Le Projet Aladin a été présenté à Londres


La prestigieuse université de Londres a  accueilli la première conférence sur le Projet Aladin en Grande Bretagne. Lancée l'année dernière sous le patronage de l'Unesco, l'organisation basée à Paris s'est rapidement fait connaître comme un excellent vecteur de rapprochement interculturel à travers des projets éducatifs et culturels, mais est restée jusque là méconnue du public britannique.

Ouvrant la conférence, le professeur Tudor Parfitt a dit au public qu'il avait entendu parler du Projet Aladin pour la première fois par un collègue qui lui avait conseillé vivement de rencontrer les dirigeants de l'organisation à Paris. Le professeur Parfitt s’est dit tout de suite impressionné par l’approche inédite qu’a le Projet Aladin pour appréhender les problèmes judéo-musulmans et a affirmé son soutien à ses activités et objectifs.

La Présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi, a ensuite brièvement présenté la genèse de l’idée du projet, et la réalisation de celui-ci grâce au travail d’un groupe de personnalités musulmanes, juives et chrétiennes qui ont formé le noyau dur du Projet Aladin.

« L’idée de traduire des livres et des informations de base sur la Shoah en persan, arabe et  d’autres langues du Moyen Orient nous est venue quand nous nous sommes rendus compte qu’on ne trouvait dans ces langues  quasiment aucune source fiable sur cette partie importante de notre histoire contemporaine» a-t-elle dit.

« Nous partagions tous la conviction que la clé pour l'amélioration des relations interculturelles, particulièrement entre Juifs et Musulmans résidait dans la diffusion de l'information et de l'éducation sur la base de connaissances mutuelles, du respect  de la vérité historique et du rejet des conflits de mémoire. C'est pour cela que la traduction et les livres sont au cœur du Projet Aladin " a poursuivi Madame Revcolevschi.

Sydney Assor, chef de la communauté juive marocaine de la Grande Bretagne, a parlé du soutien du Maroc au Projet Aladin. Il a salué les efforts du Projet Aladin pour tisser des liens entre Juifs et Musulmans et  a ajouté que le Maroc présentait un modèle d’harmonie et de coexistence interculturelle.

Décrivant le message du Roi Mohammed VI adressée à la conférence du lancement du Projet Aladin l'année dernière comme un « document historique dont la postérité se souviendra», Monsieur Assor a dit que les marocains et les hommes de bonne volonté, aussi bien dans les communautés musulmanes que juives, doivent travailler ensemble et s’entraider afin de combattre l’ignorance.

Le Professeur Abdou Filali-Ansary, Président de la Commission des Universitaires du Projet Aladin, a dit que les coopérations judéo-musulmanes devraient atteindre un public plus large et impliquer un plus grand nombre d'intellectuels, particulièrement ceux du monde arabo-musulman.

Il a exprimé l'espoir que le progrès des sociétés humaines faciliterait un rapprochement interculturel, alors que les notions de nationalisme et d'état-nation perdent du terrain et que les conflits politiques qui sont nourris par le nationalisme vont à leur tour décroître.

L’Histoire nous apprend que les dures réalités d’aujourd’hui ne doivent pas être celles de demain, a-t-il ajouté.

Le Professeur Filali-Ansary a annoncé que le Projet Aladin avait l’intention de publier une série de livres accessibles à tous, traitant de l’histoire des relations judéo-musulmanes dans différents pays. Ces ouvrages seront rédigés par des historiens  distingués juifs, chrétiens et musulmans, et seront publiés en arabe, en persan, en anglais, et en français.

Le Docteur Richard Stone, un vétéran du dialogue interreligieux en Grande Bretagne, a exprimé son soutien au Projet Aladin et a dit qu’il espérait voir l’organisation devenir plus active e Grande Bretagne et travailler avec les structures déjà existantes qui s’efforcent de promouvoir le dialogue interculturel. Il a aussi fait part de son analyse des spécificités des relations judéo-musulmanes en Grande Bretagne, où la population musulmane est essentiellement issue du sous-continent indien.

Après un échange animé de questions- réponses, le Professeur Parfitt a fait un bref résumé des sujets abordés et a exprimé son espoir de voir cette première expérience mener à une coopération fructueuse entre le Projet Aladin et les institutions de la société civile et académiques britanniques.