70 ans de la libération du camp de Buchenwald : les survivants se recueillent


11/04/2015

Plus de 80 survivants de Buchenwald ont célébré samedi la libération du camp par l’armée américaine il y a soixante-dix ans. Une minute de silence a été observée avec des vétérans de l’armée américaine.

"Quand quelqu’un me demande comment était le camp de Buchenwald, la première chose qui me vient à l’esprit c’est les corps des morts […]. Cela restera dans mon esprit pour toujours." Henry Oster, 86 ans, est un survivant du camp de concentration de Buchenwald. Samedi 11 avril, c’était la première fois qu’il revenait sur le site, à proximité de la ville de Weimar en Allemagne.

Avec lui, plus de 80 survivants y ont observé une minute de silence, accompagnés de plusieurs vétérans de l'armée américaine et de représentants de la ville de Weimar.

Henry Oster est né à Cologne, en Allemagne, dans une famille juive. Il fut d’abord envoyé dans le ghetto de Lodz en Pologne en 1941 avant d’être déporté avec sa famille à Auschwitz-Birkenau.

En janvier 1945, il est envoyé avec d’autres détenus dans une "marche de la mort" vers le camp de Buchenwald alors que les Nazis tentent de fuir l’avancée des Soviétiques. Après la libération du camp, Henry Oster est placé dans un orphelinat en France avant d’émigrer aux États-Unis en 1946.

James Anderson, 91 ans, était médecin dans l’armée américaine lorsqu’il a participé à la libération du camp. "Je n’étais qu’un gamin, se souvient-il. En voyant cela, ça a été difficile de réaliser que c’était réel. Les prisonniers étaient tellement heureux de nous voir, ils nous prenaient dans leur bras". "La jeune génération devrait voir cela, conclut-il. C’était inimaginable".

Environ 250 000 personnes ont été emprisonnées dans le camp de Buchenwald, dont le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, et l'écrivain français Stéphane Hessel, entre 1937 et 1945. Quelque 56 000 personnes y ont péri.

Le camp de Buchenwald fut libéré le 11 avril 1945, alors que la marche des troupes américaines sur Weimar avait provoqué la débandade des SS.