Un rapport sur la Foire de Livre de Téhéran


Après le Caire, c’est cette année à Téhéran que s’est tenue la grande Foire Internationale du Livre: 5,5 millions de visiteurs ont assisté à l’évènement qui s’est étalé sur dix jours au printemps dernier, et auquel étaient présents plus de 3000 éditeurs nationaux et internationaux venus de 80 pays différents, faisant de cette foire littéraire la plus grande du Moyen Orient. Dans le même temps, la Foire a acquis une autre distinction : celle d’être la plus grande exposition de littérature antisémite au monde.

Le Projet Aladin a répertorié 161 livres au contenu fortement antisémite publiés depuis 2005 et présentés à la Foire Internationale du Livre de Téhéran en Mai de cette année.

Ces livres vont des nouvelles éditions des Protocoles des Sages de Sion, à la littérature négationniste en passant par des travaux ayant trait à la prétendue domination que les juifs exerceraient sur la finance mondiale et la politique américaine. Certains sont même le produit direct du gouvernement, citons parmi eux  « Les Juifs, le Sionisme et l’Holocauste » un manuel scolaire publié par le Ministère de l’Education à l’usage des écoles. Au stand du Bureau Présidentiel était présenté l’ouvrage intitulé « La Mort d’un Mythe : Le Point de Vue du Président Ahmadinedjad sur l’Holocauste ».

Bien que les éditeurs privés soient déjà très actifs sur ce terrain, le gouvernement et les institutions reliées à l’Etat, tels que l’Institut d’Etudes et de Recherche Politiques ou encore  le Centre de Documentation de la Révolution Islamique, restent les producteurs et exportateurs de littérature antisémite les plus prolifiques en Iran. Plusieurs de ces livres antisémites ont été traduits en arabe et en d’autres langues du monde musulman par des organisations affiliées à l’Etat et distribués à des bibliothèques et librairies partout dans le monde.

La liste, qui comprend les titres, auteurs, éditeurs et années de publication des livres n’est en aucun cas exhaustive. Il a été pris grand soin de n’incorporer à cette liste que les livres au contenu profondément antisémite, alors que des centaines de livres dans lesquels apparaissent de manière marginale des propos antijuifs ont été écartés. Il en va de même pour les livres qui faisaient une critique d’Israël sans antisémitisme. De plus, seuls les livres écrits en langue persane ont été listés, mais de nombreux ouvrages de la même teneur ont été présentés par les éditeurs iraniens et arabes en langue arabe.
La version traduite en persan de « Mon réveil »  du suprématiste et ancien leader du Ku Klux Klan, était l’un des nombreux livres écrits par des négationnistes occidentaux présentés à la Foire. On pouvait aussi y trouver les travaux de Robert Faurisson, Roger Garaudy et Mark Weber.

Selon un site web conservateur basé à Téhéran, Tabnak, « des inspecteurs spécialisés du Ministère de la Culture »auraient exclu de nombreux livres de la Foire, y compris « tous les livres sur l’Holocauste ». Les livres négationnistes n’ont, en revanche, clairement pas fait l’objet de cette exclusion.
 
Malgré le nombre impressionnant de visiteurs l’ambiance n’était pas au rendez-vous, nous apprend Ursula Holpp, chargée du Stand allemand à Téhéran. Par ailleurs, l’Association des Ecrivains d’Iran déclare qu’un nombre de Maisons d’édition iraniennes de premier plan n’ont pas été autorisées à avoir un stand à la foire.

Une liste de 161 livres antisémites.