Un grand dîner à l’Assemblée nationale met en lumière les réalisations du Projet Aladin


Un grand dîner à l’Assemblée nationale met en lumière les réalisations du Projet Aladin

Plus de 350 personnalités de France, d’Allemagne, des Etats-Unis, d’Espagne, de Suisse, de Turquie, du Maroc, de Jordanie, d’Israël, d’Egypte, de Tunisie, du Liban, d’Iran, du Sénégal et de Mauritanie se sont rassemblées dans les renommés salons de l’Assemblée nationale lundi 5 novembre pour célébrer les réalisations du Projet Aladin et soutenir ses principaux objectifs,  l’éducation à la Shoah et une culture de paix, le rapprochement interculturel et de meilleures relations entre Juifs et Musulmans sur la base de la connaissance mutuelle.

Le Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a présidé le premier dîner de gala du Projet Aladin, au cours duquel d’éminents dirigeants de France, d’Afrique et du Moyen-Orient sont intervenus en parlant de la nécessité de construire plus de ponts entre les cultures, religions et civilisations à l’heure où les tensions interethniques et interreligieuses s’intensifient au Moyen-Orient et en Europe.

Sur invitation de la Présidente du Projet Aladin Anne-Marie Revcolevschi et du Président du Fonds Aladin David de Rothschild, des personnalités politiques et des députés de tous bords politiques en France ont rejoint des dirigeants économiques, religieux et de la société civile, des ambassadeurs et des diplomates de différents pays afin d’envoyer un message univoque : une harmonie durable dans nos sociétés du XXIe siècle ne peut être atteinte qu’à travers la connaissance et le respect de l’Autre.


 

Précédant le dîner, avec le soutien de l’ancien Chancelier allemand Gerhard Schröder, David de Rothschild, André Azoulay et Samuel Pisar, la Vice-Présidente du Sénat Bariza Khiari a présidé une réunion de plus de cinquante grands décideurs économiques d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique pour lancer les « Entrepreneurs pour la Paix et le Rapprochement interculturel « , un rassemblement informel de chefs d’entreprise qui souhaitent contribuer à la promotion de la paix et de la tolérance dans différentes régions du monde. Parmi ceux présents se trouvaient Othman Benjelloun, PDG de la banque marocaine BMCE ; Abderrahmane Bennani-Smires, PDG du groupe Holinco et ancien Président de la Confédération générale des entreprises du Maroc ; Xavier Guerrand-Hermès, Serge Dassault, et des hauts représentants de Lafarge, Alstom, Publicis, Eutelsat, Randstad, One Point Group, pour ne citer que quelques entreprises.

Parmi les personnalités françaises présentes se trouvaient notamment Yamina Benguigui, Ministre déléguée à la francophonie ; Bariza Khiari, Vice-présidente du Sénat ; Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de Paris ; Édith Cresson, ancienne Premier ministre ; Jean-Pierre Chevènement et Catherine Colonna, anciens ministres ; Samuel Pisar, rescapé de la Shoah et Ambassadeur honoraire de l’UNESCO ; les chasseurs de nazis Serge et Beate Klarsfeld ; le réalisateur Claude Lanzmann ; l’académicien Pierre Nora ; les personnalités et responsables médias Simone Harari, Jérôme Clément, Gérard Sebag, Serge Moatti et Régis Guyot, Président du comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Claude Chirac représentait son père, le Parrain du Projet Aladin et ancien Président de la République Jacques Chirac.

Les dirigeants religieux présents étaient le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, l’ancien Grand Rabbin de France René-Samuel Sirat et le Président du Consistoire central Joël Mergui, et parmi les nombreux imams et intellectuels musulmans l’on pouvait voir Anouar Kbibech, secrétaire général du Conseil français du culte musulman, les recteurs et recteurs adjoints des Grandes Mosquées de Paris, Lyon et Bordeaux, Djelloul Seddiki, Kamel Kabtane et Tareq Oubrou, la « Conférence des Islams de France » avec leur Président Hassan Chalghoumi, ainsi que l’intellectuel et philosophe Ghaleb Bencheikh.

De nombreuses personnalités sont venues de l’étranger pour participer à cet événement, comme le Ministre délégué des Affaires européennes de Turquie Alaattin Büyükkaya, à la tête d’une délégation comprenant plusieurs ambassadeurs et hauts fonctionnaires, comme l’ancien Président de Mauritanie et Parrain du Projet Aladin Ely Ould Mohamed Vall ; André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc et Président de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh ; le député ukrainien et Président du Forum interreligieux de Kiev, Oleksandr Feldman ; et l’Ambassadeur Ertan Tezgor, chef de la délégation turque au Groupe d’action internationale sur la Shoah. 

