Débat à Abu Dhabi : pourquoi parler de la Shoah aux Musulmans ?


 

Le 26 avril dernier, une table ronde sur les relations passées, présentes et futures entre Juifs et Musulmans a réuni la Présidente du Projet Aladin, Anne-Marie Revcolevschi ; le Vice-Chancelier de la Sorbonne Abu Dhabi,Eric Fouache; l’ancien Ambassadeur de France au Yemen, Gilles Gauthier ; l’éditeur marocain Abdelkader Retnani et Justin Stearns, professeur à l’Université de New York Abu Dhabi.

Les magnifiques bâtiments de la Sorbonne Abu Dhabi ont accueilli le 26 avril 2013 une table ronde sur le passé, le présent et le futur des relations judéo-musulmanes. Le Vice-Chancelier de l’Université, Eric Fouache, a accepté de recevoir le Projet Aladin pour organiser cette manifestation le jour de l’ouverture de la Foire du livre d’Abu Dhabi, témoignant ainsi de l’engagement de la Sorbonne Abu Dhabi pour le dialogue entre les cultures et le partage des connaissances.

Le Directeur exécutif du Projet Aladin, Abe Radkin, a dit que ceux qui œuvrent pour améliorer les relations entre l’Occident et le monde musulman, notamment entre Juifs et Musulmans, sont aujourd’hui confrontés à des défis grandissants dans leur combat contre la radicalisation et le rejet de l’autre. Il a invité les intervenants, avec leurs expériences riches et variées, à commenter l’impact à court et à long terme des récents bouleversements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient – le Réveil Arabe – sur ces relations.

Anne-Marie Revcolevschi, Présidente du Projet Aladin, a déclaré que d’importants investissements dans la société civile étaient nécessaires pour empêcher les extrémistes et les radicaux de détruire les relations entre l’Occident et le monde musulman. Serions-nous face à un conflit d’ignorance, plutôt qu’à un choc des cultures ou des civilisations ? La réponse à cette question passe par la connaissance de l’Autre. C’est particulièrement vrai dans le cas des relations judéo-musulmanes, et l’histoire millénaire des Juifs en Terre d’Islam devrait être enseignée à de jeunes Juifs et Musulmans de manière non idéologique. Il n’y a, enfin, aucune raison d’exclure le monde arabe des leçons à tirer de la Shoah.

Gilles Gauthier, récemment nommé conseiller diplomatique de Jack Lang, Président de l’Institut du Monde Arabe, a transmis les salutations de Jack Lang et l’expression de son soutien au Projet Aladin. En tant que diplomate ayant une longue expérience dans le monde arabe et également en tant que traducteur, Gilles Gauthier a trouvé dommage que dans le monde arabe, il ne subsiste que des vestiges de la longue histoire des communautés juives. Aujourd’hui, a-t-il affirmé, la perception arabe des Juifs est dominée par le conflit israélo-palestinien et l’homme de la rue arabe ne distingue pas le Juif de l’Israélien. Il a souligné l’importance de la traduction en arabe comme moyen de stimuler le débat public dans le monde arabe sur des questions telles que les valeurs universelles, et a ajouté que les récents changements dans le monde arabe ont créé un climat plus propice à de tels débats.