Universitaire saoudien:«Le printemps israélien est fructueux»


 veille ALADIN:

Riyad, 23 août

Le quotidien saoudien pan-arabe  Ash-Sharq al-Awsat a publié un article d’Amal Abdel-Aziz Hazzan, un écrivain et universitaire de l'Université King Saud, dans lequel il a appelé les dirigeants arabes à suivre l'exemple des dirigeants israéliens pour répondre aux protestations populaires dans leurs rues.

Extraits de son article:

Nous avons été encouragés lorsque la contagion de la révolution arabe a atteint Israël, nous disant que la rue israélienne se lèvera et exigera le renversement du régime, et que, M. Netanyahu, qui était en voyage à l'étranger, se précipiterait à Tel-Aviv, mobiliserait l’armée israélienne avec tous ses moyens pour réprimer les protestataires, les viserait à balles réelles, les battrait avec des chaussures, les jetterait en prison et leur enverrait les corps torturés de leurs enfants, puis l'Etat juif affaibli et écrasé, aurait demandé de l'aide aux États-Unis et serait déchiré entre des leaders impuissants, entraînant la transformation d’un Etat tout-puissant en un  Etat faible, et prendrait ainsi fin, la longue histoire du Tout-Puissant Israël ,sans un battement de cils de la part des arabes .

Mais cette joie ne fût  pas la nôtre, et malheureusement Netanyahu nous a laissé tomber. Il est vrai qu’il s’est précipité pour rentrer chez lui, mais pas pour commettre des atrocités contre les citoyens, mais pour juguler la crise et trouver des solutions rapides aux exigences de la rue. Il était inquiet au sujet de cette colère, et on raconte que lui et ses ministres n'ont pas dormi pendant une semaine, et restaient éveillés chaque nuit pour examiner et planifier les mesures tactiques et stratégiques afin de  répondre aux demandes des manifestants, et comme il craignait que le peuple ne fasse pas confiance à son sérieux, il a mis sur pied un comité d'universitaires de Haïfa, de Tel-Aviv et de l'Université hébraïque de Jérusalem, pour être son porte-parole face aux protestataires, et s'est engagé à accepter toutes leurs propositions. Les manifestants avaient des exigences spécifiques, et accusaient le gouvernement de Netanyahou de ne pas promouvoir la justice sociale et de ne pas tenir compte de l’augmentation de la proportion de jeunes dans la population israélienne, jeunes qui se marient et ont besoin de davantage de revenus, de prix raisonnables pour se loger, d’un système de soins de pointe, et de moins d'impôts.

Ces protestations ne sont pas parties d'une révolution contre la peur, la torture et la terreur, les menaces et l'intimidation, mais de l’expression de l'espoir dans une vie meilleure. Le féroce Netanyahu, qui est prêt à mener une guerre brutale pour le sauvetage d'un soldat israélien, et à s'emparer du territoire de ses voisins pour l'avenir de son propre pays, a été contraint de plier l’échine devant les citoyens israéliens et chercher à obtenir leur consentement, car il sait très bien que c'est le citoyen qui l’a porté au pouvoir et que c’est  lui qui peut le renvoyer.

En Syrie, voilà, c'est le contraire qui est vrai: Bachar al-Assad, dont les tanks étaient sur le point de rouiller parce qu'ils étaient immobilisés, les a finalement dirigés contre son propre peuple qui exigeait une réforme. Il resserre son emprise sur le pouvoir, tandis que les Syriens de toutes les villes de la Syrie souhaitent sa chute.

Il n'était pas surprenant d'entendre ces jours-ci, certaines étranges analyses politiques en provenance de Gaza, selon lesquelles les récentes attaques israéliennes à Rafah étaient une tentative délibérée du gouvernement Netanyahou pour détourner l'attention de la révolution à l’intérieur d'Israël. En fait, ces attaques étaient la réponse aux agressions visant deux autobus israéliens à Eilat.

Le fait est que Netanyahou est un homme qui respecte son peuple, et n'ose pas les tromper en leur jouant un tour pour imposer son point de vue ou  pour échapper à ses responsabilités, et le peuple israélien n’est pas trompé par les ruses de politiciens. Ils ne sont pas comme certains habitants du sud du Liban, dont Nasrallah s’est servi comme boucliers humains dans la guerre de 2006 et qui acclamaient sa diatribe sur la résistance, tandis que leurs maisons et leurs villages étaient en train d’être détruits.

Oui. Il est vrai que les attaques israéliennes sur Gaza avaient pour but de détourner l’attention du peuple de la  révolution, mais la révolution de qui? Pas une révolution à Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa ou St jean d’Acre, mais la révolution de Homs, Hama et Deir ez-Zor ...

Je souhaite seulement que certains de nos dirigeants arabes imitent les dirigeants d'Israël pour déterminer précisément qui sont leurs ennemis et comment traiter avec eux. Les Israéliens voient dans quiconque déniant son droit : un ennemi, et le combattent en paroles et en actes, mais ils considèrent les droits du citoyen israélien comme une ligne rouge à ne jamais franchir.

Les dirigeants de la Syrie, cependant, voient ceux qui menacent la pérennité de leur pouvoir comme des ennemis, même s'ils sont citoyens de la Syrie ...