Vincent Peillon veut des professeurs mieux formés pour enseigner la Shoah


27/01/2014

Vincent Peillon a annoncé que les professeurs seraient à l'avenir mieux formés et dotés de moyens pédagogiques renforcés pour enseigner l'histoire de la Shoah, sujet sensible dans les écoles. Pour le ministre de l'Éducation, "le meilleur rempart contre les préjugés qui conduisent au racisme et à l'antisémitisme, c'est l'instruction".

"Nous allons intensifier les formations autour de ces thèmes dans les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) et offrir davantage de ressources pédagogiques pour faire classe", a déclaré le ministre de l'Éducation nationale, en visite dans l'académie de Grenoble pour la Journée internationale de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité. "Je veux que les enseignants, dont certains se sentent un peu démunis face à ces questions, aient les moyens de transmettre les valeurs fondamentales de l'école de la République", a ajouté Vincent Peillon.

Au cours de son déplacement, le ministre a reconnu que depuis l'affaire Dieudonné, des tensions étaient apparues dans des établissements de centre-ville et de zones sensibles, "dans un nombre marginal". En janvier, deux lycéens du lycée Rosa-Parks de Montgeron, en banlieue parisienne, ont été placés en garde à vue pour avoir fait une "quenelle", ce geste de ralliement au polémiste Dieudonné qui se veut antisystème mais est souvent jugé antisémite, avant d'être exclus définitivement de l'établissement.

Transmission de la mémoire et des valeurs

En visite à l'école de Beauvallon de Dieulefit, village des Justes parmi les nations, le ministre a rappelé le rôle de la pédagogie dans la transmission de la mémoire et des valeurs aux plus jeunes. "On doit montrer à notre jeunesse que la France a su résister à des actes de racisme et de haine, que des professeurs ordinaires par leur acte de résistance ont sauvé des vies parfois au péril de la leur", a souligné Vincent Peillon.

Sous l'Occupation, plus d'un millier de personnes pourchassées par les Allemands, parmi lesquelles une majorité de Juifs et des enfants, ont trouvé refuge dans le pays de Dieulefit, dans la Drôme provençale. "Le meilleur rempart contre les préjugés qui conduisent au racisme et à l'antisémitisme, c'est l'instruction", a ajouté le ministre.

En France, l'enseignement de la Shoah est obligatoire dans les classes de troisième et de première ou terminale depuis la fin des années 1980. Depuis 1982, il peut être dispensé dès l'école primaire, généralement au CM2. La ministre déléguée à la Réussite éducative, George Pau-Langevin, devait, elle, participer lundi au ravivage de la flamme du Soldat inconnu, à Paris, avec des collégiens et d'anciens déportés.