L’émouvant hommage à Simone Veil au Panthéon


Au terme d’une cérémonie républicaine, les cercueils de Simone et Antoine Veil sont entrés au Panthéon dimanche 1er juillet.

La foule et le silence. Mais une minute de silence particulière, émouvante et glaçante à la fois, le « bruit du silence du camp » de concentration d’Auschwitz-Birkenau, enregistré il y a quelques jours sur ces lieux où fut internée par les nazis Simone Veil avec sa mère et sa sœur en 1944 : le chant des oiseaux et le bruissement de la nature, en contraste saisissant avec l’horreur vécue là-bas par les juifs déportés.

Ce fut l’un des temps forts de la cérémonie d’entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet, de la rescapée de la Shoah, de la ministre de la Santé auteur de la loi légalisant l’IVG, de l’inlassable combattante de l’Europe, accompagnée de son mari Antoine Veil (1926-2013).

De nombreux jeunes venus assister à la cérémonie

« La décision de faire entrer Simone Veil au Panthéon ne fut pas seulement la mienne ni celle de sa famille, mais celle de tous les Français », lance d’entrée dans son discours Emmanuel Macron. Et les Français sont venus, malgré la chaleur écrasante ils sont des milliers à se presser rue Soufflot (Paris Ve), familles, personnes âgées et surtout des jeunes, dont nombre de jeunes filles arborant le slogan « Merci Simone » en hommage à celle qui agit tant pour l’émancipation des femmes.

Au passage des deux cercueils recouverts du drapeau tricolore remontant vers la place du Panthéon, au son des violoncelles jouant une suite de Bach et de jeunes choristes entonnant l’« Ode à la joie » de Beethoven – l’hymne européen – et le poignant « Nuit et brouillard » de Jean Ferrat, la foule applaudit. Beaucoup ont les larmes aux yeux.

Son numéro de déportée sur le cercueil

« Elle portait sur le bras gauche le stigmate de son malheur, ce numéro 78651 de déportée à Birkenau. Il sera gravé sur son sarcophage », poursuit Macron, rappelant la sinistre apostrophe de ce Français demandant un jour à Simone Veil, lors d’une réception, si elle s’était fait tatouer son numéro de vestiaire.

Le chef de l’Etat, paraissant à plusieurs reprises sincèrement ému, insiste sur son œuvre de réconciliation des Français – « lorsqu’elle décide de témoigner, c’est d’abord pour rendre hommage aux justes de France » – et des Européens. Avec, au passage, une allusion à « ces vents mauvais qui se lèvent » sur une Europe déchirée par les passions xénophobes et la tentation du repli, aux antipodes du projet de celle qui fut la première présidente du Parlement européen.