Vivre ensemble : Azoulay prône le dialogue interreligieux


26/02/2015

Intervenant lors d’une rencontre organisée au siège de l’UNESCO à Paris, mercredi 25 février 2015, André Azoulay, membre fondateur du « Projet Aladin » pour le dialogue entre les cultures et les religions, a appelé à un dialogue interreligieux pour faire face à l’extrémisme violent.

André Azoulay, conseiller du Roi Mohammed VI, a mis l’accent sur l’importance du dialogue interreligieux pour lutter contre l’ostracisme et mettre en évidence les valeurs universelles, lors d’une conférence organisée mercredi soir au siège de l’UNESCO à Paris sous le thème « L’avenir du vivre ensemble face à la montée de l’extrémisme violent ». Cette rencontre a été initiée par le « Projet Aladin » pour le dialogue entre les cultures et les religions avec la participation de plusieurs personnalités d’Europe et du monde arabe.

A cette occasion André Azoulay a appelé les intellectuels et les représentants des différentes religions à « reconquérir la parole » en ce temps « d’archaïsme, de régression, de recul collectif, de fracture et de déni ».

Le moment est venu pour que nous partions à la reconquête de cette parole dans sa diversité en ce qui s’agit de l’essentiel, c’est-à-dire de la dignité partagée, de l’égalité, de la liberté et de la capacité des religions à dialoguer.

Membre fondateur du « Projet Aladin » lancé sous le parrainage de l’UNESCO en 2009, M. Azoulay a mis en exergue, dans ce sens, l’expérience de la ville d’Essaouira, qui accueille de nombreux événements culturels où judaïsme et islam se rencontrent et réfléchissent ensemble.

PRISE D’OTAGE DE L’ISLAM

Il a aussi relevé l’importance de s’opposer à la prise en otage de l’islam par une infime minorité d’extrémistes. « Quelle escroquerie que de voir associer l’islam à la terreur et au sang », a-t-il dit, appelant l’Occident à résister aux tentations d’amalgame et à s’ouvrir aux voix de la sagesse provenant du monde arabe.

De son côté, la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a indiqué que cette conférence vise à sensibiliser sur le phénomène de l’extrémisme et à relever l’importance de s’unir contre la violence et le terrorisme.

« Il ne s’agit pas d’une guerre entre les religions ou les civilisations mais d’une confrontation entre ceux qui croient en la coexistence dans la diversité et ceux qui pensent le contraire », a affirmé Mme Bokova, estimant que la réponse à l’extrémisme violent se fait par le rejet de l’intolérance et de la haine.

Elle a également appelé à construire des alliances plus fortes entre médias, intellectuels et acteurs des sociétés de différentes cultures pour défendre le vivre ensemble et promouvoir les valeurs universelles notamment à travers l’éducation.

Cette rencontre a connu la participation de plusieurs personnalités comme l’ancien président mauritanien et membre du Comité de parrainage du « Projet Aladin », Ely Ould Mohamed Vall, le président du Mémorial de la Shoah, Eric de Rothschild, le directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens, Moché Lewin et Bariza Khiari, sénatrice de Paris et administratrice du « Projet Aladin ».

Des hommes des médias et chercheurs du Moyen-Orient ont également pris part à cette conférence, dont Mansour Al-Nogaidan, directeur général du Centre Al-Mesbar pour les études et la recherche et Mohamed Al-Hammadi, rédacteur en chef du journal émirati Al-Ittihad.