Comme dans la plupart des civilisations, les pratiques musicales juives sont d'abord d'usage liturgique.
Avec parfois des anathèmes contre son usage profane de la part de certains prophètes, tel Isaïe. Dans le Temple de Jérusalem, on jouait de la lyre ; de la cithare ; et des cymbales. Le shofar, corne de bélier dont la sonnerie ordonnancée rythme un moment symbolique important dans les rituels juifs, est lui mentionné dès le récit de la Révélation au mont Sinaï. Des psaumes, généralement attribués à David et à ses chantres ('hazzanim), formaient la part majeure de la liturgie du Premier Temple. À l'époque du Second Temple, on pratiquait trois formes de chant liturgique : la psalmodie, la cantilation, le récitatif. La littérature rabbinique contient nombre de déclarations restreignant l'usage de la musique. Mais l'immuabilité du dogme étant étrangère au judaïsme, la vie se charge de franchir ces limitations.
Il est admis que l'on peut jouer de la musique s'il s'agit d'une mitzvah, comme se réjouir à un mariage. Puis plus tard de nouvelles prières poétiques, les piyyoutim, chantées par des chantres-poètes ou payatim, sont créées et jointes à celles du rituel.
De ce double mouvement originel se développent ultérieurement musiques religieuses et profanes, instrumentales ou chantées. Au fil du temps, les musiques juives connaissent deux destinées disjointes se faisant toutefois écho. Une destinée "savante", une autre "populaire". Une cérémoniale, l'autre festive.
Tandis que les chantres interprétent les chants les plus solennels, les instrumentistes, comme les kleizmorim dans le monde ashkénaze, animent les mariages et les fêtes de réjouissance.



