Le Projet Aladin lance 18 ouvrages sur la Shoah en arabe et en persan


  

 

   COMMUNIQUE DE PRESSE 

   13 Octobre 2011


A la Foire Internationale du Livre de Francfort,
LE PROJET ALADIN LANCE 18 OUVRAGES SUR LA SHOAH EN ARABE ET EN PERSAN

A l’occasion du lancement de dix-huit ouvrages sur la Shoah traduits pour la première fois en langue arabe et persane, le Projet Aladin a organisé à la Foire Internationale du Livre de Francfort jeudi dernier une table-ronde en présence de sept intellectuels allemands, français, iraniens, marocains et turcs.

Devant une table où étaient exposées les traductions en arabe et en persan de grands classiques comme Le Journal d’Anne Frank, Si c’est un homme de Primo Levi ou Shoah de Claude Lanzmann, les intervenants ont débattu sur « Enseigner l’histoire de la Shoah, un moyen de promouvoir le rapprochement interculturel ? ».
« Ce qu’il est arrivé aux Juifs en Europe au XXe siècle concerne toute l’humanité, fait partie de notre histoire commune. C’est un drame universel qui a une portée morale et qui ne doit pas être réduit à un conflit politique ou religieux. Nous devons tous affronter ce passé afin de pouvoir en tirer des leçons », affirme le Professeur Abdou FILALI-ANSARY, éminent philosophe et auteur marocain.

Le cinéaste Claude LANZMANN, ému par la publication de son livre Shoah en langue arabe et persane ajoute : « L’humanité est une et si je peux pleurer devant un film du japonais Yasujiro Ozu ou devant un chef-d’oeuvre du réalisateur turc Yilmaz Guney, alors même qu’il ne s’agit pas du tout de ma culture, je ne vois pas pourquoi les Arabes ou les Iraniens ne pourraient pas pleurer devant Shoah comme s’il s’agissait de leur propre histoire. Car cela touche { ce qu’il y a d’humain en nous ».

Lancé en 2009 sous le parrainage de l’UNESCO, le Projet Aladin est une organisation internationale indépendante basée à Paris qui réunit au sein de son Conseil d’administration des personnalités de différents pays et de cultures diverses. « En publiant ces ouvrages, notre objectif est de transmettre la connaissance de l’Histoire dans l’espoir que cela favorise le rapprochement interculturel, notamment entre Juifs et Musulmans » dit Anne-Marie REVCOLEVSCHI, présidente du Projet Aladin.

Dans le cadre d’un arrangement inédit avec les éditeurs, la Bibliothèque Numérique Aladin donne accès gratuitement à dix-huit oeuvres sur la Shoah traduites en langue persane et arabe. A ce jour, plus de 25.000 livres ont déjà été téléchargés dans le monde entier.

Evoquant les nombreuses conférences qu’il a données l’année dernière au Caire, { Bagdad, { Tunis, et dans d’autres capitales arabes dans le cadre du Projet Aladin, Serge KLARSFELD, le célèbre ‘chasseur de nazis’, insiste : « On ne peut pas accuser les populations musulmanes d’ignorance sachant qu’aucun livre, aucun film sur le sujet n’est { leur disposition. Le travail de traduction fait par le Projet Aladin est donc absolument nécessaire ». C’est pourquoi, pour Beate KLARSFELD, qui préside avec Serge l’Association Des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, le gouvernement allemand devrait, à la suite du Ministère des Affaires Etrangères français, soutenir les initiatives du Projet Aladin.

Selon l’écrivain et traducteur turc Tarik GUNERSEL, président de PEN en Turquie, il s’agit certes de transmettre la connaissance, mais aussi de pousser la société civile l’action. A propos du monodrame qu’il a écrit  partir du Journal d’Anne Frank, il ajoute : « J’ai conclu mon livre par cette phrase : ‘Garde s’il te plaît ce journal et protège-le afin que les gens sachent et fassent quelque chose’ ».

Pour le philosophe iranien Hamid ONGHA, la lecture des ouvrages traduits par le Projet Aladin et la prise de conscience des dangers de l’extrémisme pourrait en effet contribuer { l’éveil de la société civile iranienne : « La Shoah, cette plongée dans la barbarie au coeur du XXème siècle, a eu lieu en Allemagne, dans un pays célèbre pour sa culture, pour sa musique et sa philosophie. Sept décennies plus tard, l’Iran, malgré sa grande civilisation et sa longue tradition littéraire, sombre dans le négationnisme et la propagande ».

Le Projet Aladin envisage également de publier des ouvrages en anglais et en français afin de transmettre une meilleure connaissance des sociétés et des cultures de l’Islam en Occident. Serge KLARSFELD se prend { rêver du jour où le Projet Aladin invitera des penseurs arabes à parler «des souffrances de leurs peuples sous le colonialisme notamment ».

Pour l’instant, l’heure est la diffusion et la distribution de ces dix-huit premiers ouvrages dans le monde arabe. 7 500 exposants venus de 110 pays étaient réunis à la 63ème édition de la Foire Internationale du Livre de Francfort. Anne-Marie REVCOLEVSCHI a profité de cet événement majeur pour lancer un appel aux éditeurs et distributeurs du monde arabo-musulman qui étaient nombreux à assister à la conférence.

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