Les délégués iraniens ont boycotté le discours de Shimon Peres
Astana, 1 juillet 2010, agences de presse : Un groupe de diplomates iraniens a quitté la salle de conférence où a débuté le Congrès des Religions du Monde, mercredi matin, à Astana au Kazakhstan. La délégation a, en effet, choisi de boycotter le discours du président Shimon Peres, en visite dans le Caucase depuis le début de la semaine. Ils ont refusé de regagner la salle tant que Peres était à la tribune.
"Nous sommes venus écouter des leaders religieux", a dit un membre de la délégation iranienne. "Et Peres n'est pas un leader religieux." Egalement présent, un proche conseiller du président iranien, Mehdi Mostafavi, a ajouté qu'il parlerait "peut-être" aux rabbins israéliens et américains venus participer à la conférence interreligieuse.
Un autre Iranien, lui, s'est contenté de déclarer aux journalistes qu'"Israël n'attaquera pas l'Iran. Nous n'avons pas peur d'Israël ni des Etats-Unis". "Votre président vole des terres et nous ne sommes pas disposés à l'écouter", a-t-il poursuivi.
Lors de son discours, Peres a appelé le roi saoudien, à l'origine de l'initiative de paix arabe, à le rencontrer à Jérusalem, à Riyad ou même au Kazakhstan afin de faire avancer le processus de paix. "Ensemble, avec tous les leaders arabes, nous pouvons réaliser votre projet (...). Nous sommes conscients des récents changements de position de plusieurs pays arabes concernant la paix avec Israël. Nous sommes passés des trois 'non' de Khartoum - non aux négociations, non à la reconnaissance d'Israël et non à la paix - aux trois 'oui' de l'initiative saoudienne."
Le Grand Rabbin ashkénaze Yona Metzger a également pris la parole à la conférence. Il a appelé à la paix entre les nations, après avoir brandi une photo du soldat israélien retenu captif par le Hamas depuis juin 2006, Guilad Shalit.
Bien que Mostafavi - également président de l'Organisation de la Culture et des Relations islamiques - semblait indiquer que la religion pourrait devenir un facteur important de paix, les Iraniens ont menacé à l'avance de boycotter le discours de Peres. Ils avaient demandé aux organisateurs que seuls des leaders spirituels soient appelés à prendre la parole.
Le Congrès des Religions du Monde a ouvert ses portes mercredi dans la capitale du Kazakhstan. Il s'agit de la troisième conférence de ce genre et s'inscrit dans un effort de placer le pays au centre des rencontres sur les différences religieuses.
Bousculade au procès de Demjanjuk
Guysen Israel News
30/11/09
John Demjanjuk, 89 ans, accusé de complicité dans l'extermination de 27 900 juifs au camp d'extermination de Sobibor, s'est présenté allongé sur une civière devant les juges à Munich, à l'ouverture d'un des derniers grands procès de la Shoah. Dès l'ouverture du procès, l'avocat de Demjanjuk a récusé l'impartialité de la cour, reprochant à l'Allemagne de poursuivre un exécutant étranger alors que des SS allemands qui étaient à Sobibor ont été acquittés. L'audience s'est ouverte avec plus d'une heure de retard, les services de sécurité ayant été débordés par la foule voulant assister au procès. Une bousculade a provoqué de légers malaises. Des rescapés de la Shoah ou leurs descendants et des journalistes sont venus du monde entier pour suivre le procès.
Haro sur la campagne du Hezbollah contre l'humoriste Elmaleh
Beyrouth, 1 juillet (AFP) - Des ministres libanais ont dénoncé mardi la "campagne d'intimidation" menée par le Hezbollah chiite contre l'humoriste juif français Gad Elmaleh qui a dû annuler sa tournée au Liban prévue en juillet.
"Nous refusons le boycottage de tout intellectuel, artiste, homme politique ou homme de religion quelles que soient son appartenance religieuse ou ses positions politiques", a dit le ministre de l'Information Tarek Mitri dans une conférence de presse aux côtés des ministres Tamam Salam (Culture) et Elie Marouni (Tourisme).
