Une table ronde à Casablanca met l’accent sur le patrimoine juif du Maroc


 

Une conférence organisée par le Projet Aladin, sous les auspices du ministère marocain de la Culture et dans le cadre du programme officiel de la Foire du Livre, a rassemblé des intellectuels marocains et français pour débattre des relations interculturelles entre l’Europe et l’Afrique du Nord dans le contexte géopolitique actuel. 

En partenariat avec l’éditeur marocain « La Croisée des Chemins », le Projet Aladin a organisé une conférence sur les relations interculturelles entre l’Europe et l’Afrique du Nord, mettant l’accent plus particulièrement sur les relations entre Juifs et Musulmans.

La conseillère culturelle française Laurence de Ganay a lu  un message de Jacques Chirac, ancien président de la République française et l’un des parrains du Projet Aladin. M. Chirac a salué l’engagement du Maroc et le Roi Mohammed VI pour « le rapprochement du monde musulman et du monde juif. » Il a également remercié le Projet Aladin dont les initiatives visent à rapprocher les peuples de différentes religions et cultures grâce à la traduction des livres et au partage des connaissances.

Le professeur Rachid Benmokhtar, Président de l’Observatoire national du développement humain, ancien ministre de l’Education et Président de l’Université Al Akhawayn, a présidé cette table ronde. Il a mis en avant le métissage culturel qui est souvent à l’origine de progrès considérables des cultures et civilisations : En Espagne médiévale par exemple, ou encore plus récemment, en France, où les cultures des anciennes colonies ont contribué de manière significative à l’enrichissement de la culture française. M. Benmokhtar a souligné également les dangers de la prédominance d’une vision monochromatique de la culture et ajouté qu’une société qui souhaite exploiter efficacement l’ensemble de ses potentiels, devrait miser sur la diversité culturelle et non l’effacer.

Anny Dayan-Rosenman, professeur de littérature à l’Université Paris VII et membre du conseil d’administration d’Aladin, a évoqué ses souvenirs de la vie des Juifs Casablanca. Elle a mentionné Une enfance juive en méditerranée musulmane, livre exposé pour la première fois à la Foire du livre par les éditions « La Croisée des Chemins ».

L’intervention du professeur Jamaa Baida, éminent historien et directeur des Archives nationales du Maroc, a porté sur l’importance de connaître l’autre, mais aussi de se connaître soi-même. Selon lui, il existerait de graves lacunes dans l’enseignement de l’histoire au Maroc. Les manuels devraient être révisés afin d’enseigner l’histoire et non la mémoire. Le professeur Baida a exprimé son inquiétude face à la montée de l’intolérance chez certaines personnes qui pensent avoir le monopole de la vérité : « Rien ne pourrait être plus dangereux ».

Jean Mouttapa, Président de la Commission des Livres du Projet Aladin, a expliqué les raisons du choix des livres traduits en arabe et en persan par le Projet Aladin.

L’auteur et psychanalyste, Jalil Bennani a également pris la parole, se référant à son dernier livre dans lequel il parle des relations judéo-musulmanes au Maroc.