SAR le Prince El Hassan Ben Talal de Jordanie et le journaliste Jean Daniel reçoivent à Marrakech le Prix Averroès


 

16/11/2013

Son Altesse Royale le Prince El Hassan Ben Talal de Jordanie et M. Jean Daniel, PDG du “Nouvel Observateur”, ont reçu samedi le Prix Averroès, une distinction internationale décernée à des personnalités méditerranéennes dont l’oeuvre et l’action s’inscrivent dans la filiation du Grand penseur de Cordoue.

 La cérémonie qui s'est déroulée en présence de André Azoulay, conseiller de S.M. le Roi, du ministre de l'Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, d'ambassadeurs accrédités au Royaume, du wali de la région et des représentants des autorités locales, et les initiateurs de cette distinction qui se veut une promotion d'un nouvel humanisme en Méditerranée inspiré des valeurs véhiculées par cette figure emblématique de la pensée arabo-islamique de l'Andalousie du XIIe siècle.

Intervenant à cette occasion, Azoulay a relevé que cette distinction est pleine de sens au vu de la carrière, de l'œuvre et de l'humanisme des deux personnalités distinguées par le Prix Averroès, qui est aussi un hommage à ce pionnier de la pensée arabo-islamique qui a su conjuguer la foi et la raison. Après un vibrant hommage à SAR le Prince El Hassan Ben Talal de Jordanie et Jean Daniel, Azoulay a souligné qu'en ces temps de fracture et de régression, il y'a grand besoin de relire et revisiter l'œuvre d'Averroès et celle d'Ibn Maimoun, porteur d'une même vision et même philosophie envers le judaïsme. 

De son côté, SAR le Prince El Hassan Ben Talal s'est félicité de cette initiative qui a, pour objectif, de se ressourcer dans la pensée d'Averroès pour renouveler la culture arabo-islamique et se prémunir des périls du repli, de l'intolérance et de l'exclusion. S'inspirer de l'œuvre et la pensée du grand savant et philosophe de Cordoue permettra à la culture arabo-islamique de faire triompher la raison, l'ouverture sur l'autre, la tolérance et le refus de toutes les formes de l'extrémisme, a-t-il dit.

Ce Prix Averroès, qui a été un trait d'union entre Orient et Occident, est un appel à promouvoir le dialogue entre les deux rives de la méditerranée, a-t-il souligné, appelant à une «nouvelle charte morale» pour de meilleures relations entre les civilisations, les religions et les cultures. 

Pour sa part, Jean Daniel s'est dit très ému par cette distinction et la symbolique de ce Prix qui se réfère à Averroès, un homme libre, un grand humaniste qui a marqué son époque par sa philosophie et sa pensée qui ont constitué l'un des premiers ponts de dialogue et d'ouverture entre l'Orient et l'Occident. Et d'exprimer son attachement au Maroc où il a eu l'honneur de s'engager en faveur de l'émancipation du joug du colonialisme pour être ensuite, dans l'exercice de son métier de journaliste, le témoin de l'évolution du Royaume sous le règne de trois Rois.

Les initiateurs du Prix Averroès, le président de l'Université de Cadi Ayyad, Abdellatif Miraoui, le recteur de l'université de de Cordoue (Espagne), José Manuel Nogueras et le directeur de l'Observatoire méditerranéen (Italie), Mohamed Nadir Aziza, ont évoqué l'esprit de cette initiative et assuré que le choix de ces deux personnalités illustre parfaitement son objectif au vu de leur remarquables carrières et leur contribution à des idéaux tant souhaité pour un espace méditerranéen ouvert et convivial.

Pour ces valeurs que représente cette figure emblématique de la pensée arabo-islamique du XIIe siècle, il ne peut se trouver meilleure référence pour primer des personnalités qui ont contribué à promouvoir un nouvel humanisme autour des deux rives de la méditerranée, ont-ils convenu de souligner.

SAR le Prince El Hassan Bin Talal, né le 20 mars 1947, est le plus jeune fils de feu SM le Roi Talal et de la Reine Zin El Sharaf et frère de feu SM le Roi Hussein. Diplômé de la prestigieuse Université Oxford, SAR El Hassan Bin Talal compte à son actif une prestigieuse et prolifique carrière. Il a initié, fondé et s'est impliqué dans de nombreux instituts et comité jordaniens et internationaux, dont la société scientifique Royale, le Forum de la pensée Arabe, le Conseil supérieur pour la science et la technologie et l'Institut royal des études inter-religieuses. Sur la scène internationale, de nombreuses idées et initiatives de SAR le Prince El Hassan Ben Talal ont joué un rôle de catalyseur des décisions et résolutions internationales.

Lors de la 36 eme session de l'Onu en 1981, SAR le Prince El Hassan Ben Talal avait proposé la création d'un «nouvel ordre humanitaire international» qui a conduit à une demande formulée par le SG de l'Onu pour fonder et co-présider la Commission indépendante sur les questions humanitaires internationales. Le rapport final de la commission a été adopté en tant que résolution à la 42e session de l'assemblée générale de l'Onu.

SAR le Prince El Hassan Ben Talal est président et membre de plusieurs comités et organisations internationales. Il est notamment impliqué dans une question de grande actualité pour la Communauté internationale à travers son poste de président du Conseil consultatif du secrétaire général des Nations unies sur l'Eau (UNSGAB). 

Né en 1920, Jean Daniel, directeur de rédaction et fondateur du «Nouvel Observateur» est un grand nom du journalisme français. Après des études en Philosophie à la Sorbone, il occupe à 26 ans le poste d'attaché au cabinet du chef du gouvernement français Félix Gouin.

En 1947, Jean Daniel fonde la revue «Caliban» qui se veut une revue de vulgarisation intellectuelle de haute tenue. S'imposant au poste de rédacteur en chef, il y fait collaborer des écrivains de renommée. Sa rencontre avec Albert Camus a marqué profondément sa carrière de journaliste. Jean Daniel intègre le «Nouvel Observateur» dès sa création en 1964 et demeure fidèle à la rédaction de cet hebdomadaire de centre-gauche. Il est l'auteur de plusieurs essais sur la géopolitique et les questions religieuses et des ouvrages sur des personnalités qui ont marqué la vie intellectuelle française. 

Le journaliste Jean Daniel a été fait récemment Grand Officier de la légion d'honneur, l'une des plus hautes distinctions de la République française.

Initié par les trois partenaires, le Prix Averroès entend distinguer deux penseurs contemporains, un de la rive Nord et un deuxième la rive Sud de la Méditerranée, qui se situent dans la filiation intellectuelle du grand penseur de Cordoue. Le Prix est une reconnaissance de l'œuvre et de l'action des lauréats qui seraient une contribution majeure et actuelle à l'élaboration d'un nouvel humanisme pour le XXIe siècle en Méditerranée et au-delà.