comme bon lui semble.
La cérémonie du mariage est appelée nikah (C’est l’acte de mariage qui, dans certaines régions, est appelé ainsi). Elle implique la lecture de passages du Coran, et l’échange de vœux des futurs époux. La femme n’est pas obligée de participer si elle envoie deux témoins la représentant. La présence d’un imam n’est pas obligatoire non plus, il suffit d’un homme de confiance ayant une bonne connaissance du rituel . La partie la plus importante du mariage en est la publicité, un mariage qui aurait été fait en secret ne saurait être valide. Le mariage se termine généralement par des festivités variant d’un pays à l’autre ; l’Islam étant une religion se greffant sur certains points facilement aux coutumes ethnico-culturelles du pays.


Les funérailles musulmanes

Comme dans toute société, la mort est une tragédie chez les musulmans. Néanmoins, elle est aussi la promesse d’une récompense éternelle pour les vertueux. Ainsi, tant pour honorer la mémoire de leur défunt que pour aider au salut de son âme, les proches doivent suivre les règles instaurées par le Coran.
En Islam, le corps du défunt doit impérativement être enterré, il ne peut faire l’objet d’une incinération. Avant tout, il devra être purifié, on procède donc à une toilette purificatrice à l’eau, en positionnant le corps de telle façon qu’il repose sur son côté droit la tête tournée vers la Kaaba (e monument centrale de la cité sainte de la Mecque, vers lesquels les musulmans se tournent pour prier et autour duquel a lieu l’une parties les plus importantes du rituel du Hajj). Par suite, il doit être enterré dans les 48 heures suivant sa mort. Juste avant l’inhumation, un imam procède à la prière mortuaire, sur le lieu de l’enterrement ou dans une pièce neutre de signes religieux. Enfin le corps, enroulé dans un linceul blanc, est déposé à même le sol creusé, sur son côté droit de sorte que le visage puisse faire face à la Kaaba. Il est inutile, voir interdit, d’orner la tombe d’un musulman de quoi que ce soit, si ce n’est d’un simple plaque à son nom, afin que sa sépulture soit connue.
La période de deuil chez les musulmans doit durer trois jours, néanmoins, si le défunt était marié, sa femme peut prolonger son deuil jusqu’à quatre mois et dix jours.