Au camp nazi du Struthof, François Hollande rappelle que « le racisme et l'antisémitisme sont encore là »


26/04/15

François Hollande s'est rendu dimanche 26 avril au camp du Struthof, seul camp de concentration nazi installé sur le territoire français, à l'occasion de la Journée nationale de la déportation. Dans ce camp, 52 000 déportés venus de toute l'Europe ont été détenus et où 22 000 d'entre eux sont morts.

François Hollande est le premier président français à avoir visité la chambre à gaz de ce camp, construit sur le site d'une ancienne petite station de montagne. Le chef de l'Etat a ensuite prononcé un discours dans lequel il a mis en garde contre la résurgence du racisme et de l'antisémitisme :

« La connaissance de l'Histoire ne nous préserve pas du pire, le pire peut toujours se produire et c'est en le connaissant que nous pouvons le prévenir. L'antisémitisme et le racisme sont encore là et donc nous devons (...) agir pour protéger ceux qui peuvent en être encore aujourd'hui les victimes »

Expérimentations médicales

M. Hollande, qui voulait donner une dimension européenne à cette commémoration, avait invité à ses côtés les dirigeants des principales institutions européennes : les présidents du Parlement Martin Schulz et du Conseil Donald Tusk, la première ministre de Lettonie, Laimdota Straujuma, qui assure la présidence tournante de l'UE, et le secrétaire général du conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland.

Premier camp de concentration découvert par les Alliés à l'Ouest, le Struthof, qui fut l'un des plus meurtriers du IIIe Reich, est resté longtemps peu connu en dehors de l'Alsace. Il abrite aujourd'hui un Centre européen du résistant déporté, inauguré en 2005 par Jacques Chirac.

Au Struthof, les déportés, essentiellement des politiques et des résistants mais aussi des Juifs, des Tziganes et des homosexuels, venaient quasiment de tous les pays annexés par le IIIe Reich.

Sa chambre à gaz avait été installée par les nazis dans l'auberge-restaurant de l'ex-station de ski, essentiellement pour des expérimentations médicales, notamment de gaz de combat sur les détenus. 86 Juifs, venus d'Auschwitz, y furent aussi assassinés et leurs corps entreposés à l'université de Strasbourg, devenue dans l'Alsace annexée l'université du Reich.