Conférence internationale à Dakar


 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

                                                                   Dakar, le 4 Juin 2015

La conférence internationale de Dakar marque une grande avancée avec l’adoption d’une feuille de route pour l’enseignement de la Shoah et des génocides en Afrique

Dakar, SENEGAL

  

La première conférence internationale sur la prévention des génocides et l’enseignement de la Shoah en Afrique s’est achevée le 2 juin 2015 par l'adoption d'une feuille de route pour l'intégration durable de l’enseignement de la Shoah et des autres génocides, notamment celui du Rwanda, dans les systèmes éducatifs des pays d’Afrique de l'Ouest.

La conférence, organisée par le Projet Aladin, en partenariat avec l'UNESCO, a réuni des historiens et des éducateurs d’Europe, d'Amérique du Nord et d’Israël, ainsi que des hauts fonctionnaires, diplomates, enseignants et étudiants du Sénégal et d'autres pays d’Afrique de l'Ouest, afin d'échanger et de débattre sur les stratégies d’introduction de l’enseignement de la Shoah et des génocides en Afrique, et de sensibiliser le public sur l'importance de  l’enseignement de l'histoire des génocides dans les établissements scolaires.  



Adama Dieng, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention des génocides, qui a pris part à la conférence, a décrit le résultat de la conférence comme "une percée très encourageante qui ouvre la voie à de réels progrès dans le domaine de l’enseignement de la Shoah et des génocides en Afrique de l'Ouest et au-delà ". 

Plusieurs chaînes de télévision sénégalaises ont diffusé des reportages et de nombreux médias ont publié des articles sur la conférence qui a été ouverte par le discours du ministre de la Justice du Sénégal, Monsieur Sidiki Kaba, lu en son nom par son directeur de cabinet. Dans son discours, le ministre qui est également le président de l'Assemblée des États parties à la Cour pénale internationale, a mis l'accent sur le rôle de l'éducation dans la prévention de nouveaux génocides et a mentionné le nom de Simone Veil, survivante de la Shoah et ancienne ministre française afin de souligner la nécessité d’instaurer des normes rigoureuses en ce qui concerne l'enseignement des réalités de la Shoah. 


La conférence a été organisée avec le soutien de la Conference on Jewish Material Claims Against Germany (CLAIMS CONFERENCE), de  International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA), de la Fondation philanthropique Edmond J. Safra et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. 

Après le mot de bienvenue d’Abe Radkin, directeur exécutif du Projet Aladin, se sont succédé à la tribune, Anne-Marie Revcolevschi, présidente du Projet Aladin ; Ann-Thérèse Ndong-Jatta, directrice régionale de l'UNESCO et ancienne ministre gambienne de l'Éducation ; S.E.M. Jean-Félix Paganon, Ambassadeur de France au Sénégal  et le Professeur Steven Katz, conseiller pédagogique à l'IHRA, avant l’allocution d’ouverture d’Adama Dieng, envoyé spécial de secrétaire général de l'ONU. 

Au cours des deux jours, les participants ont pu entendre une série de présentations et de débats sur la genèse des génocides, sur les expériences existantes de l'enseignement de la Shoah et des génocides en Afrique, et sur les facteurs moraux et politiques liés à l'enseignement des génocides. Plusieurs experts, dont le professeur Edward Kissi du Ghana, et Boubacar Boris Diop du Sénégal, ont proposé des stratégies pour une approche «africaine» de l'enseignement des génocides et de la Shoah, alors que le professeur Alioune Dième de l'Université de Dakar a souligné avec beaucoup de passion et d'émotion la nécessité pour les Africains d'étudier l'histoire de la Shoah. Karfa Sira Diallo, chercheur et président de l’association internationale Mémoires et Partages a parlé de l'histoire de l'esclavage et a souligné la nécessité d'enseigner les questions du racisme et de l'antisémitisme aux jeunes. 

Un panel de spécialistes et d’éducateurs de Yad Vashem, de United States Holocaust Memorial Museum de Washington (USHMM) et d’Anne Frank Fonds en Suisse, présidé par Karel Fracapane, Point focal de l’enseignement en matière d’Holocauste à l’UNESCO, ont débattu des techniques et approches traditionnelles et modernes de l'enseignement de l'Holocauste dans le monde entier.

Le discours de clôture de la conférence a été prononcé par l’intellectuel et défenseur des droits de l’Homme sénégalais Pierre Sané, ancien sous-directeur général des sciences sociales et humaines de l’UNESCO et secrétaire général d'Amnesty International. Le Professeur Steven Katz, rapporteur de la conférence, a présenté un résumé des débats et échanges. Son rapport sera présenté aux ministres de l'Education nationale de tous les pays d'Afrique de l'Ouest, ainsi qu’à l'Organisation des Nations Unies et à d'autres organisations internationales.

Lors d'une séance de travail en présence de hauts représentants des ministères de l'éducation du Sénégal et de plusieurs autres pays d'Afrique de l'Ouest, un plan pour le suivi des résultats de la conférence a été adopté.La feuille de route détaille les principales mesures visant à sensibiliser les acteurs régionaux sur l'importance de traiter de l'histoire des génocides dans les établissements scolaires et de surmonter les principaux obstacles à la mise en œuvre de l’enseignement de la Shoah et des autres génocides dans le contexte des pays africains.

 Brahima Sangaré, conseiller auprès du ministre de l'Éducation de la Côte d'Ivoire, s’est félicité de l’adoption de ce document qu’il a qualifié de "plan concret pour assurer que les résultats de cette conférence exceptionnelle seront suivis par la mise en œuvre au niveau national et régional."


Les retombées médiatiques ( PDF )