Evénement musical exceptionnel


A l’occasion du centenaire de la naissance du compositeur Leonard Bernstein (1918-1990), l’Orchestre national de France dirigé par Yutaka Sado, disciple de Bernstein, a interprété la Symphonie n°3 « Kaddish », le 18 mars 2018 à 16 h, à l’auditorium de Radio-France.

L’oeuvre a été donnée avec le livret que le compositeur avait demandé à son ami Samuel Pisar(1929-2015) – l’un des plus jeunes survivants de la Shoah devenu, dès 1961, conseiller de JohnF. Kennedy – qui n’eut de cesse de créer des ponts entre les nations à travers ses activités d’avocat international et de conseil auprès de gouvernements.

Ce texte oecuménique intitulé « Un Dialogue avec Dieu » a été narré par son épouse Judith Pisar, envoyée spéciale de l’Unesco pour la diplomatie culturelle, et Leah Pisar-Haas, présidente du Projet Aladin.

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Peu d’oeuvres du répertoire symphonique sauraient mieux illustrer les missions du Projet Aladin que le «Kaddish» de Bernstein, dont le texte avait été demandé à mon père, Samuel Pisar, par le compositeur.

Ce « Dialogue avec Dieu » porte en lui les valeurs de notre organisation. Lancé en 2009 sous le parrainage de l’UNESCO par Jacques Chirac, le Roi Mohammed VI du Maroc, Gerhard Schroeder, Abdoulaye Wade, Simone Veil et David de Rothschild, le Projet Aladin a pour mission d’enseigner les leçons universelles de la Shoah dans l’espace arabo-musulman, de promouvoir les relations interculturelles et de lutter contre le négationnisme, l’antisémitisme, le racisme et la xénophobie.

Soixante-dix ans après la Shoah, alors que s’éteignent les derniers témoins directs et que le monde s’enflamme à nouveau, la pertinence du livret de mon père demeure flagrante.

Combien de fois m’a-t-il parlé de la nécessité de mettre en garde les générations futures de toutes races, couleurs et croyances, et particulièrement ceux qui prient le même Dieu abrahamique, contre les dangers qui guettent à nouveau ?

C’est pour mettre en lumière ce devoir de vigilance que nous avons choisi d’associer à ce concert

le Projet Aladin.

Leah Pisar-Haas

Présidente du Projet Aladin

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    "Un Dialogue avec Dieu "

         de Samuel Pisar 


I. Prélude
Dieu éternel, notre Père aux Cieux,
Ceci est mon Kaddish personnel – une ode à la vie et à la paix,
Inspiré par la noble prière araméenne pour les morts,
Écrit pour la symphonie monumentale de Leonard Bernstein,
Et dédié à la mémoire de John F. Kennedy –
Mes mentors révérés et âmes fraternelles.
Dans notre ère d’anxiété,
Marquée par un siècle de guerres chaudes et froides,
Qui a débuté avec le carnage et terminé avec la terreur,
Le compositeur voulait que mon témoignage vivant,
Tiré de la plus grande catastrophe jamais perpétrée par l’Homme,
Et le miracle de sa survie et de sa renaissance,
Résonne dans Ton royaume avec sa musique céleste. 

II. Invocation
Mon Kaddish est celui d’un laïque,
Seigneur, Moderne, universel, œcuménique et adressé à Toi,
Ainsi qu’à Tes enfants tourmentés : Juifs, Chrétiens, Musulmans et à tous les autres - Croyants et non croyants
Qui aspirent à la paix, la liberté et la justice
Dans notre monde génocidaire et fratricide.
J’exprime cette lamentation avec une peine et une colère
Émanant de mon propre passé traumatique,
Et du déluge de haine, de violence et de peur
Qui nous submergent à nouveau.
Sur tous les continents,
Des ennemis héréditaires de tous bords,
Aveuglés par l’intolérance et la terreur,
Se haïssent et s’affrontent.
Même dans Ta Terre Sainte,
Où ils ne vénèrent que Toi,
Et T’implorent de transformer leurs épées en charrues.
Je pleure pour eux tous, les morts comme les vivants.
Mes premières larmes sont pour ma famille et mon peuple,

