Qui en veut au " Journal " d'Anne Frank au Japon ?


25/02/2014

Selon le directeur du Conseil des bibliothèques du Japon, Satomi Murata, 265 exemplaires du "Journal" d'Anne Frank ont été vandalisés à Tokyo ces dernières semaines. Au moins cinq arrondissements sur les vingt-trois que compte la capitale ont été touchés. Les autres bibliothèques municipales auraient retiré leurs ouvrages par précaution, de peur qu'il ne s'agisse d'un mouvement planifié.

« Le périmètre géographique dans lequel les actes ont été commis suggère fortement une organisation et un effort particulier pour porter atteinte à la plus célèbre enfant juive sur les 1,5 million tués par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale », note l'organisation des Droits de l'Homme juive japonaise Simon Wiesenthal Center dans un communiqué. Le doyen de l'association note : « Anne Frank est étudiée et respectée par des millions de Japonais. Seules des personnes haineuses et intolérantes auraient pu vouloir détruire les mots courageux d'Anne »

Pour le moment, aucun groupe n'a revendiqué les actes de vandalisme sur ces ouvrages. Depuis l'arrivée au pouvoir du premier ministre Shinzo Abe, en 2012, l'AFP note une augmentation des déclarations révisionnistes sur le passé militariste du Japon dans les années 30. Le chef d'Etat a, lui-même, suscité la polémique en se rendant à plusieurs reprises au sanctuaire de Yasukuni où sont honorés des militaires morts pour le Japon. Ce temple shintoïste souffre d'une mauvaise réputation à l'étranger depuis l'inscription en 1978 des noms de 14 criminels de guerre, condamnés après 1945 par les Alliés. 

Le vandalisme à l'encontre des livres d'Anne Frank, figure de la déportation des juifs durant la Seconde Guerre mondiale, fait craindre une escalade du révisionnisme et de l'antisémitisme au Japon. Un groupe américain de représentation des communautés juives a demandé l'ouverture d'une enquête de police pour connaître les motifs des auteurs de ces actes.