Le Premier ministre veut lutter contre la “bête immonde” qu’est l’antisémitisme


03/10/2017

À l’occasion du Nouvel an juif, le 2 octobre 2017, le Premier ministre a présenté devant une foule de fidèles rassemblée à la synagogue Buffault, à Paris, le plan de lutte contre l’antisémitisme que l’État compte mettre en œuvre en 2018. 

Édouard Philippe a réaffirmé, lundi 2 octobre, sa détermination à lutter contre l’antisémitisme dont est victime la communauté juive en France C’est à l’occasion du Nouvel an juif que le chef du gouvernement a pris la parole devant son auditoire massé à la synagogue Buffault, dans le 9e arrondissement parisien, en présence notamment du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de représentants des cultes.

L’antisionisme, “forme réinventée » de l’antisémitisme

Le Premier ministre a ainsi annoncé la mise en œuvre prochaine d’un plan de lutte contre l’antisémitisme “pour la période 2018-2020”, semblable à celui mis en place par Manuel Valls au printemps 2015, moyennant 100 millions d’euros. Également invité, l’ancien pensionnaire de Matignon a récolté des applaudissements nourris. “Un de ses objectifs sera de combattre l'antisémitisme sur internet, en particulier le déferlement de haine qui s'abat sur les réseaux sociaux”, a précisé Philippe. Il a également rappelé l’exigence de “nous battre ensemble […] toutes confessions, toutes philosophies confondues, contre cette bête immonde qu’est l’antisémitisme”, semblable “à la fois à l’hydre et au phénix” car “quand on le croit disparu, il réapparaît encore et encore”, relate L’Express.

Après avoir énuméré les actes antisémites les plus marquants de ces dernières années, à savoir l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006, la tuerie perpétrée par Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse en 2012, l’attaque contre l’Hyper Cacher en janvier 2015, la défenestration de Sarah Halimi en avril dernier ou encore la séquestration d’une famille juive courant septembre en Seine-Saint-Denis, le Premier ministre a dénoncé “l’ultraviolence du terrorisme islamiste” comme facteur déclencheur de ces actes. Bien qu’en forte baisse en 2016 (-58,5%), ce recul “ne doit pas faire oublier une autre réalité”, celle de la “banalisation de l’antisémitisme et de sa forme réinventée […] qu’est l’antisionisme”.

“Pas question de remettre en cause l’abattage rituel”

Édouard Philippe a martelé l’engagement de l’État aux côtés de la communauté juive devant le grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui a conclu la cérémonie par la “prière pour la République française”. En vertu de la “neutralité” des pouvoirs publics face aux religions, qui “n’est ni défiance, ni offense, ni encore moins indifférence”, l’ancien maire du Havre s’est montré favorable à ce que le calendrier des lycéens juifs puisse être aménagé afin d’éviter les examens lors du shabbat le samedi, par exemple, et a exclu “de remettre en cause des pratiques cultuelles traditionnelles comme l’abattage rituel”, commun à l’islam et au judaïsme.