Victimes perpétuelles de persécutions religieuses et ethniques
Qui ont atteint leur paroxysme pendant mon enfance,
Détruisant tout, et tout le monde autour de moi
Alors que Toi, Ordonnateur de l’Univers, Tu restas de marbre.
Tu fus tout aussi indifférent lorsque j’agonisais
À Auschwitz, Majdanek et Dachau.
Où la réalité macabre d’Eichmann et de Mengele
Parvint à éclipser même l’enfer de Dante.
À ce jour, je suis hanté par les remords d’avoir survécu,
Alors que tant des miens ont été massacrés.
Maintenant je dois expier pour le Kaddish rituel
Que je n’ai jamais pu réciter,
Ayant ni dates de leur décès,
Pas de deuils…. Pas d’enterrements…
Ni tombes pour une pierre, une fleur, une prière,
Une prière pour leur rédemption.
Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom

III. Kaddish 1
Magnifié… Et sanctifié…
Soit Son Grand Nom Amen!
Chœur
Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,
Dans le monde qu’il a créé selon sa volonté
Et qu’il établisse son Royaume De votre vivant et de vos jours,
Et pour tous les jours de la maison d’Israël,
Rapidement et sans délai,
Dites : amen.
Que son grand Nom soit sanctifié,
Pour les siècles des siècles.
Béni, loué et glorifié,
Et exalté, élevé et honoré,
Et magnifié et loué
Soit le Nom du Très-Saint, béni soit-il;
Bien qu’il soit au-delà de toute louange,
Hymne, prière et consolation,
Prononcée dans le monde.
Dites : amen

Que la paix venant du Ciel soit abondante
Et la vie longue
Ainsi que pour tout le peuple d’Israël
Dites : amen.
Lui qui établit la paix dans les hauteurs
Qu’il nous donne la paix
Ainsi qu’à tout son peuple Israël
Dites : amen Amen ! Amen !
Qu’une paix abondante
Déferle sur nous tous. Amen !
Ceux dont je porte le deuil sont nombreux : Mon père héroïque,
David, Torturé, exécuté par balles,
Et jeté dans une fosse commune.
Ma mère Helena, si belle,
Déportée vers la mort dans un wagon à bestiaux
Avec mon angélique petite sœur Frieda,
Qui avait à peine vécu.
Mes camarades d’école, Et un million et demi d’autres enfants.
Pourquoi m’as-Tu épargné, Seigneur ?
Et pourquoi pas eux ?
Quels crimes, quels pêchés
Pouvaient-ils avoir commis
À un âge si tendre ?
Tous anéantis, d’un seul coup.
Selon la logique insondable
Qui règne en Ton royaume.
Chœur
Lui qui établit la paix dans les hauteurs
Qu’il nous donne la paix
Ainsi qu’à tout son peuple Israël
Dites : amen

IV. Din Torah Seigneur, je t’interpelle aujourd’hui
Avec la même voix viscérale
Que j’ai jadis élevée contre Toi dans le blasphème,
Celle d’un adolescent squelettique au crâne rasé et aux yeux noyés,
Tremblant au seuil
D’une chambre à gaz de Birkenau.
Tremblant et exigeant de savoir :
Tout-puissant, pourquoi nous as-Tu abandonnés ?
Comment peux-Tu permettre un tel carnage ?
Te sens -Tu même concerné ?
En ces lieux et temps maudits,
Où j’ai vu sombrer la barque de la civilisation,
Lorsque j’ai subi tant d’horreurs et d’humiliations,
Tu m’as déserté, Seigneur !
Et du tréfonds de mon désespoir, je me suis révolté contre Toi,
Tel Moïse frappant le rocher dans le désert du Sinaï,
Tel Job protestant contre son injuste châtiment.
Hallucinant de faim, de douleur et d’angoisse,
Alors que les fours crématoires vomissaient feu et fumée,
J’ai même cessé de prier.
Comment aurais-je pu continuer à psalmodier Ta grandeur,
Et dire les autres versets d’adoration
Que j’avais absorbés avec le lait de ma mère
Comme tous les enfants d’Abraham
Depuis Isaac et Ismaël,
Depuis Marie et Jésus ?
Non, je ne pouvais pas ; je ne voulais pas.
Pas là. Pas à Auschwitz !
Peux-tu pardonner mes péchés, Seigneur ?
Puis-je pardonner les Tiens ?
Je peux pardonner, mais pas oublier.
Si les plaies de ma chair et de mon âme
Sont depuis longtemps cicatrisées,
Celles de mon cœur,
Qui saigne pour les êtres chers, ne se fermeront jamais.
À présent, l’un des derniers survivants
De ces crimes monstrueux,
Ma vie ne m’appartient plus tout à fait.

