Formation Clermont- Ferrand


« Les relations judéo-musulmanes »

Mercredi  5 avril 2017 au lycée René Descartes – Cournon d’Auvergne

Académie de Clermont-Ferrand

 

Après que Claire MAZERON, Inspectrice d’académie, Inspectrice pédagogique régionale d’Histoire et de Géographie, a excusé Madame Marie-Danièle CAMPION, Recteur de l’académie de Clermont-Ferrand,  et exposé le programme de la journée, Jean-Pierre OBIN, Inspecteur général de l’Education nationale honoraire présente la genèse du Projet Aladin, les objectifs et projets conduit poursuivis par cette organisation internationale depuis 2009.

L’auditorium du lycée DESCARTES de Cournon d’Auvergne a accueilli pour cette formation une soixantaine de professeurs de collège et de lycée et quelques chefs d’établissement.

 

Jean-Pierre OBIN développe ensuite le thème de la matinée, à savoir les conclusions du rapport de l’Inspection générale qu’il a dirigé et publié en 2004 sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires. Ces signes et manifestations ont revêtus à cette période divers aspects que Jean-Pierre OBIN décrit en formulant à la suite des propositions concrètes en privilégiant la formation des enseignants et des cadres de l’Education nationale, le développement de la mixité dans les établissements scolaires et la stricte laïcité des enseignements. Ce rapport a eu à l’époque un accueil mitigé dans les sphères politiques et intellectuelles, alors qu’au sein des milieux éducatifs et de l’Education nationale il a peu à peu infusé les réflexions sur le pilotage des établissements et les stratégies de formation.  Ce rapport a donc profondément joué un rôle de révélateur, au-delà même des cercles institutionnels, au point d’être à nouveau convoqué au moment des attentats de 2015, même si le contexte a beaucoup changé depuis sa publication.

Pour Jean-Pierre OBIN, le terreau de la contestation et surtout de la radicalisation ressort principalement de l’autonomie du fait religieux, de sa propre dynamique, indépendamment du contexte social ; de plus ces phénomènes ont une dimension internationale, comme le manifeste l’ampleur du nombre de jeunes, garçons et filles, qui partent au Moyen-Orient pour les camps d’endoctrinement et  d’entraînement au Djihad. Néanmoins, même si la crise est de longue durée, il conviendrait selon Jean-Pierre OBIN, d’adopter une pensée optimiste car dans le droit fil de ce que pense Marcel GAUCHER les phénomènes de violence extrême auxquels on assiste, souvent sans véritable solution, relèvent d’une radicalisation d’une « sortie de la religion davantage que d’une radicalisation de la religion » ; car, la mondialisation transforme tout autant le monde arabo-musulman, opère sa sécularisation selon le modèle occidental, tant et si bien que ce monde est dans une phase de convulsions et de réactions profondes, et pour de nombreuses décennies.

Après une phase d’échanges avec l’assistance, trois enseignants présentent à la fois leurs réflexions et actions pédagogiques relevant de la volonté de faire travailler et vivre les valeurs de la République et la Laïcité dans leurs enseignements et le quotidien des établissements:

- Anne ANGLÈS, professeur d’Histoire et de Géographie au  lycée d'enseignement général et professionnel Léon-Blum à  Créteil, dont le travail en classe a servi de référence pour le film « Les héritiers », et par ailleurs membre de la commission Education et Formation du Projet Aladin, plaide pour le « caractère subversif de l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie », sans sacraliser les questions dites sensibles, et en prenant des « chemins de traverse » pour les aborder.

- Mesdames d’Agnès COUTARD (principale) et Elise BORDES (professeur d’Anglais) du collège Baudelaire de Clermont-Ferrand, puis Monsieur Jean-Denis BERTHARION  professeur de Lettres modernes au lycée Montdory de Thiers rapportent les résultats d’intéressants projets collectifs conduits dans leurs établissements respectifs pour conduire les élèves à une meilleure appréhension de notions complexes en leur donnant un caractère actif et visible au sein des établissements par des productions donnant lieu à des affichages, des fresques, la rédaction de chartes.

La seconde moitié de la journée est consacrée à l’étude des relations judéo-musulmanes dans le monde arabo-musulman. Cette séquence historique est entièrement développée par Frédéric ABÉCASSIS, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Ecole normale supérieure de Lyon, au sein du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LHARA).

Dans un premier temps Frédéric ABÉCASSIS fait un exposé introductif nourri sur l’histoire de ces relations, centrées sur les mondes juifs, en commençant par préciser les définitions de dhimma et de dhimmitude. Le propos est traité en cinq parties où sont étudiées les communautés migrantes, la pénétration des idées d’Egalité et de Nation, le rôle des consistoires et des millets, la rupture opérée par la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, puis les migrations de masse et leurs recompositions en communautés structurées.

Dans un second temps, à titre d’ouvertures pédagogiques, Frédéric ABÉCASSIS présente le site Méditerranée Memory (MEDMEM) à partir de rapides extraits de vidéogrammes de documentaires et reportages.

La formation s’achève par le témoignage de Madame Myriam SAINT-ANDRÉ, professeur de lettres classiques au collège Lucie Aubrac de Clermont-Ferrand sur deux projets : projet ERASMUS et projet « La Méditerranée » associant  Français et Education musicale, qui ont abouti à des travaux de belle facture, notamment des récits, sur diverses approches de l’interculturalité.