Succès de la conférence internationale organisée par le Projet Aladin et l’Université Bahcesehir sous l’égide de l’UNESCO


 

Pour la première fois, lors de la conférence internatioanle qui s’est tenue le 19 avril 2012 à l’Université Bahçeşehir, des personnalités éminentes telles que Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO ; Samuel Pisar, survivant d’Auschwitz et ambassadeur honoraire de l’UNESCO pour l’enseignement de la Shoah ; Enver Yucel, Président du Conseil d’administration de l’Université Bahcesehir ; Professeur Ilber Ortayli, Président du Musée de Topkapi ; Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin ;  André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc et Président de la Fondation Anna Lindh ; Ambassadeur Ertan Tezgor, représentant du Ministère turc des Affaires étrangères ; Zülfü Livaneli, Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO ; le Grand-Rabbin René Samuel Sirat, fondateur de la Chaire UNESCO pour la connaissance réciproque des religions du Livre  et Francis J. Ricciardone, l’Ambassadeur des Etats-Unis en Turquie se sont jointes aux historiens turcs, américains et israéliens pour mettre en lumière une histoire peu connue.

Lors de la séance d'ouverture de la conférence, devant un public d’intellectuels, d’universitaires et d’étudiants ainsi que des représentants du corps diplomatique, le Professeur Senay Yalcin, Recteur de l’Université Bahcesehir et Abe Radkin, Directeur exécutif du Projet Aladin, ont remercié les illustres personnalités ayant accepté leur invitation à participer à ce colloque inédit. Abe Radkin a rappelé que l’idée de l’organisation de cette conférence avait été abordée pour la première fois dans l’avion qui amenait près de 200 personnalités du monde entier d’une visite historique aux camps nazis d’Auschwitz-Birkenau le 1er février 2011.

Pour sa part, Sami Herman, Président de la Communauté juive, a rendu hommage aux diverses initiatives que le Projet Aladin a menées en Turquie afin de faire connaitre l’histoire de la Shoah et encourager les rapprochements interculturels.

Enver Yücel, Président du Conseil d’administration de l’Université Bahcesehir, a indiqué la volonté constante de cette institution à contribuer à la paix dans le monde. «L'idée d'organiser cette conférence a émergé de ce but. En tant qu’université, nous voulons contribuer aujourd'hui à l’apprentissage et l’enseignement du passé et préparer l'avenir par l’éducation d'aujourd'hui. Cette conférence a eu lieu afin de montrer notre respect à tous ceux qui ont contribué à l'humanité, la paix et de la science. »

La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a salué les efforts de l’Université de Bahcesehir pour avoir « largement contribué à l'universalité et la liberté de la science en ouvrant ses portes à cette conférence. »

« L’UNESCO est fière de s’associer à l’Université Bahçeşehir d’Istanbul et au Projet Aladin pour l’organisation de cette conférence », a-t-elle ajouté. « Cet exemple nous montre qu’un travail authentique d’exploration et de compréhension de l’Histoire peut être un moyen de guérir les blessures du passé et de réconcilier les peuples et les sociétés avec leur mémoire.»

Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin, a souligné l’importance de l’éducation et le transfert des connaissances comme les piliers de toutes les actions menées par son organisation. Tout en remerciant des dizaines d’éminents universitaires, intellectuels et journalistes turcs qui se sont associés aux diverses initiatives du Projet Aladin en Turquie, elle s’est réjouie de l’impact impressionnant de la diffusion de « Shoah » de Claude Lanzmann à la télévision nationale turque et a appelé à la création d’un département des études juives en Turquie.

André Azoulay, pour sa part, a félicité les dirigeants de l’Université Bahcesehir d’avoir accepté d’organiser cette conférence importante en partenariat avec le Projet Aladin. Pour lui, l’accueil chaleureux réservé à ces universitaires juifs en Turquie quand l’Europe dominée par les nazis, chassait les Juifs partout, reflétait ce qui se passait aussi dans d’autres parties du monde musulman, et notamment au Maroc où beaucoup de Juifs fuyant le nazisme avaient trouvé refuge.

Le grand chanteur et compositeur, romancier, éditorialiste et réalisateur turc, Zülfü Livaneli, a félicité le président Enver Yücel d’avoir organisé ce colloque « car il a permis une importante mise en valeur de cette page longtemps oubliée de l'histoire et sa diffusion à un public important à la fois national et international. » Son roman, Serenad (Le Sérénade), basé pour une partie sur la vie de plusieurs de ces universitaires juifs, a été vendu  à plus de 200,000 exemplaires et, est devenu un best-seller en Turquie.

« Ces scientifiques ont énormément aidé la Turquie. Plus tard, certains ont été récupérés par les universités américaines, mais pourtant, certains ont préféré rester et être enterrés dans ce pays, qu'ils considéraient comme leur seconde patrie », a-t-il affirmé.

L’ambassadeur Francis Ricciardione a exprimé le soutien ferme de son gouvernement aux objectifs de la conférence, tout en saluant la coopération fructueuse entre le Projet Aladin et l’Université Bahcesehir.

Samuel Pisar, survivant de la Shoah et envoyé spécial de l’UNESCO pour l’enseignement de l’Holocauste, a conclu la première séance de la conférence avec un discours émouvant rappelant à la fois « les liens historiques entre les Juifs et les Turcs » et le sort des Juifs européens sous le nazisme. Il a rendu hommage aux victimes et résistants juifs face à la barbarie nazie, en notant que la conférence a eu lieu le jour de l’anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie le 19 avril 1943, marqué dans le calendrier hébraïque comme Yom Ha Shoah. Il a fait part de sa conviction que « l’amitié historique entre les Juifs et les Turcs est trop importante pour être oubliée ou affaiblie et aujourd’hui, plus que jamais, ces liens d’amitiés doivent être renforcés. »