Formation Lyon


 

De gauche à droite: Jean-Pierre Obin, lucette Valensi, Denis Charbit, Afifa Marzouki, Anny Dayan -Rosenman, Anne -Marie Revcolevschi, Denis Chérif Ferjani, Alain Mougniotte

 

« L’histoire des relations judéo-musulmanes »

Journée nationale d’étude programmée dans le cadre de la Semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme

ESPE de Lyon (5, rue Anselme) -  23 mars 2016

Organisation commune du Projet Aladin et de l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education de Lyon en partenariat avec le Canopé de Lyon, avec le

soutien de la Délégation Interministérielle de Lutte contre le Racisme et l’Antisémitisme et du Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la recherche (DGSIP)

 

Le 23 mars 2016 a eu lieu à l’ l’Ecole Supérieure du Professorat et de l’Education de Lyon une journée nationale d’étude consacrée à l’histoire des relations judéo-musulmanes. Destinée surtout aux formateurs des ESPE, de différentes disciplines concernées, et aux enseignants du secondaire, cette manifestation avait pour but premier de faire le point sur les entrées pédagogiques possibles autour des programmes actuels en lycée et des nouveaux programmes de collège.

Cette journée a été organisée avec l’ESPE de Lyon, son directeur Alain Mougniotte a accueilli les centaines de personnalités présentes et les participants, en précisant combien il est important que les formations des futurs enseignants prennent en compte la diversité des champs de connaissance pour aborder la question des relations judéo-musulmanes et leur donner ainsi une dimension plus vaste, hors des représentations communes et des schémas de conflits qui prédominent depuis plusieurs décennies. Ce propos inaugural a été complété par celui de Monsieur David Kimelfeld, Maire du 4ème arrondissement et vice-président de la Métropole représentant Monsieur Gérard Collomb, Maire de Lyon ; Puis Madame la rectrice de l’académie de Lyon a présenté le programme des actions dans son académie relevant des thématiques de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’Education nationale honoraire et président de la commission Education et formations du Projet Aladin a souligné combien cette journée était importante dans le programme des formations développées depuis un an à l’attention des enseignants et des formateurs des différentes académies ; à ce titre les réflexions du jour visent donc à mieux étayer les connaissances des personnels d’encadrement et des enseignants dans un domaine complexe et sensible, où seule la culture est à même de faire reculer les représentations erronées, la haine de l’autre et les violences de toute nature.

Le programme dense proposé aux participants a articulé une série de conférences, introduite par Serge Klarsfled, resté à Paris pour raison de santé, au moyen d’un message diffusé par un vidéogramme. La matinée a d’abord permis d’interroger le temps long des relations judéo-musulmanes pour comprendre leur présent avec les conférences de Lucette Valensi, de Chérif Ferjani et de Denis Charbit, respectivement sur les relations entre juifs et musulmans au Maghreb, de l’islamisation à nos jours, sur le poids de l’expérience de Médine concernant ces mêmes relations, et sur les émigrations juives des pays du Maghreb. Ces trois conférences ont fourni des repères historiques et sociologiques essentiels.

A la suite, en fin de matinée, une seconde partie a été l’occasion de proposer des orientations pédagogiques nouvelles. En premier lieu, s’agissant de l’ouverture en direction des entrées littéraires, Anny Dayan-Rosenman et Afifa Marzouki ont ainsi fait découvrir avec passion l’univers d’Albert Memmi montrant que l’itinéraire singulier pouvait rejoindre utilement la compréhension de l’histoire générale, en mobilisant par exemple la thématique de l’exil. L’histoire, mais aussi la géographie, ont été abordées dans l’après-midi : Vincent Duclert a décliné l’ensemble des programmes de collège et de lycée, balisant ainsi utilement les occurrences des thématiques du jour, tandis qu’Anne Anglès et Fabrice Romanet, professeurs en lycée et en collège, ont montré que si ces entrées dans les programmes ne peuvent offrir un réel continuum historique, support d’une réflexion construite et cohérente sur les relations entre juifs et musulmans, les opportunités pour situer des repères autres que conflictuels sont bien présents, dès lors que les éclairages en sont soulignés aux enseignants. Pour les intervenants ces questions, dans le cadre des impératifs des programmes, doivent s’enseigner comme les autres, sous réserve que des moments de formation leur fournissent les garanties scientifiques nécessaires. Ce qui est précisément  l’objectif poursuivi par des journées de ce type, en associant des spécialistes de  haut niveau et des praticiens de la pédagogie pour réfléchir aux axes et méthodes de la mise en œuvre pédagogique.