La conférence était organisée par le Comité du Festival international de Beiteddine (sud-est de Beyrouth) pendant lequel devait se produire M. Elmaleh du 13 au 15 juillet.
L'humoriste, très populaire en France et dans les pays francophones, a annulé sa tournée après que la chaîne du Hezbollah, Al Manar, ainsi que des sites internet, eut présenté M. Elmaleh, d'origine marocaine et de confession juive, comme un ancien soldat israélien. Ce qu'a démenti l'agent de l'artiste.
Pour M. Mitri, cette affaire "a porté préjudice à l'image du Liban".
M. Marouni a affirmé que M. Elmaleh avait "été empêché de venir au Liban en raison d'une campagne d'intimidation. Nous souhaitons la bienvenue à Gad Elmaleh s'il change d'avis. Nous sommes prêts à l'accueillir à l'aéroport et nous lui disons que le Liban est la terre des libertés et de la culture".
La présidente du Comité du Festival de Beiteddine, Noura Joumblatt, a souligné que le comité avait obtenu un visa d'entrée pour tous les participants au festival, y compris pour M. Elmaleh. Pour les trois spectacles qui devaient se donner à guichets fermés, "12.000 billets ont été vendus", a-t-elle précisé.
Plusieurs journalistes et représentants de la société civile ont dénoncé la campagne du Hezbollah contre le comédien, la qualifiant de "terrorisme intellectuel".
Le chanteur français Patrick Bruel avait dû annuler des concerts au Liban dans les années 1990 pour son soutien à Israël, avec qui le pays du Cèdre reste techniquement en guerre.
Plaidoyer pour un ‘’véritable dialogue interreligieux’’
Dakar, 23 juin (APS)
Des personnalités du monde religieux, des universitaires ont plaidé mardi pour l'instauration d'un ''véritable dialogue interreligieux'' qui, selon eux, ne se limite pas seulement aux ''simples relations quotidiennes''.
''Nous devons veiller à ce qu'il y ait un véritable dialogue interreligieux, à ne pas rester que sur les relations quotidiennes'', a estimé l'abbé Léon Diouf lors du colloque organisé par la Fondation Konrad Adenauer en partenariat avec l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) sur le thème ''enracinement et ouverture : plaidoyer pour le dialogue interreligieux''.
''Nous devons éviter de nous contenter que de nos relations quotidiennes sans entrer au fond des choses '', a ajouté l'abbé Diouf rappelant que ''l'idée commune que les gens ont du dialogue interreligieux c'est quand des croyants de religions différentes partant de leurs croyances décident de collaborer, de se reconnaître tout en respectant l'autre''.
Pour lui, ''le dialogue interreligieux diffère du simple fait de ''Waxtaan'' (dialoguer en wolof)''. ''Le dialogue interreligieux engage la personnalité religieuse, c'est une collaboration de vrai partenaires'', a poursuivi l'abbé ajoutant que ''le dialogue interreligieux cherche la vérité, la convivialité, la justice''.
Revenant sur les bases religieuses sur lesquelles repose le dialogue, il a dit qu'elles sont au nombre de trois : ''la fidélité vivante à sa foi, une équité à l'égard de la foi d'autrui telle qu'il la proclame et non telle que je voudrais et la progressivité du dialogue'' a-t-il précisé.
L'abbé Léon Diouf a estimé que le dialogue interreligieux est ''une condition humaine qui mène au bonheur en passant par la vérité et la justice et dont le but n'est autre que l'unité des hommes''.
Ce colloque sur le dialogue religieux a réuni pour une première fois au Sénégal les communautés des trois religions révélées que sont l'islam, le christianisme et le judaïsme.
Venu d'Israël pour prendre part au colloque, le rabbin Dov Maimon a rappelé que ''le dialogue interreligieux ne se limite pas qu'à un simple monologue. Tout le monde parle, chacun dit ce qu'il à dire et, finalement, on se rend compte qu'il n'y a pas de dialogue''.
Selon lui, le véritable dialogue interreligieux, c'est quand les gens acceptent de parler de sujets qui fâchent. ''Mais si nous ne discutons pas de tous cela, on va arriver finalement à des solutions creuses'', a-t-il estimé.
