Yoram Kaniuk est mort : la Shoah était au cœur de son œuvre


10/06/2013

L’écrivain israélien est mort des suites d’un cancer le 8 juin 2013, à Tel-Aviv. Il avait 83 ans. L’existence de celui qui était devenu l’un des plus grands auteurs de son pays est étroitement liée l’histoire de celui-ci.

Yoram Kaniuk naît le 2 mai 1930, à Tel-Aviv, de parents arrivés en Palestine en 1909. Nourri de culture européenne, notamment allemande, il côtoie dans son enfance tout ce que la ville compte d’artistes : après avoir été le secrétaire particulier du premier maire de la cité, son père est devenu le conservateur de son Musée d’art – le petit garçon aura à peine le temps de connaître son parrain, le très grand poète Haïm Nahman Bialik.

En 1948, Yoram Kaniuk est engagé volontaire dans la guerre d’Indépendance, membre des commandos d’élite du Palmach. Paru en France à l’automne dernier, 1948 (Fayard), revenait sur cette expérience, roman écrit par un homme au soir de sa vie, qui cherchait à retrouver ses yeux de jeune homme face à la violence infernale des combats, son incompréhension devant une action militaire dont il ne saisissait pas la cohérence, et à peine la finalité.

Après un détour par Paris, il s’installe, au tournant des années 1950, à New York. Là-bas, il accumule les petits boulots et peint, jusqu’à ce que se révèle sa vocation d’écrivain, ainsi qu’il le racontera dans Ma vie en Amérique (Fayard, 2005), évocation menée au rythme d’une improvisation de jazz de la New York des “fifties”, où l’on croise, avec l’auteur, Marlon Brando, Stanley Kubrick, Ginger Rogers, James Dean, Charlie Parker ou encore Billie Holiday…