Formation Orléans-Tours


Formations du Projet Aladin – Programme 2016-2017

« Les relations judéo-musulmanes »

Mercredi  1er février 2017 au lycée Jean Moulin – Angers

Journée inscrite dans le programme de la semaine nationale d’action et d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRAH)

Académie d’Orléans-Tours

Mercredi 22 mars 2017 - Canopé  55 Rue Notre Dame de Recouvrance, 45000 Orléans

 

La journée est ouverte par Florence CHAIX, Inspectrice d’académie, Inspectrice pédagogique régionale d’Histoire et de Géographie, référente académique Laïcité, chargée de Mission Défense-Education, qui après avoir excusé Madame Katia BEGUIN, recteur de l’académie d’Orléans-Tours, expose le programme et les objectifs de formation de cette journée. Jean-Pierre LAUBY IA-IPR d’Histoire et de géographie honoraire, chargé de mission au Projet Aladin introduit également cette formation en rappelant la genèse du Projet Aladin, ses enjeux et les divers projets réalisés à ce jour dans les Etats du Maghreb et du Moyen-Orient, mais aussi en France avec ces formations décidées et mises en place à la suite des attentats de Toulouse depuis 2012.

La matinée est consacrée à l’étude du développement de la radicalisation, mouvement qui a pris de l’ampleur parmi les jeunes de moins de 30 et qui concerne tous les milieux sociaux. La conférence de Saïda DOUKI DEDIEUX (psychiatre,  chef de service et professeure de psychiatrie de 1987à 2010, à Tunis puis à Lyon ), co-auteure avec Hager KARRAY de l’ouvrage « DAECH, la dernière utopie meurtrière » (L’Harmattan- 2016) cerne les modalités et processus de la radicalisation chez ces jeunes soumis à une forme de dépendance toxique vis-à-vis du discours de l’Islam radical, en pointant les déficiences de la transmission entre générations, et a contrario la séduction opérée par les sites et réseaux salafistes, lesquels ont prise sur des esprits immatures et sans recul critique par rapport à une lecture littérale et manipulée des sources de l’Islam. Elle s’attache surtout à décrire les signes et manifestations qui doivent interroger familles, enseignants et éducateurs quant au basculement progressif ou rapide de cette jeunesse en quête de visibilité et d’identité, qui verse dans le radicalisme et la violence extrême. Madame DOUKI DEDIEUX  énonce également quelques pistes, centrées sur la culture et les valeurs, pour prendre ou renforcer des mesures de nature à infléchir la courbe dangereuse du radicalisme.

Les échanges qui suivent, animés par Florence CHAIX sont riches et prolongés par une table ronde où madame Karen PREVOST-SORBE (Déléguée académique CLEMI) invite les enseignants présents à poursuivre le travail de décodage critique des informations, quels que soient les médias en jeu et qu’il s’agisse des discours et propos écrits ou rapportés et des images fixes ou mobiles. Jean-Pierre LAUBY rappelle que cette journée est située dans le cadre de la semaine organisée par la DILCRAH ; il donne ce faisant les résultats des dernières enquêtes sur l’évolution des indicateurs de tolérance en France et des actes  antisémites, racistes et antimusulmans  enregistrés. Il engage aussi les présents à faire un gros travail sur le vocabulaire, car aujourd’hui dans les discours publics certains termes et notions (antisémitisme, antisionisme, génocide, apartheid, ghetto) sont utilisés improprement et banalisés, conduisant de ce fait à un relativisme et à des confusions graves.

La question de la culture et des relations interculturelles au Maghreb ou d’origine maghrébine occupent l’après midi. Lucette VALENSI (maître de conférences à l’Université de Paris VIII-Vincennes puis directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) brosse un large tableau de la variété et de la richesse de ces échanges en abordant successivement les cadres de la culture savante – où l’on note que les juifs parlent et écrivent en arabe -, de la culture matérielle, de la culture populaire pour terminer ceux de la culture religieuse. Cet exposé souligne combien les juifs ont été immergés dans la civilisation de l’Islam arabe et ont été des vecteurs importants de cette culture, issue de phénomènes de mimétisme et d’acculturation réciproques. Awa TARTAKOWSKY (docteure en sociologie et chercheuse au Centre Max Weber) traite pour sa part de la littérature d’origine maghrébine, juive ou arabe, en France, en montrant la diversité des sources et des courants et en s’attachant par ce parcours dense en exemples de souligner les thèmes principaux qui fédèrent cette littérature autour des enjeux culturels du passé.

Les quelques 55 professeurs et chefs d’établissement ou responsables de lieux de mémoire présents ont largement participé par leurs questions à la qualité de cette journée, dont les éléments de réflexion et les enjeux peuvent faire l’objet de pistes pédagogiques, notamment dans le cadre de l’enseignement moral et civique, des enseignements d’approfondissement (Littérature et société, par exemple) des EPI ou des TPE, et bien entendu en Histoire et géographie, en Lettres et en Arts plastiques.