Christiane Taubira a félicité les trois lauréates du Prix Aladin Jeunesse


 

La ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Christiane Taubira, a exprimé sa vision du dialogue interculturel lors du dîner de gala du Projet Aladin qui a eu lieu le 12 juin 2014 à l’Hôtel de Lassay, après avoir remis le « prix Aladin Jeunesse 2014 » à trois étudiantes allemande, française et marocaine pour le travail de recherche qu’elles ont entrepris ensemble à la suite de l’université d’été 2013 du Projet Aladin.

Les trois étudiantes avaient réalisé une étude conjointe sur les stratégies discursives de « dédiabolisation » employées par le Front National au moment de la passation de pouvoir de Jean-Marie à Marine Le Pen. La Garde des Sceaux a félicité les trois lauréates du Prix Aladin Jeunesse pour la rigueur et l’audace du travail qu’elles ont entrepris sur ce sujet éminemment délicat, en osant « non pas seulement s’interroger sur les formes les plus brutales de ces exclusions, mais aller chercher les expressions subtiles de ce rejet de l’autre ».

La coopération de ces trois étudiantes est exemplaire et nécessaire, selon la ministre de la Justice : «parce que les murs que l’on abat deviennent des ponts, des ponts de la connaissance, des ponts du dialogue, des ponts de la rencontre. Et c’est ce qu’ont fait ces trois jeunes filles ».

En signalant qu’ « en traversant les langues et en allant jusqu’à l’autre, on arrive d’abord à soi », Christiane Taubira a rappelé aux personnalités présentes que le dialogue interculturel qu’ont mis à l’œuvre les trois lauréates n’est pas seulement une nécessité pour la coexistence pacifique entre les hommes, mais aussi un moyen pour chacun d’entre eux de parvenir à mieux comprendre ce qui constitue sa propre singularité au sein du monde et parmi les hommes.

Madame la ministre a par ailleurs profité de cette rencontre internationale, interculturelle et interreligieuse pour affirmer la fermeté du gouvernement et de son ministère, face aux crimes racistes et antisémites, et face aux propos haineux qui attisent ces crimes.

En tant que représentante de l’Etat français, Christiane Taubira a affirmé que « face à des situations qui nous paraissent absolument monstrueuses », « nous agissons à la hauteur de la responsabilité qui nous incombe » par trois voies : par des recours devant les tribunaux, par des lois pénales et par des plans anti-discrimination. Dans un contexte de montée en puissance de la parole à caractère raciste et antisémite, Christiane Taubira a réaffirmé la détermination du gouvernement à agir par la force publique pour combattre les propos qui créent un climat propice à la montée des crimes.

Christiane Taubira a enfin rappelé que si la force pénale doit être employée « au quotidien », elle doit l’être dans un esprit d’ouverture, de charité et d’amour : « il ne nous suffit pas d’agir, d’identifier, de punir. Il nous faut savoir aussi dire des mots d’amour. Il nous faut aussi savoir dire des mots de bienvenue. Il nous faut aussi savoir faire vivre la fraternité au quotidien. Il nous faut faire en sorte que le monde se parle ». Par sa prose poétique, Christiane Taubira a su mettre en lumière la conviction fondatrice du Projet Aladin : à savoir que le combat contre le racisme et l’antisémitisme est indissociable d’une espérance positive de dialogue ouvert et de compréhension mutuelle entre les hommes.

Par son discours, Madame Taubira a su rappeler aux personnalités présentes au rassemblement que la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le rejet de l’autre ne peut se passer d’un amour fervent et profond pour le dialogue et le pluralisme.