A l'Elysée, les chefs religieux font front commun contre l'antisémitisme


21/07/2014

Après un week-end marqué par des violences en marge de manifestations pro-palestiniennes à Paris et à Sarcelles (Val d'Oise), alors qu’elles avaient été interdites, une rencontre entre le président de la République et les représentants des cultes religieux a eu lieu lundi 21 juillet en fin d'après-midi au Palais de l’Elysée.

Parmi les représentants : Dalil Boubakeur, le président du Conseil français du Culte musulman et recteur de la Grande Mosquée de Paris, Joël Mergui, le président du Consistoire central israélite de France, Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise pour la Conférence des Evêques de France, mais aussi les représentants des cultes protestant (Georges Michel), orthdoxe (Mgr Joseph) et bouddhiste (Vô Minh Tri) se sont donnés rendez-vous au Palais de l’Elysée.

"Dire non à l'antisémitisme"

Dalil Boubakeur et Joël Mergui sont restés quelques instants au bas des marches de l'Elysée pour une poignée de mains devant les photographes de presse.

"Au-delà du non à l’antisémitisme, il est fondamentale qu’on trouve des moyens pour que ce soit toute la France qui dise non à l’antisémitisme", a déclaré Joël Mergui à la sortie de réunion, sur le perron de l’Elysée. Le président du Consistoire central israélite de France a déploré la situation dans laquelle les fidèles de confession juive se trouvaient : "Aujourd’hui quand il n’y a pas de policiers devant une synagogue ou une école, on m’appelle. J'ai demandé à mon ami le recteur Dalil Boubakeur que cette dénonciation de l’antisémitisme soit relayée par l’ensemble des imams et des relais à travers la France, représentants des cultes  pour que l’antisémitisme  soit arrêté", a-t-il annoncé.

Le président du Conseil français du Culte musulman a pour sa part déclaré avoir une "très grande responsabilité à informer" les fidèles et à "dialoguer" avec eux afin "d’ appliquer les notions de vivre ensemble qui est un impératif". Dalil Boubakeur a par ailleurs affirmé que "la communauté musulmane n’[était] pas antisémite". "Elle souffre elle-même du racisme",a-t-il précisé.

"Maintenir l'ordre républicain"

Par ailleurs, les évêques d'Ile-de-France se sont déclarés "choqués" par les violences du week-end : "De tels actes ne peuvent en aucun cas être justifiés par la situation internationale", ont-ils affirmé dans un communiqué commun. "Nous demandons au gouvernement de tout faire pour maintenir l'ordre républicain."

Dimanche, lors de la remise de décorations à Beate et Serge Klarsfeld à l'Elysée, François Hollande a réaffirmé sa volonté "que ne soit tolérés aucun acte, aucune parole qui puisse faire ressurgir l'antisémitisme et le racisme", alors que d'autres appels à la manifestation sont prévus mercredi et samedi prochains.