Le Projet Aladin reçoit le Prix Daniel Pearl


 

 

Le Projet Aladin reçoit le Prix Daniel Pearl de la Ligue anti-diffamation (ADL)

Ce jeudi 6 novembre, au Beverly Hilton de Los Angeles, le prestigieux prix Daniel Pearl de la Ligue anti-diffamation (ADL) a été remis au Projet Aladin. « Nous souhaitons récompenser les travaux précurseurs du Projet Aladin qui permettent aux croyants de différentes religions, et notamment aux Juifs et aux Musulmans de mieux se connaître », avait écrit Abe Foxman dans une lettre adressée à la Présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi au début de l’année 2014.

Hier soir, à l’occasion de la remise du prix, il a exprimé son admiration pour les actions « courageuses et souvent difficiles à mettre en oeuvre » que le Projet Aladin a entrepris ces dernières années. « Vos efforts pour promouvoir l’enseignement de la Shoah dans le monde arabe ainsi que la traduction en arabe d’oeuvres aussi fondamentales que le Journal d’Anne Frank ou le film Shoah ont eu un impact notable » a-t-il ajouté.

Le Prix Daniel Pearl de la Ligue anti-diffamation a été créé en 2003 en hommage au reporter du Wall Street Journal, enlevé et assassiné au Pakistan en février 2002 tandis qu’il enquêtait sur le terrorisme international. Ce prix récompense des individus ou des institutions ayant contribué à améliorer l’image des Juifs et du judaïsme dans des domaines aussi variés que le journalisme, le dialogue interreligieux, les relations humaines, la politique, la diplomatie ou la culture.

Depuis son lancement en 2009 sous le parrainage de l’UNESCO, le Projet Aladin poursuit, avec succès, sa mission de rapprochement interculturel, notamment entre Juifs et Musulmans. Dans un monde marqué par l’augmentation de la violence et de l’intolérance à l’origine d’un interminable bain de sang au Moyen-Orient et de fractures profondes dans les sociétés européennes, l’éducation et l’information sont devenues des enjeux clés afin de garantir sur le long-terme l’entente entre des peuples de religion et culture différentes et de créer des sociétés régies par des valeurs de respect et de tolérance.

La mise à disposition d’informations historiques et culturelles fiables et accessibles à tous est une des priorités du Projet Aladin. Neuf ouvrages majeurs traitant de la Shoah ont été traduits pour la première fois en arabe et en persan. Ils ont déjà été téléchargés gratuitement sur le site de la Bibliothèque Numérique Aladin par des milliers d’internautes. Afin d’accroître leur diffusion, le Projet Aladin intervient également dans de nombreuses Foires du livre dans le monde arabe. Desfilms comme Shoah de Claude Lanzmann ont été diffusés jusqu’en Iran, plusieurs conférences sur la Shoah ont été organisées dans le monde arabe et des films sur les Justes musulmans ont été projetés en Occident. Enfin, une série de douze livres sur l’Histoire commune des Juifs et des Musulmans dans les pays arabes est en cours de publication.

L’éducation est également au coeur des activités du Projet Aladin qui a lancé une Université Internationale pour le Leadership Interculturel. Elle réunit chaque année pendant deux semaines des étudiants venus du Moyen-Orient, d’Europe, d’Afrique et d’Amérique, sélectionnés dans vingt prestigieuses universités partenaires pour l’intérêt qu’ils portent à l’échange interculturel mais aussi pour leur implication dans la société civile et la vie de l’université. Par ailleurs, un projet de formation des jeunes imams, pasteurs, prêtres et rabbins aux autres religions « Connaître la religion de l’autre » a été mis en place sous la tutelle d’un Haut Comité interreligieux.

La Ligue anti-diffamation, créée en 1913, est une des organisations majeures sur la scène internationale pour la lutte contre l’antisémitisme, la haine, le sectarisme et l’intolérance.

Auparavant, le prix Daniel Pearl a notamment été attribué à Henrique Cymerman, correspondant au Moyen-Orient ; à Pilar Rahola, journaliste espagnole et ancienne députée ; au rabbin Harold M. Schulweis ; à Thomas L. Friedman, chroniqueur pour le New York Times ou à Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute pour le Proche-Orient.