Le Monde.fr- C'est le grand jour. Arvin, 13 ans, s'avance vers l'autel sculpté en bois et or. Les chants résonnent dans la synagogue. Fière et rayonnante dans son chemisier en soie rouge vif, sa mère verse une larme. Aujourd'hui, elle ne porte pas le foulard, pourtant obligatoire en République islamique, mais une fleur épinglée à son chignon. Car c'est un jour un peu particulier. Celui de la bar-mitsva de son fils. C'est ici, à Yussef Abad, quartier cossu du centre-nord de Téhéran, que se trouve la plus grande synagogue de la capitale. Les copains d'Arvin sont venus, tous scolarisés dans des écoles juives. Il en reste cinq à Téhéran, les dernières du pays. Elles subsistent grâce aux subventions du ministère de l'éducation. Le frère d'Arvin, lui, va à l'école publique, républicaine et islamique. "J'ai des amis juifs et des amis musulmans, ce n'est pas mal vu. Entre nous, la question de la religion ne se pose pas."