LE PROJET ALADIN POUR L’ENSEIGNEMENT DE L’HOLOCAUSTE À L’ÉCOLE


02/06/15

par Denise ZAROUR MEDANG

La capitale sénégalaise accueille depuis hier, lundi 1er juin, une conférence internationale sur la prévention des génocides. Organisée par le Projet Aladin, la rencontre a réuni décideurs, victimes et autres.  Pour la prévention, les experts ont préconisé la mise en place d’un module à l’école pour la culture de la paix.
 
Le respect des droits de l’homme est au menu d’une rencontre internationale ouverte hier, lundi 1er juin à Dakar à l’initiative du Projet Aladin. Pour cette édition en terre africaine, la conférence internationale est axée sur la prévention des génocides, la promotion de la culture de paix et l’enseignement de l’holocauste.  Selon la présidente dudit projet, Anne Marie Revcolevschi, «le cri de cœur a été lancé en 2011 pour arrêter les violences dans le monde. Nous sommes dans un monde de haine, de massacres, de génocides qui nous entourent. Et la conférence sera un moment d’opérer une pause pour s’adresser à deux types de réflexions, l’éducation par l’histoire et la justice».  
 
Pour Ann Thérèse Ndong-Jatta, directrice du bureau régional de l’Unesco pour l’Afrique de l’Ouest, il faut organiser une série d’activités sur l’enseignement de l’holocauste afin d’amener la jeunesse à avoir une culture de paix.  «S’il y a des massacres, c’est parce que, c’est du à l’intolérance des peuples, le non respect des droits humains». Et de poursuivre: «suite à l’holocauste beaucoup de gens ont milité pour la non-pratique mais d’autres masses ont fait leur apparition. Aujourd’hui, il urge de renforcer les actions de préventions à travers des manuels de référence pour une éducation à la paix, prévention et gestion de paix». 
 
Revenant sur la violence qui gagne du terrain surtout en Afrique ces derniers moments, Adama Dieng, conseiller spécial pour la prévention du génocide au niveau des Nations Unies, souligne que les causes de ces brutalités sont devenues très nombreuses. «On assiste maintenant à une montée de la violence avec de nombreux massacres dans certains foyers de tensions. Dans des pays, la religion est source de discorde, C’est le cas de Boko Haram. Il y a aussi le nettoyage ethnique» a-t-il fait noter.
 
Pour solutionner le mal, les experts ont souligné que ces différents crimes doivent entrer dans les programmes scolaires afin d’amener les élèves à cultiver la paix dès le bas âge. C’est dans ce cadre que des élèves du lycée Lamine Gueye ont été invité à prendre part aux débats.  Pour M. Dieng, certains conflits auraient pu être évités, si certains de nos gouvernants avaient sonné l’alerte à temps.  Il a ainsi pris l’exemple des Tutsi au Rwanda. «Il y a eu des signes annonciateurs d’un conflit ethnique. Les dirigeants n’ont pas su déchiffrer le message et voilà. La guerre est devenue l’arme… douloureuse en Afrique», a avancé l’expert des Nations Unies. 
 
La rencontre qui prend fin ce mardi sera l’occasion pour les participants de réfléchir sur les enjeux politiques et éthiques d’un enseignement global de l’histoire des génocides, de l’enseignement des réalités de la shoah: un outil pédagogique pour la prévention des génocides. Soulignons que le but du projet Aladin est de lutter contre l’antisémitisme, le racisme antimusulman et le négationnisme, de promouvoir une culture de paix et de dialogue et de mettre en valeur la diversité culturelle. Le projet Aladin est une association internationale indépendante de droit française avec un conseil d’administration de 30 personnalités appartenant à différents pays, cultures et religions.