Participation du Projet Aladin au Colloque : «Illusions, souffrances, résistances – La Tunisie sous l’occupation allemande (novembre 1942 – mai 1943)»


La présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi, s’est rendue le 29 décembre dernier à Tunis pour participer au colloque «Illusions, souffrances, résistances - La Tunisie sous l’occupation allemande », organisé par l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM). L’objectif de ce colloque consistait à faire mieux connaître le passé des Juifs en Tunisie, afin de se prémunir des réflexes nécessaires à la détection des dérives antisémites qui se propagent aujourd’hui en Tunisie.

Cette conférence marquait par ailleurs une première dans le pays, où la question du statut des Juifs tunisiens lors de la Seconde Guerre mondiale n’avait jamais été publiquement débattue, demeurant relativement méconnue du grand public. Pourtant, cette question est loin d’être anodine puisque sous l’occupation allemande, les citoyens tunisiens d’origine ou de confession juive furent progressivement réduits au statut de sous-citoyens, puis raflés, forcés au travail, déportés ou tués.

Au sein d’un panel de grande qualité, rassemblant la présidente de l’ATSM, Yamina Thabet ; le nouvel ambassadeur de France à Tunis, François Gouyette ; les historiens tunisiens Abdelkarim Allagui et Habib Kazdaghli ; le journaliste et réalisateur, Serge Moati ; l’historienne et journaliste Sophie Bessis et Claude Nataf, président de la Société d’histoire des Juifs de Tunisie ; Anne-Marie Revcolevschi a rappelé que « la connaissance de l’histoire humaine et mondiale est un moyen pour amener la réflexion sur la grande Histoire. Et si le génocide est le pire des conflits,  l’ignorance est le pire fléau, car elle est le berceau de la haine».

Habib Kazdaghli, doyen de l’Université de La Manouba, a quant à lui affirmé qu’après 70 ans, «l’unicité, l’amour pour la Tunisie et son ouverture sur les autres cultures doivent inévitablement être au cœur de notre lutte pour la liberté, car sur cette terre, l’œuvre humaine n’aura sa gloire que par un engagement permanent pour la paix ». Claude Nataf a également souhaité souligner qu’en Tunisie, «la cohabitation est possible dans cette communauté hétérogène». Cependant, la tolérance, comme le disait Sophie Bessis lors de son intervention, doit être plutôt substituée par les principes d’égalité et de cohabitation car la question n’est pas d’accepter, mais plutôt de coexister au sein d’une «Tunisie citoyenne, dans une communauté de valeurs et de principes».  

Brisant un nouveau tabou, l’objectif et le résultat de ce colloque ont fait largement écho aux principes sur lesquels le Projet Aladin travaille depuis sa création : c’est par le pouvoir de la connaissance et de l’éducation que pourra être comblé le fossé creusé par l’ignorance, les préjugés, la haine et le conflit des mémoires. Comme le rappelait justement Anne-Marie Revcolevschi lors de cette conférence à Tunis, le but du Projet Aladin est de construire «une passerelle entre toutes les cultures. »