Le Comité Aladin Femmes a participé à la projection du film « Fatima» réalisé par Philippe Faucon


 

Mardi, 9 février 2016  le Comité Aladin Femmes représenté par Samia Essabaa,Suzanne Nakache,Sylvie Halimi,Liliane Frau et Joëlle Debré-Lehmann, a participé à la projection du film «Fatima» réalisé par Philippe Faucon, inspiré de « Prière à la lune» et« Enfin je peux marcher seule », deux livres de Fatima Elayoubi.

 

En présence d’une assistance nombreuse composée principalement des élèves du lycée Théodore Monod de Noisy-le-Sec et des femmes des centres sociaux et d’alphabétisation de plusieurs villes de Seine Saint Denis, Samia Essabaa, co-présidente du Comité Aladin Femmes présente l’auteure, Fatima Elayoubi, qui d’emblée prend la parole pour dire qu’elle n’a jamais été au collège, qu’elle a ecrit ce livre pour toutes les mères quelle que soit leur nationalité, des mères qui veulent la réussite de leurs enfants au sein de leur pays:la France.

Le film raconte, dans un style épuré et sans pathos, la vie d'une immigrée algérienne, Fatima (Soria Zeroual). Maîtrisant mal le français, elle élève seule ses deux filles, Souad (Kenza Noah Aïche), une adolescente révoltée, et Nesrine (Zita Hanrot), qui débute des études de médecine. En suivant au plus près les petits moments du quotidien de Fatima, de ménages à l'aube en cours d'alphabétisation, de travaux domestiques en nouvelles heures de ménage, le réalisateur construit un film d'une grande justesse.

A l’issue de la projection, Liliane Frau, membre du Comité Aladin Femmes introduit le débat en présentant tout d’abord le Projet Aladin et fait remarquer que ce film décrit la vie d’une femme maghrébine mais que cela pourrait être une femme asiatique, une femme africaine, une femme juive, il s’agit d’un sujet à portée universelle: le rôle actif des mères dans l’éducation de leurs enfants et ceci dans un pays qui n’est pas celui de leurs origines.

Suit un échange avec la salle. A la question: quel message voulez-vous adresser? Fatima Elayoubi parle de la nécessaire adaptation des mères à la culture du pays d’accueil.

Ces mères qui ont été élevées dans des sociétés musulmanes traditionnelles et qui se retrouvent confrontées à la modernité de la société occidentale où la place de la femme n’est pas du tout la même.

Ces mères doivent aller de l’avant, reprendre confiance en elles, apprendre de leurs échecs, développer les capacités qu’elles ont en elles, ne pas se soucier du qu’en dira-t ’on au sein de leur communauté. Il faut être fier de son travail, même s’il s’agit d’un emploi de femme de ménage, il faut être consciente de son rôle important de mère.

Liliane Frau ajoute que chacun apporte sa contribution à la marche du pays, il y a de la place pour tout un chacun et qu’il n’y a pas de fatalité, ainsi Fatima s’est mise à apprendre le français à l’âge de 55 ans!

A une question sur l’éducation des enfants et leur révolte face à des parents au statut social dévalorisé à leurs yeux, Fatima répond que les parents ne doivent pas baisser les bras et se faire respecter. Faire le ménage, c’est un travail honnête un travail qui donne certains droits aussi. Elle a élevé ses filles, et à présent c’est à elles, de s’intégrer dans la société française.

Une intervenante souligne l’absence fréquente des pères, ce qui rend la tâche encore plus dure pour ces mères. D’autre part, dans ce conflit inter générationnel les enfants n’essaient pas de comprendre les parents qui sont porteurs de deux cultures.

Fatima souhaite que ce film puisse précisément aider les jeunes à comprendre leurs parents. Elle note que les jeunes «veulent tout, tout de suite sans en avoir les moyens», or l’intégration se fait lentement mais elle se fait. Il faut laisser le temps au temps.

Liliane Frau conclut en insistant sur ces messages à partager. Elle note aussi qu’entre français musulmans existent des jalousies, des incompréhensions, des oppositions. Il faut s’ouvrir aux autres, être solidaire, accepter les différences , accepter l’Autre dans le respect de la laïcité et des valeurs républicaines. C’est la recette du vivre ensemble.

Samia essabaa remercie l’ensemble des participants de s’être déplacés et d’avoir enrichi le débat.