Première université d'été sur l'enseignement de la Shoah


12/07/16

c Une soixantaine de professeurs de lycées et de collèges, pour la plupart qui enseignent l'histoire-géographie et issus des académies de Toulouse, Bordeaux et Montpellier, suivent ce séminaire sur trois jours (hier, aujourd'hui et demain) au lycée Saint-Sernin à Toulouse. «L'idée de cette université d'été, c'est d'une part, une mise à niveau des enseignants dans leurs recherches historiques, confie Jacques Fredj, directeur du Mémorial de la Shoah. Aujourd'hui, aux quatre coins du monde, il y a une thèse, un ouvrage qui viennent approfondir les connaissances. L'intérêt, c'est donc de mettre à jour ces connaissances, et aussi en fonction du programme scolaire, de bien s'attacher à dégager les choses importantes.»

Aborder la question à partir de 39-45, de 1933-1950 ou évoquer l'histoire de l'antisémitisme depuis un siècle, les questions que se posent les enseignants sont nombreuses sur la Shoah. Certains profs ont à cœur de se documenter en amont. «On réfléchit davantage à partir des thématiques actuelles surtout depuis deux ans avec les attentats, assure cette enseignante de Foix (Ariège) qui a déjà fait des échanges avec le Mémorial et un voyage d'étude à Auschwitz (Pologne). Ensuite, on insiste sur la position de l'historien qui cherche à comprendre et à mettre une certaine distance par rapport aux événements». «Pour pouvoir bien enseigner la Shoah, il faut pouvoir bien la connaître et je pense que la grande difficulté que l'on rencontre nous autres enseignants, c'est que nous avons une formation assez généraliste, explique Stéphane qui enseigne à Bordeaux. Sur des questions très pointues, nous avons quelques lacunes. Cette université d'été permet d'avoir une plus grande ouverture, de croiser des collègues qui expérimentent des activités pédagogiques intéressantes. On s'inspire de la pensée des Lumières qui est de toujours chercher la raison dans un monde où les thèses complotistes s'accumulent.»