Eux aussi vivent en moi.
Je dois transmettre leur héritage
Et alerter les vivants de toutes races, couleurs et croyances
Face aux catastrophes similaires qui pourraient détruire leur monde,
Comme elles on jadis détruit le mien.
Car l’inimaginable est de nouveau possible.
Alors que des bouleversements politiques et économiques galopants
Engendrent l’agitation, l’insécurité et la peur,
Une folie populiste étaye des dirigeants sanguinaires.
C’est ainsi que périssent les démocraties,
Et que commence la chasse aux boucs-émissaires innocents.
Seigneur, Te souviens-Tu des cris glaçants
De ces hommes, femmes et enfants,
Qui agitaient Tes cieux, jour et nuit,
Alors que le gaz les asphyxiait ?
J’y étais et je les ai entendus mourir,
En prononçant Ton nom sacré :
“Écoute Isaraël, l'Éternel est Dieu, l'Éternel est Un”
(L’Eternel est notre Dieu, L’Éternel est Un)
Quand les portes en acier se refermaient
Il ne leur restait que trois minutes à vivre
Pourtant, ils trouvaient assez de force
Pour enfoncer leurs ongles dans les murs
Et y graver ces mots : « N’oubliez jamais ! »
Ces cris, ces mots, nous imposent
Des obligations sacrées de rester vigilants,
Et de mettre en garde d’autres peuples vulnérables
Contre les génocides qui guettent peut-être encore.
Le matricule d’Auschwitz gravé sur mon bras
Me le rappelle tous les jours.
Et aujourd’hui, Seigneur, c’est moi qui Te le rappelle !
Chœur :
Amen
Comment être certain que notre catastrophe
Était l’œuvre de l’Homme seul ? Le livre de la Genèse

Et les rescapés de l’Arche de Noé
Nous enseignent combien
Tu peux être irascible et vengeur
Quand Tu perds Ton Sang Froid.
Est-ce la colère ou l’indifférence qui explique Ton absence,
Ton silence
Alors que nous étions diffamés,
Déshumanisés et décimés ?
Loin de moi l’idée de te tenir responsable, Seigneur,
Mais cette passivité déconcertante
A pu persuader plus d’un démon,
Et un monde largement indifférent,
Que la Shoah, les génocides
Et les nettoyages ethniques contre Tziganes, Cambodgiens, Bosniaques, Rwandais, Yazidis et d’autres
Etaient et restent acceptables, jusqu’à ce jour. 

V. Kaddish 2
J’entends encore la douce voix de ma grand-mère
Me chantant une berceuse sur Ta bonté, Ton amour, Ta miséricorde,
M’assurant que tu serais toujours là
Pour nous protéger et nous réconforter.
J’ai souvent tenté d’invoquer sa voix
Lorsque j’avais besoin de Ta protection et de Ton réconfort.
Cette douce voix, si brutalement éteinte
Dans les fours de Treblinka.
Soprano solo et chœur d’enfants :
Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,
Dans le monde qu’il a créé selon sa volonté
Et qu’il établisse son Royaume
De votre vivant et de vos jours,
Et pour tous les jours de la maison d’Israël,
Rapidement et sans délai,
Dites : amen.
Que son grand Nom soit sanctifié,
Pour les siècles des siècles.
Béni, loué et glorifié,
Et exalté, élevé et honoré,
Et magnifié et loué
Soit le Nom du Très-Saint, béni soit-il;
Bien qu’il soit au-delà de toute louange,

Hymne, prière et consolation,
Prononcée dans le monde.
Dites : amen.
Que la paix venant du Ciel soit abondante
Et la vie longue
Ainsi que pour tout le peuple d’Israël
Dites : amen. Le souvenir des berceuses de ma grand-mère
M’a toujours aidé à trouver le sommeil
Même lorsque je suis devenu adulte.
Mais dans mes cauchemars, je ne retrouvais que ses yeux
Tournés vers Toi en prière ardente
Alors que les tueurs l’emportaient.
Magnifié et sanctifié soit le Grand Nom 