Il a ajouté : ''Au-delà de tout ce qui nous lie an tant qu'êtres humains, nous devons parler des sujets qui fâchent, apprendre à se dire la vérité. Le réel problème réside dans l'incapacité de faire sa propre autocritique, au lieu de dire tout le temps ce sont les autres qui ont fait ceci, cela''.
''Nous devons tendre vers une étude de la théologie de nos textes en constituant des groupes de travail qui doivent proposer sur comment faire pour rester profondément enraciné dans sa religion et s'ouvrir à l'autre'', a-t-il suggéré.
Le rabbin Maimon a affirmé, en faisant allusion à la situation du Moyen Orient, que ''si le dialogue échoue ce sont les armes qui vont parler''.
Face à toutes ces équivoques sur un véritable dialogue interreligieux, Ramatoulaye Diagne de l'Université Cheikh Anta Diop a soutenu que pour promouvoir un véritable dialogue, les différents acteurs doivent traduire cette convergence des religions en actes concrets d'ouverture à l'autre ''afin que le dialogue incessant qu'entretiennent depuis toujours les religions devienne une réalité vécue par les populations, les hommes et les femmes et surtout les jeunes, si forts et si vulnérables à la fois''.
Iran: la Shoah, "un gros mensonge"
AFP, 27 janvier : Le porte-parole du gouvernement iranien a qualifié l'holocauste des juifs de "gros mensonge", créé selon lui pour instaurer l'Etat d'Israël au Proche-orient.
Le 27 janvier marque la journée internationale de la commémoration de l'Holocauste.
Ce n'est pas la première fois qu'un responsable de l'administration du président Mahmoud Ahmadinejad met en doute la réalité historique de l'holocauste. Le président iranien l'avait qualifié de "mythe" en décembre 2005, avant que le ministère des Affaires étrangères organise à la fin 2006 une conférence sur ce thème qui avait rassemblé essentiellement des négationnistes.
Paris se souvient des victimes de la Shoah
Agences de presse, 27 janvier : Mme Simone Veil, Présidente d'honneur de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, M. David de Rothschild, Président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et M. Bertrand Delanoë, Maire de Paris, se sont rendus mardi 27 janvier 2009 au Mémorial de la Shoah à Paris, date anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau.
Bertrand Delanoë et Simone Veil ont déposé une gerbe dans la crypte avant de se recueillir devant le Mur des Noms des 76000 Juifs déportés de France, en présence notamment d'Anne-Marie Revcolevschi, Directrice générale de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de Raphaël Esrail, Président de l'Union des Déportés d'Auschwitz, de Joël Mergui, Président du Consistoire, de Claude Lanzmann, cinéaste, d'Ady Steg, Président de l'Alliance israélite universelle, de Jean-François Guthmann, Président de l'OSE (Œuvre de secours aux enfants) ainsi que d'anciens déportés.
Simone Veil a ensuite rappelé, au cours d'un discours, que, même si l'ONU avait proclamé le 27 janvier journée internationale de commémoration de la Shoah, il ne fallait pas oublier qu'au même moment en 1945 les Allemands emmenaient ses prisonniers dans la marche de la mort jusqu'au camp de Bergen-Belsen, où la mère de Simone Veil décèdera du typhus le 15 mars 1945. Simone Veil a également souligné l'indifférence de la société française de l'après-guerre, les survivants de l'Holocauste remémorant le rôle joué par le gouvernement français de Vichy, qui accorda un soutien massif aux Allemands lors des persécutions des Juifs.
Bertrand Delanoé s'est ensuite exprimé rappelant que le meilleur combat contre l'antisémitisme était aujourd'hui de ne pas « nier l'histoire » et d'être déterminé à la défendre. « C'est le devoir de Paris et notre devoir à tous », a-t-il indiqué.
