Le Projet Aladin appelle l'UE et les Etats-Unis à exclure les négationnistes de leur plan d'aide pour le développement de la démocratie dans le monde arabe


Lors d'une réunion avec deux responsables du ministère français des Affaires étrangères, Anne-Marie Revcolevschi, présidente du Projet Aladin, a appelé la France et l'Union européenne à s'assurer que des ONG, des partis politiques et des médias propageant le négationnisme, l'antisémitisme et l'intolérance religieuse ne bénéficient pas de plan d’aide économique de l'UE pour le développement démocratique destiné à l’ Egypte et aux autres pays arabes. Elle a adressé la même demande en lettres séparées à Hillary Clinton, Secrétaire d'Etat américaine et  Catherine Ashton, Haut Représentant aux Affaires étrangères de l’Union européenne.

La demande du Projet Aladin s'inscrit dans le sillage des déclarations faites au cours d’un entretien accordé au Washington Times à Budapest au début du mois par Ahmed Ezz El-Arab, vice-président du Parti Wafd en Egypte. Ezz El-Arab avait déclaré à l'interviewer que la Shoah « est un mensonge et le Journal d'Anne Frank un faux ». Le site en arabe du parti Wafd a publié par la suite un article faisant siennes les remarques d’Ezz El-Arab.

« Nous ne devons pas trahir les vrais défenseurs de la démocratie et les jeunes épris de liberté dans ces sociétés en apportant l’aide financière aux pourvoyeurs de la haine raciale et du négationnisme», a affirmé Mme Revcolevschi à Pierre Boussaroque, Conseiller aux affaires juridiques, judiciaires et droits de l'Homme du ministre Alain Juppé, et à  François Zimeray, Ambassadeur pour les droits de l'Homme.

D’ici 2013 l'Union européenne va allouer 50 millions d'euros pour soutenir les réformes de l’Égypte dans les domaines de la démocratie, des droits de l’homme et de la justice. L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a dévoilé en mars un programme d’aide pour le «développement démocratique» en Egypte avec un budget de 65 millions de dollars.

« Il est important de noter qu’Ezz El-Arab ne parle pas au nom de tous les Egyptiens. Alors que le négationnisme est effectivement un problème dans cette société, nous avons également constaté des déclarations courageuses sur la Shoah faites par des dirigeants tels que le Dr Ali Gomaa, le Grand Mufti d'Egypte ; M. Ahmed El-Tayyeb, le Grand Cheikh d'Al-Azhar, et des intellectuels laïques comme Aly El Samman et Tarek Heggy, » a ajouté Anne-Marie Revcolevschi.