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AFP
08/02/2010
L'historien français de la déportation des juifs par les nazis Serge Klarsfeld a appelé juifs et musulmans à prendre conscience de leurs souffrances respectives pour mieux se connaître, lors de la clôture à Bagdad d'une série de conférences dans la monde arabo-musulman sur la Shoah.
"Il faut faire connaître des oeuvres montrant la parenté des juifs et des musulmans, car les musulmans ont aussi souffert du colonialisme et de l'humiliation. Il faut le faire savoir afin que chacun connaisse mieux l'autre", a déclaré dimanche soir à Bagdad l'auteur de plusieurs ouvrages sur la "solution finale" des nazis.
Il clôturait une série de conférences qui l'ont conduit à Tunis, au Caire, à Amman, à Istanbul, à Rabat, à Jérusalem et Nazareth dans le cadre du projet Aladin lancé en 2009 sous le parrainage de l'Unesco, et visent principalement à combattre le négationnisme dans les pays arabes et musulmans.
Le projet Aladin a édité en arabe et en persan plusieurs livres sur la Shoah, notamment "Si c'est un homme" de Primo Levi ou le "Journal d'Anne Franck". Des livres en arabe et en persan traitant de la tolérance devraient aussi être traduits prochainement dans des langues européennes.
Plusieurs intervenants se sont interrogés sur les raisons ayant incité les initiateurs à nommer leur projet Aladin. "Aladin est un nom d'Orient et non de l'Occident alors que c'est dans cette région qu'a eu lieu la Shoah", a fait remarquer Ali Ahmad al-Mamouri, professeur de linguistique.
"Nous l'avons fait car Aladin c'est la lanterne magique, c'est la lumière, et la lumière c'est la connaissance", a répondu Abe Radkin, directeur exécutif du projet.
Le ministre irakien des Sciences et de la Technologie, Raid Jahid Fahmi, a estimé que "toute personne attachée aux droits de l'Homme ne peut que condamner les crimes des nazis".