Sami Herman, le Président de la communauté juive de Turquie, et Jack Mahfar, un dirigeant de la communauté juive iranienne en diaspora, sont aussi venus à Paris pour cette manifestation, ainsi que le docteur Aly El-Samman, Président d’honneur du Comité égyptien pour le dialogue interreligieux ; Enver Yucel, Président de l’université Bahcesehir d’Istanbul ; et Osman Kavala, Président de l’ONG turque Anadolu Kultur.

Le corps diplomatique était également bien représenté, avec l’Ambassadeur jordanien Dina Kawar, l’Ambassadeur tunisien Adel Fekih, l’Ambassadeur israélien Yossi Gal, l’Ambassadeur du Bahreïn Nasser Albelooshi, l’Ambassadeur irakien Fareed Yasseen, le chargé d’affaires turc ad interim Refik Ali Onaner, le chargé d’affaires marocain Riad Ramzi et d’autres hauts diplomates du Qatar, des Etats-Unis et du Canada.

La Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova, en déplacement au Japon, avait demandé au Sous-directeur général Eric Falt de la représenter afin de marquer le soutien ferme et continu de son organisation pour le Projet Aladin. Plusieurs diplomates de l’UNESCO, y compris l’Ambassadeur américain David Killion et l’Ambassadeur turc Gurcan Turkoglu, étaient également présents.

« Il est devenu urgent pour nous de prendre position »

Dans son discours d’ouverture, le Président de l’Assemblée nationale a souligné l’importance de nous unir dans la lutte contre l’antisémitisme et le racisme et a salué le succès du Projet Aladin dans le rassemblement de tant de personnes de cultures différentes.

Le discours de la sénatrice Bariza Khiari a été reçu avec un tonnerre d’applaudissements et ressemblait à un manifeste contre l’extrémisme islamiste de la part d’une Française musulmane pratiquante et moderne. « Il est devenu urgent que les Musulmans de France, à l’instar des organisations religieuses, mais aussi les imams des quartiers s’expriment pour marquer clairement leur refus de l’antisémitisme. », a-t-elle dit.

En parlant des extrémistes, la sénatrice Khiari a ajouté, « leur violence  et leur barbarie sont non seulement un crime moral mais un contresens historique. Ceux qui, au nom d’un soit disant Islam des origines, refusent l’émancipation des femmes, pire violent leurs droits les plus élémentaires, profanent des synagogues et des églises, détruisent des mausolées de saints musulmans, brûlent des bibliothèques, témoignent d’une volonté délibérée d’effacer les symboles de l’âme d’un Islam tolérant et ouvert. »

Le futur du Projet Aladin

Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin, s’est concentrée sur les objectifs et projets futurs de l’association, en rappelant que « le principal fléau auquel nous sommes toujours confrontés, ici, là-bas, c’est l’ignorance, mère de tant de drames : le racisme, l’antisémitisme, la violence, l’oppression. Aussi est-ce à cette ignorance que, de façons différentes, tous nos projets tentent de répondre. »

En présentant le programme pour 2013, elle a mis l’accent sur la jeunesse, avec une université d’été internationale et des livres sur l’histoire partagée des Juifs et des Musulmans. Elle a annoncé que d’éminents dirigeants religieux du Christianisme, de l’Islam et du Judaïsme ont accepté de participer à « Connaître la religion de l’Autre », un programme qui cherche à familiariser de jeunes étudiants en théologie aux éléments de base des autres religions monothéistes. Elle a également dévoilé la première initiative du Projet Aladin en France, la formation d’enseignants en coopération avec le ministère de l’Education sur les thèmes de l’histoire de l’immigration et celle de l’antisémitisme, afin de leur donner les moyens d’encourager les jeunes à ne pas céder à l'intolérance et à construire des ponts entre les cultures. 

« L’antisémitisme est un crime contre l’humanité »

Dans un discours qui dénonçait avec la plus grande fermeté l’antisémitisme et le racisme, le Ministre délégué des Affaires européennes de Turquie, Alaattin Büyükkaya, a dit que « nous ne pouvons tolérer l’antisémitisme et le racisme sous aucune forme », après avoir rappelé que son gouvernement considère l’antisémitisme un « crime contre l’humanité ».

En réfutant le « choc des civilisations » de Samuel Huntington, Dr Büyükkaya a noté que « de la même manière que l’information et les valeurs sont devenues globales, la haine, la peur et l’intolérance le deviennent aussi ».

En remarquant qu’en 2025, les Musulmans représenteront 10% de la population de l’Union européenne, il a appelé l’Europe à chercher des solutions stratégiques pour s’occuper de la diversité grandissante de sa population et ajouta que l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne « ferait entendre un message clair pour le monde que les religions et civilisations différentes peuvent vivre ensemble en paix ».

 

                

« Le négationnisme est un péché »

Après une introduction par l’Ambassadeur jordanien Dina Kawar, qui a dit au public à quel point le Prince Hassan aurait aimé être parmi eux pour cet événement, le message vidéo du Prince fut diffusé, dans lequel il rejetait vivement le négationnisme comme un péché.