VI. Scherzo
Ô Seigneur,
Combien l’histoire de Ton « peuple élu »
Est chargée de chagrin.
Dressons ensemble le bilan des calamités
Qui se sont abattues sur nous depuis la nuit des temps :
L’esclavage en Égypte,
L’exil de Babylone,
La conquête romaine,
Le maraudage des croisades,
L’inquisition espagnole,
Les pogroms russes,
Le génocide nazi,
Et maintenant, le spectre du djihad.
La liste est sans fin, Seigneur.
Et de nouveaux démagogues incendiaires,
Qualifiant la Shoah de « mythe »
Complotent de nouveau pour nous annihiler.
À leurs yeux, nous sommes toujours coupables.
Coupables de t’avoir reconnu comme Dieu unique et éternel,
D’avoir proclamé
Tes commandements à un monde païen,
D’avoir engendré les autres grandes religions monothéistes.
Coupables en Diaspora quand, pacifistes et désarmés,

Nous avons été égorgés comme des agneaux.
Coupables en Terre Promise d’avoir pris les armes
Afin de n’être plus jamais massacrés.
Certes, des extrémistes de tous genres,
Se faisant passer pour des hommes pieux,
Massacrent et mutilent d’autres minorités aussi,
Y compris leurs propres frères et sœurs,
Comme possédés par une pulsion de mort,
En Ton nom sacré ? Celui de notre Dieu commun,
Qui nous a ordonné de choisir la vie,
Et d’aimer nos prochains comme nous-mêmes ?
Seigneur, quelque chose ne tourne pas rond
Dans Ton royaume céleste,
Tout comme ici, dans notre Babel globale.
Albert Einstein nous a assurés
Que Tu ne joues pas aux dés avec l’univers.
Pourquoi joues-Tu alors
Avec le destin de l’humanité ?
Devons-nous à présent nous préparer
Pour une « solution finale » apocalyptique
Avec des fléaux de gaz toxiques,
De bombes nucléaires
Et de missiles balistiques
Entre les mains meurtrières
De nouveaux despotes et fanatiques ?
Les jeux seraient-ils déjà faits ?
Répète après moi, Seigneur : « N’oubliez jamais »,
A-men ! « Jamais plus ! »
A-men !
Père, depuis l’âge de treize ans,
Tu m’as poussé au-delà des limites
De l’endurance physique et mentale.
Brutalement coupé de ma famille,
De ma terre natale, de mes racines spirituelles,
J’ai été endoctriné par Staline qui me voulait rouge,
Mutilé par Hitler qui me voulait mort.
Dans la sillage du débarquement en Normandie,

Alors que les armées alliées s’approchaient de Berlin,
J’ai échappé à la marche de la mort dans une tornade de balles.
J’ai été libéré par des tanks frappés
De l’étoile blanche de la liberté,
En criant : « Que Dieu bénisse l’Amérique ! »
Pourtant, je n’ai jamais quitté Ton bercail.
Rien ne pouvait ébranler mon serment ancestral de Te vénérer
Même à ma façon, certes peu orthodoxe.
Ce serment m’enhardit à Te dire aujourd’hui : Prends garde !
De graves dérèglements s’emparent
Des cœurs et des esprits des croyants.
Beaucoup parmi nous croient que les cieux sont vides.
Ou pire, qu’ils sèment la discorde,
La superstition et le chaos sur Terre.
Qu’avec ou sans Toi,
Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.
Il est grand temps que Tu réaffirmes
Notre alliance éternelle.
Que tu renouvelles Ta promesse
D’un âge messianique.
Renouvelle Ta promesse ! 

VII. Kaddish 3
On dit que dans la Grèce antique,
Quand les Dieux étaient plus humains,
Les hommes étaient plus divins.
Seigneur, ne peux-Tu être un peu plus humain,
Afin que nous devenions un peu plus divins ?
Nous nous efforçons d’honorer les engagements
De Tes vénérables prophètes.
Nous voulons, nous pouvons croire en Toi
Mais Toi, crois-Tu en nous ?
Accorde-nous un peu de Ta sagesse transcendante
Afin que nous apprenions à vivre en harmonie
Et chanter à l’unisson des psaumes joyeux
À Ta gloire.

