Belgique: le roi inaugure le nouveau musée de l’Holocauste et des Droits de l’Homme


Baptisé "Kaserne Dossin, mémorial, musée et centre de documentation sur l'Holocauste et les droits de l'Homme", le bâtiment est situé près du centre de Malines, à une trentaine de kilomètres au nord de Bruxelles.

Le nouveau bâtiment cubique, qui a été érigé d'après les plans du célèbre architecte flamand Bob Van Reeth grâce à un financement des autorités flamandes, sera ouvert au public à partir du le 1er décembre.

C'est une construction blanche, austère, massive. Un bâtiment aux fenêtres murées. 25 852 briques représentent le nombre de juifs et de tziganes déportés à Auschwitz depuis la caserne à quelques mètres de là. 

Equivalent belge du camp de Drancy, en région parisienne, la caserne Dossin, un bâtiment à cour carrée du XVIIIe siècle directement relié au réseau ferré belge, a été utilisée par les nazis de 1942 à 1944 comme camp de transit pour la déportation vers Auschwitz-Birkenau.

Les futurs déportés restaient généralement deux ou trois mois dans la caserne avant d'être conduits vers les camps de concentration du IIIe Reich à bord de wagons à bestiaux. Seuls 5% des juifs et tziganes ayant quitté Malines à bord de 28 convois sont revenus vivants en 1945.

En septembre dernier, le Premier ministre belge Elio Di Rupo avait présenté les excuses de la Belgique pour le rôle de certaines autorités dans la déportation des Juifs.

"Aujourd'hui, la Flandre regarde en face son passé de guerre", affirme le commissaire du musée, le professeur Herman Van Goethem, en estimant que les "nostalgiques" de la collaboration sont de moins en moins nombreux dans la région néerlandophone belge.

En 1995, à l'initiative de la communauté juive, un "Musée juif de la déportation et de la résistance" avait déjà vu le jour sur le site. Mais il s'était avéré rapidement trop petit et n'accueillera plus que le mémorial proprement dit.

Seul le 4e niveau, destiné à accueillir des expositions temporaires, s'ouvre à la lumière du jour. Les trois étages inférieurs constituent une sorte de mausolée opaque. Des renfoncement rectangulaires dans la façade blanche symbolisent des fenêtres murées et la porte d'acier, coulissante, rappelle celle d'un wagon. "Le volume total correspond à celui des wagons utilisés durant les 28 convois", explique l'architecte.

Après un film introductif, la visite se déroule en trois étapes.

Le rez-de-chaussée, intitulé "la masse", montre comment les foules ont pu se laisser emporter dans l'antisémitisme, la peur et le rejet de l'autre et finalement l'acceptation de l'abrogation des libertés les plus fondamentales.

L'objectif de pousser les futurs visiteurs, dont de nombreux scolaires, à dresser des parallèles avec l'époque actuelle, sans pour autant nier la spécificité de la Shoah, saute ici particulièrement aux yeux.

Le deuxième étage évoque "l'angoisse" de l'Occupation, à travers des milliers de photos, de témoignages, de PV de police.

Le meilleur parti est tiré des technologies modernes, en particulier des écrans tactiles, qui permettent d'examiner l'émouvant carnet scolaire d'un enfant juif ou d'entendre le témoignage d'un homme ayant échappé à une rafle.

Enfin, au troisième niveau, c'est "la mort" qui attend le visiteur, avec les photos de femmes et d'enfants en route vers les chambres à gaz et des portraits de familles décimées.