« Ce qui s’est passé dans ces camps était le Mal suprême », prononça le Prince. « La question du négationnisme n’en est pas seulement une du souvenir des millions qui ont péri. C’est un impératif psychologique, spirituel et moral que d’accepter et de considérer la terreur que l’Homme a été capable d’infliger à son prochain pendant cette période. Les leçons de la Shoah sont difficiles à accepter mais sont universelles – elles doivent faire partie intégrante de nos mémoires collectives, de notre histoire. »

Après un exposé incitant à la réflexion sur les relations judéo-musulmanes à travers les siècles et les défis actuels posés par le conflit israélo-palestinien, le Prince a conclu avec un vibrant plaidoyer adressé aux intellectuels juifs et musulmans pour qu’ils corrigent « le mythe et la malice qui entourent ce sujet, car en vérité, ce qui s’est passé dans les années quarante, ce sont des dures leçons pour nous tous. »

« Pourquoi nous avons tous besoin du Projet Aladin »

Dans un discours très applaudi, l’ancien Président de Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall, a remarqué que dans les trois ans et demi depuis son lancement, le Projet Aladin a franchi d’importantes étapes, mais qu’un succès en particulier se démarque : en rassemblant tellement d’éminents Musulmans pour dénoncer le négationnisme, le Projet Aladin a contribué à établir une situation où l’on ne voit plus la négation de la Shoah dans le discours officiel des dirigeants de pays musulmans.

Venant d’un des pays les plus touchés par les agressions incessantes de fanatiques islamistes dans le Sahara, le Président Vall a condamné cette idéologie comme « en contradiction avec la nature et (…) contraire à l’esprit même » de l’Islam.

« Ce que nous observons dans la zone Sahélo-saharienne est une transgression des enseignements de l’Islam et une atteinte à la coexistence pacifique des Musulmans entre eux et avec les autres peuples dans une région qui, à l’origine, était un havre de paix et de sérénité et un espace de bon voisinage et d’hospitalité vers lequel convergeaient les voyageurs de toutes parts ; un espace d’ouverture, de tolérance et de libre échange ; un espace où l’Islam, le Christianisme et le Judaïsme cohabitaient sans problème depuis des siècles car la liberté de croyance y était garantie. »

Il dit que la lutte contre l’extrémisme requiert des efforts conjoints et soutenus ; dans le long terme, il ne peut être vaincu que par l’éducation. « C’est pourquoi tout le monde doit soutenir (…) le Projet Aladin qui nous réunit ce soir [et qui] constitue un exemple d’école réussi d’ouverture, de la communication et du partage », le meilleur remède au fléau de l’extrémisme.

« Tous unis contre l’intolérance ! »

Malheureusement retenu par le décès de sa mère, Gerhard Schröder écrit dans son discours, dont des extraits furent lus pendant la cérémonie : « Le Projet Aladin travaille pour des relations respectueuses, dignes et surtout pacifiques dans et entre nos sociétés. Nous voulons que des gens d’origines diverses, de langues différentes et d’horizons religieux différents puissent partager un avenir commun et vivre en paix. (…) La tolérance, la compréhension mutuelle et la réconciliation – telle est notre mission ! Et c’est une mission importante, [car ici,] au début du XXIe siècle, (…) nous sommes confrontés à un grand défi, peu importe où nous vivons, travaillons et faisons de la politique : la montée de l’intolérance. »

          

« Aladin a besoin de notre soutien »

En conclusion, David de Rothschild a remercié le Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone d’avoir accueilli le premier dîner de gala du Projet Aladin, ainsi que les nombreuses personnalités qui ont assisté à cet événement afin de montrer leur soutien à cette initiative. Il dit que le monde entrepreneurial a un très grand rôle à jouer dans la société, parce qu’il y a des secteurs tels que la recherche médicale, les arts, le dialogue interculturel où de bons projets et idées ont toujours besoin de plus de fonds qu’ils n’en disposent afin d’être réalisés. Il a remercié tout particulièrement la Présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi, et le Directeur exécutif Abe Radkin, en soulignant les impressionnantes réussites dans un délai très court d’un si petit nombre de personnes qui travaille dans l’association. Il conclut en invitant tout le monde à lire les documents sur les différents projets qui sont à mener et de décider si et comment ils souhaiteront participer à leur réalisation.

         

Discours de Madame Anne- Marie REVCOLEVSCHI
Discours de Madame  Bariza KHIARI,  Vice-Présidente du Sénat
Discours  de Monsieur Ely Ould Mohammed Vall, ancien président de Mauritanie
Message de l’ancien chancelier Gerhard Schröder
Discours de Son Altesse Royale, le Prince El Hassan bin Talal de Jordanie