Un député français scandalisé par les propos négationnistes du Président du parlement iranien
Journal du Dimance, 8 fevrier : C'est le député UMP de Paris Pierre Lellouche qui a rompu le silence de la conférence sur la sécurité de Munich, vendredi 5 février 2009, après le discours du président de l'Assemblée nationale iranienne, Ali Laridjani. Dans un long exposé, le président iranien avait reproché à Occident son deux poids deux mesures dans la dispute sur le nucléaire...
Puis reprenant un thème déjà utilisé par le président Mahmoud Ahmadinejad, le président du Parlement iranien a mis en doute la Shoah, expliquant qu'il n'était « pas un historien », et se refusait donc à choisir entre ceux qui affirmaient que l'Holocauste avait eu lieu et les négationnistes.
Lellouche a alors interpellé Ali Laridjani : « A ma connaissance, ni l'Inde ni le Pakistan n'ont menacé de rayer de la carte un état membre de l'ONU, et je m'étonne qu'un Président de parlement prétende que l'Holocauste ait pu ne pas avoir existé. En France, le négationnisme est un délit. »
Des applaudissements ont résonné dans la salle, mais l'affaire n'a pas balayé les espoirs de dialogue avec l'Iran, revendiqué par le vice-président américain Joe Biden. Le passage sur l'Holocauste n'a pas été conservé dans la retranscription du discours d'Ali Laridjani sur le site Internet de la conférence. « Le plus étonnant c'est que les distingués diplomates ont conclu que si Laridjani jouait avec la Shoah, c'était la preuve qu'il allait défier Ahmadinejad aux élections, et c'était donc un choix tactique pour la bonne cause », ironise Pierre Lellouche. Hier, il a raconté l'anecdote à Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner.
La Shoah en Arabe
La Shoah en Arabe
Le projet Aladin
2 Avril 2009
S'il est une opération qui correspond à ce que nous préconisions depuis des lustres, c'est bien celle du projet baptisé, pour des raisons qui m'échappent, le Projet Aladin. Il consiste à «rendre accessible l'histoire de la Shoah en arabe, en turc et en farsi». Ce projet est celui de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et nous voulons en féliciter les organisateurs. La déléguée générale nous informe que ce projet est né lorsque la fondation a constaté que «les sites sur le négationnisme proliféraient et qu'il ne s'agissait plus simplement d'un instrument de délégitimation d'Israël». Autrement dit, nous étions en présence d'une entreprise de néantisation antisémite. La bonne nouvelle est qu'il y a dans le comité du Projet Aladin plus d'une centaine de personnalités arabo-musulmanes et qu'il a été parrainé par Simone Veil et Jacques Chirac, deux personnalités irréprochables dans les domaines de la fidélité à la mémoire de la Shoah et de la solidarité avec les peuples arabes et musulmans.
Pour notre part, si nous avons si souvent - et en vain ! - réclamé une telle initiative, c'était, avant la prolifération des thèses négationnistes, parce qu'il nous semblait que la mémoire de la Shoah n'appartenait à personne, en dépit du fait que c'est en Israël qu'on trouve le mémorial de Yad Vashem et le Jardin des Justes, et que c'est dans cet Etat qu'a eu lieu le procès d'Eichmann. Le crime des crimes contre l'humanité concerne l'humanité entière. Il peut y avoir des gardiens privilégiés, non des propriétaires exclusifs. Or il nous est vite apparu que, comme le disait l'essayiste palestinien Edward Said, «un Arabe, qu'il soit ennemi, adversaire ou futur partenaire, ne peut comprendre un Israélien s'il ignore la profondeur de la tragédie de l'holocauste nazi». Pendant longtemps, les institutions juives ne se sont occupées que de l'éradication de l'antisémitisme chrétien, dont l'Eglise catholique ne pouvait se sentir totalement innocente. Trop longtemps, on s'est davantage soucié de l'Europe coupable que des Arabes innocents. Les Palestiniens non informés ont eu parfois le sentiment qu'ils devaient leur infortune au droit que s'octroyaient les survivants de la Shoah ou leurs héritiers. Il était temps de tout leur montrer, de tout leur faire comprendre, à la condition que ce ne soit pas des ennemis de leur cause qui s'y emploient.
Jean Daniel
Le Nouvel Observateur



