Les Juifs du Yémen

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Les origines du judaïsme yéménite sont obscures : les dix tribus perdues, la reine de Saba ; la sortie d'Egypte, etc. Moins poétique mais plus plausible : le commerce des épices et des parfums actif dans la région entre IIIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle après J.-C. Le roi Hérode a envoyé un régiment juif pour prêter main forte aux Romains dans leur campagne du sud de L'Arabie, régiment qui ne serait jamais revenu au pays.

 

Toute personne intéressée par l'histoire de la péninsule arabique et de l'Asie du Nord connaît l'importance du commerce des épices et de la route des encens ou route des parfums. Cette route descendait de la Syrie vers Eilat et était qualifiée de « route royale ». D'Eilat elle continuait au sud, vers l'oasis du Hedjaz, jusqu'au Yémen. Des colonies commerciales furent créées le long  de la route par des natifs de différents pays.

 

De 518 à 525, un roi juif régna dans le sud- ouest de la péninsule arabique (actuel Yemen) : Dhu Nuwas. Il appartenait à la dynastie des Himyarites. Il se convertit au judaïsme, prit le nom de Joseph. Il fut probablement suivi dans sa démarche par une partie de son peuple. Il se posa en défenseur des Juifs et se mit en situation d'affrontement avec l'empire byzantin. Face aux mauvais traitements que ceux-ci infligèrent aux Juifs, il menaça de faire des représailles contre les Chrétiens de son royaume. L'empereur byzantin Justin 1er (518-527) poussa alors le royaume d'Abyssinie (actuelle Ethiopie) à envahir le royaume de Dhu Nuwas. Vaincu, celui-ci se suicida en se jetant du haut d'une falaise avec son cheval.

 

Les Juifs du Maghreb, d'Egypte et du Yémen participèrent activement au commerce avec les Indes. A partir de la deuxième moitié du XIe siècle et au cours du XIIe, la vie des Juifs du Yémen évolua de manière significative dans ses aspects sociaux, culturels, spirituels et économiques.

 

Cette époque fut la dernière où se produisit une immigration juive significative en nombre et en quantité. Les immigrants, dont les connaissances, en particulier en matière de judaïsme étaient supérieures à celles des Juifs autochtones, devinrent les porte-parole de la population et de ses représentants, surtout dans les relations avec les communautés juives de l'extérieur.

 

Au début du XIIIe siècle, la délégation du commerce des Indes amoindrit nettement la place des Juifs dans ce domaine. A partir de cette époque, les informations provenant des Juifs du Yémen diminuèrent progressivement et ce fut le début d'une nouvelle longue période de silence.

 

Ce n'est que vers 1629 qu'ils recommencèrent à faire parler d'eux. Cette année-la, le pays tomba à nouveau au pouvoir d'une dynastie chi ite, les Zaydites, et un vif débat théologique s'engagea sur la légitimité de la présence juive au Yémen, débat qui déboucha en 1679-1680 sur l'expulsion temporaire des Juifs de Sana, la capitale, et du plateau du Yémen central vers Mawza, sur la mer Rouge. L'exile de Mawza ne dura qu'une année, mais il ébranla les assises d'une communauté qui voulait assimiler les traditions culturelles et cultuelles d'autres ensembles juifs.

 

Le deuxième grand moment des Juifs du Yemen fut le XVIIIe siècle, quand la stabilité de la dynastie des imams Kassimites leur assura les conditions d'une remarquable intégration.

 

Au XIXe siècle, le pays secoué par de révoltes tribales et des invasions  finissant par emporter la dynastie, sombra dans le chaos. En 1839, les Britanniques en profitèrent pour s'emparer d'Aden, et la communauté de cette ville portuaire devint le trait d'union entre les Juifs yéménites et leurs coreligionnaires à travers le monde. En 1872, le Yemen redevint une province ottomane et s'ouvrit aux influences étrangères. Mais cela ne dura pas.

 

 En 1882, un groupe de 150 Juifs partirent du Yémen et entreprirent un voyage harassant de 9 mois, qui les mènera à Jérusalem. Ils s'installèrent en face de la ville de David et vécurent à la manière Troglodyte, dans des grottes spécialement aménagées, que l'on peut toujours voir depuis la ville de David.

 

 En 1922, Le gouvernement yéménite réintroduisit une ancienne loi islamique laquelle contraignit les orphelins juifs de moins de 12 ans à être convertis à l'Islam.

 

En 1947, le vote de l'ONU sur le partage de la Palestine eut des conséquences dans tout le monde arabe. Au Yémen, des émeutiers musulmans s'en prirent aux Juifs, en tuant 82 à Aden, détruisant des centaines de maisons juives.

 

En 1949, quelques semaines après la fin de la guerre et à l'issue de la création de l'Etat d'Israël, la totalité de la communauté du Yémen, soit 49000 Juifs, arriva en Israël. Seuls 1200 Juifs décidèrent de rester au Yémen. La plupart d'entre eux vinrent en Israël au début des années 1990. A présent environ 200 Juifs vivent au Yémen, dans le nord du pays.