Une cérémonie multiconfessionnelle pour les 71 ans du pogrom de Kielce


6 juillet 2017

VARSOVIE, Pologne – Juifs, chrétiens, musulmans et bouddhistes ont prié ensemble sur la tombe des victimes du pogrom de Kielce en 1946, pour commémorer les 71 ans écoulés depuis que des Polonais non juifs ont tué leurs 37 voisins juifs revenus à la maison après avoir survécu aux nazis.

« Nous sommes ici pour dire que nous nous souvenons et que nous ne laisserons pas de tels excès se produire à nouveau », a déclaré mardi Michal Sobelman, porte-parole de l’ambassade israélienne en Pologne, pendant une cérémonie organisée par la société Jan Karski, qui porte le nom d’une figure de la résistance polonaise qui a propagé les informations sur le génocide des Juifs d’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

La cérémonie a rassemblé des habitants, des religieux, dont l’imam Abdul Jabbar Koubaisy, secrétaire général de la Ligue islamique de Pologne, Michael Schudrich, grand rabbin de Pologne, et Michal Czernuszczyk, moine bouddhiste représentant Uji Mikolaj Markiewicz, moine et dirigeant spirituel du Centre Kannon Zen de Varsovie.

Des élèves des écoles de Kielce, ville du centre de la Pologne située à environ 185 kilomètres de Varsovie, ont lu les noms des victimes pendant la cérémonie, organisée près du bâtiment où le pogrom a eu lieu. Ils ont aussi chanté une berceuse en yiddish, dédiée aux enfants assassinés. Trois personnes non juives ont égaiement été tuées pendant le pogrom.

Jan Karski (Crédit : © Carol Harrison)

Schudrich a remercié les jeunes, soulignant que la nouvelle génération lui donnait « beaucoup d’espoir ».

D’autres commémorations avaient été organisées par la municipalité. A midi, le maire de Kielce, Wojciech Lubawski, et un représentant du président polonais Andrzej Duda ont déposé une gerbe de fleurs devant une maison où a eu lieu le pogrom.

« Des personnes innocentes ont été tuées, et c’est notre devoir de nous en rappeler », a dit Lubawski à la presse.

Le pogrom a eu lieu en juillet 1946, quand 200 Juifs, dont beaucoup étaient d’anciens habitants de Kielce, sont revenus des camps de concentration nazis, de l’Union soviétique et d’autres endroits où ils avaient trouvé refuge. La ville avait été vidée de ses Juifs par les nazis pendant la Shoah.

Le pogrom avait été déclenché par une rumeur, basée sur une fausse information, selon laquelle les habitants juifs de la ville avaient enlevé un enfant chrétien. Une foule a attaqué les survivants de la Shoah qui vivaient dans un bâtiment de la rue Planty.

Des organisations polonaises de droite ont demandé à l’Institut polonais de la commémoration nationale d’ouvrir une enquête sur le pogrom, qui, selon elles, n’est pas antisémite.