Chœur d'enfants :
Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,
Créateur majestueux et mystérieux
Qui que Tu sois, où que Tu sois,
Ton omniprésence parmi nous,
Est si ancienne, si immense, si pénétrante
Que je n’ose me demander
Si elle est réalité ou illusion.
Quoiqu’il en soit,
Tu es une source indispensable
De consolation et d’espoir pour nous tous
Pourtant, mon Kaddish n’est pas la confession
D’un soudain réveil religieux.
Comme la plupart de mes semblables
Je reste déchiré entre la foi et la raison,
La révélation et les lumières,
La tradition et la modernité.
Après mon retour du gouffre,
Une rage de vivre, d’apprendre, de contribuer au bien commun,
M’a aidée à vaincre mon sort cruel.
J’ai trouvé refuge dans l’étreinte chaleureuse de la démocratie.
J’ai pu étudier, travailler et m’épanouir
Dans les centres les plus illustres de la culture américaine, anglaise et française.
Oui, la providence m’a souri
Aujourd’hui, ma coupe déborde vraiment.
Mais en fin de compte que suis-je ?
Sinon un humble messager
Qui a vu un monde s’effondrer,
Alarmé de voir notre monde
Se précipiter vers une nouvelle chute ?
Et quel est mon message, si ce n’est que l’Homme
Bien que créé à Ton image,
Et libre de choisir
Entre le bien et le mal,
Demeure capable du pire comme du meilleur,
De la haine comme de l’amour,
De la folie comme du génie.
Que si nous ne tirons pas les leçons du passé,

Ne chérissons pas le caractère sacré et la dignité de la vie humaine,
N’épousons pas les valeurs fondamentales, communes à toutes
Les grandes croyances, sacrées et profanes
Les forces du mal viendront assombrir
Nos rêves d’un avenir radieux,
Promettant paix, liberté et prospérité à tous. 

VIII. Finale
Père, Père…
Te souviens-Tu de cette belle aube printanière,
Quand les G.I. sont descendus du ciel,
Tels des anges, pour me libérer de l’enfer ?
J’étais encore un gamin
Seul dans les chaudrons de L’Europe fasciste et communiste,
Comme le jeune Joseph dans les donjons
De l’Egypte de Pharaon.
Mais dès cet instant, je ne me suis plus senti abandonné
Car Ta divinité m’est apparue si sublimement humaine.
Tu as accompli des miracles éblouissants
A l’échelle biblique
En libérant les opprimés, les dispersés et les enchainés,
Des griffes de la tyrannie.
Tu as accompli des miracles pour moi aussi,
Ravivant depuis les cendres
La flamme vacillante de ma vie.
Tu as éveillé mon esprit brisé
A la magie du savoir, de la culture et de la beauté,
Tu m’as même appris à aimer et à rêver de nouveau.
Par-dessus tout, Père,
Tu m’as donné une nouvelle et heureuse famille,
Une femme, des enfants et des petits-enfants
Dont les visages étincelants, la droiture morale et les esprits brillants
Ressuscitent chaque jour la mémoire de ceux que j’ai perdus.
Puissent-ils un jour dire le Kaddish pour moi.
Ainsi, ô grand et unique Dieu d’Abraham,

C’est avec respect pour les croyances de tous,
Et sans malice aucune,
Que je me prosterne vers Jerusalem, l’éternelle.
Ses synagogues, ses églises et ses mosquées,
Son mur des Lamentations et son mémorial de Yad Vashem,
Pour Te chanter ma fervente prière d’espoir
Puisée dans des torrents de sang.
Renouvelle Tes liens avec nous, Seigneur,
Guide-nous sur le chemin de la réconciliation et de la tolérance,
De la fraternité et de la paix
Sur cette petite planète, fragile et violente,
Notre maison à tous.
Amen ! Amen ! Amen ! ! !
Chœurs : Que le Grand Nom soit magnifié et sanctifié, amen,
Dans le monde qu’il a créé selon sa volonté
Et qu’il établisse son Royaume
De votre vivant et de vos jours,
Et pour tous les jours de la maison d’Israël,
Rapidement et sans délai,
Dites : amen.
Que son grand Nom soit sanctifié,
Pour les siècles des siècles.
Béni, loué et glorifié,
Et exalté, élevé et honoré,
Et magnifié et loué
Soit le Nom du Très-Saint, béni soit-il;
Bien qu’il soit au-delà de toute louange,
Hymne, prière ou consolation,
Prononcée dans le monde.
Dites : amen.
Que la paix venant du Ciel soit abondante
Et la vie longue
Ainsi que pour tout le peuple d’Israël
Dites : amen.
Lui qui établit la paix dans les hauteurs
Qu’il nous donne la paix
Ainsi qu’à tout son peuple Israël
Dites : amen