La Présidente du Projet Aladin au Parlement ukrainien


Le président du Parlement ukrainien, Volodymyr Lytvyn, s'adressant également lors de la séance de clôture de cette conférence internationale de deux jours, aux chefs religieux et personnalités culturelles du monde entier, a salué le rôle positif que joue la religion dans la société, mais mis en garde contre la manipulation de la religion à des fins politiques.

"Je ne veux pas voir une situation où certains groupes religieux se transformeraient en partis politiques, car les politiciens pourraient exploiter une mentalité pernicieuse du " avec nous ou contre nous » », a dit Lytvyn à une audience de dirigeants musulmans, juifs, chrétiens et bouddhistes de haut-niveau réunis au parlement, ou Conseil suprême d'Ukraine, le 26 Avril.

Dans son discours devant la même assemblée, la présidente du Projet Aladin Anne-Marie Revcolevschi est revenue sur les causes des conflits religieux modernes qui font rage aujourd'hui au Nigeria, en Egypte, en Irak, dans les Balkans, au Bahreïn, et même en Europe occidentale.

 

"On peut énumérer un certain nombre de facteurs politiques, sociaux et économiques ou de tensions tribales et ethniques hors d’âge parmi les causes de ces conflits, mais s’il y a un dénominateur commun qui les traverse tous, c'est l'ignorance et la méfiance envers l'autre. Et à long terme, il n'y a pas d'autre remède que l'éducation et le transfert de connaissances», a-t-elle dit, avant d’illustrer son propos par l’exemple concret du programme du Projet Aladin pour familiariser les jeunes imams, prêtres et rabbins avec la religion de «  l'Autre. "

 

La conférence, intitulée «Les vents du changement: le rôle des religions dans le monde d'aujourd'hui et ses défis pour les démocraties et les sociétés laïques», avait commencé la veille par une allocution de bienvenue d’Oleksandr Feldman, député, et de Tymofiy Kokhan, Secrétaire d’Etat à la Culture d’Ukraine. Plusieurs personnalités religieuses et culturelles sont intervenues lors de cette conférence parrainée par le Comité juif ukrainien et l'Institut des droits de l'homme et de la prévention de l'extrémisme et de la xénophobie, afin d’examiner des questions telles que le rôle de la religion dans l'élaboration des changements sociaux et politiques dans le monde instable d'aujourd'hui ou les relations entre les religions et les médias.

Pour Oleksandr Feldman, « Aujourd'hui, peut-être plus que jamais, les religions constituées sont confrontées à des défis majeurs dans leur positionnement face aux évènements internationaux».

Les intervenants à cette conférence étaient :

Teophilos III, le patriarche de Jérusalem, l'ancien Secrétaire Général du Conseil de l'Europe Walter Schwimmer, le Père Leonid Kishkovsky, Directeur des Affaires extérieures de l'Eglise orthodoxe en Amérique et modérateur de Religions pour la Paix, le Dr Shafi Shujauddin, Secrétaire général adjoint du Conseil musulman de Grande-Bretagne, le rabbin David Rosen, président international de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix; le chef de file des religieux pakistanais anglais Dr Abduljalil Sajid; Rashad Aliyarly, vice-président du Conseil musulman du Caucase, le Père Nabil Haddad, directeur exécutif de la coexistence interreligieuse de Jordanie, Sharon Rosen, Co-directeur du Centre de recherche de Jérusalem « A la recherche d’un socle commun », le rabbin Levi Matusof, Directeur des affaires publiques de la Communauté Juive de Bruxelles, l'ambassadeur Mussie Hailu, Président de l'Interfaith Peace-Building Initiative en Éthiopie et l’ancien président de la Knesset Avrahum Burg .

Une table ronde sur les médias et la religion a mis en vedette l’artiste de hip-hop Shyne, connu internationalement pour avoir réussi à poursuivre une carrière dans la musique tout en embrassant le mode de vie d'un Juif orthodoxe. Shyne a fait valoir que les religions ont besoin de briser les moules traditionnels pour atteindre les jeunes et ceux qui n'ont pas de religion.

Un certain nombre d'idées concrètes ont été abordées au cours des deux jours de la conférence, dont une proposition pour la création d'un comité international interreligieux sur les questions de santé et une autre pour la mise en place d’ un groupe de travail conjoint entre les religions pour lutter contre la montée de l'antisémitisme et de l'islamophobie en Europe occidentale.